‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 130 sur 226 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

Ne pourra être contraint par le caïde ni l'annube de prendre des truchements pour faire son négoce, n'en ayant point de besoin.

Et pour remédier aux abus qui se font auxdites échelles par les Maures et les habitant* de la ville , de frauder les cires et les augmenter avec du parasine, huile et graisse et autres choses , seront, telles cires qui se trouveront ainsi, brûlées, et les marchands qui s'en trouveront saisis amendés et châtiés pour donner exemple aux autres.

Que toutes sortes de personnes , soit Génois, Corses, Flamands, qui seront au service dudit bastion , ou sur les vaisseaux ou barques, seront privilégiés comme des même» Français, et étant pris ne pourront être faits esclaves, attendu que Ton ne se peut passer de se servir desdites sortes de nations tant pour la pêche du corail que autrement.

Arrivant la mort de quelqu'uu de ces gens dans lesdites échelles, ne pourra personne empêcher de leur donner enterrement, ains y aideront.

Quand le bastion aura besoin de prendre dans lesdites échelles île Bouc et du Cole des cargaisons, olives, huile, fromage, beurre cl autres vivres, ne leur pourra être refusé en le payant ; aussi ayant besoin des biscuits, en nécessité, leur sera donné en payant, jusque que la nécessité sera passée.

Ne seront obligés, les barques ni vaisseaux du bastion, de donner

m LIVRE V. — CHAP. X.

leurs voiles dans les ports de Bone et du L'oie, attendu qu'ils ont des gens en Alger qui répondent de cela.

iNc sera obligé de payer aucuns droits du corail et argent qu'il enverra en argent pour payer la lisme.

Tous navires et barques du bastion qui viendront en Alger ne seront obligés de prendre des cuirs ni cires du magasin du cayt des cuirs.

Et d'autant que dans la ruine du bastion ils ont perdu tous les livres et toutes les promesses et quittances des négoces qu'ils faisaient avec ceux de Bone et du Cole, et que par conséquent ils ne peuvent justifier des paiements, ils seront déchargés de payer toutes promesses qui pourraient avoir été faites par eux ou leurs gens en faveur desdits de Bone et du Cole.

Tous ceux qui résideront en Alger pour les affaires du bastion seront protégés, sans que personne puisse leur donner aucun trouble ni mauvais traitements.

Arrivant différend entre les Français et nous, et que cela causât rupture de notre part , n'en seront lesdits du bastion en aucune façon responsables; et tous ceux qui parleront de rompre ledit bastion seront obligés de payer les trente -quatre mille doubles tous les ans, qui se paient tant au bâcha qu'au trésor de la Casbah, afin que la paie des soldats n'en reçoive aucun intérêt. Ainsi sont les articles de cette capitulation écrite et publiée, et fait deux copies en façon d'acte, l'une pour garder dans la caisse du trésor de la Casbah, et l'autre l'avons donnée audit Jean-Baptiste de Coquiel pour s'en servir en temps et lieu.

Fait au milieu de U lune de rabj-eluel , l'an io5o , mirant le compte dej Mwulroan»

M. de Montigny, vice-amiral, fut charge par M. l'archevêque de Bordeaux de renouveler le traité de paix entre la France et Alger, de retirer les esclaves français, ou de rompre absolument avec le dey, auquel M. de Bordeaux fit remettre la lettre suivante.

au bacha d'alger.

Très-illustre et magnifique seigneur ,

J'avais ordre du roi mon maître de faire voile avec son armée navale vers la ville d'Alger, pour traiter avec elle de la paix suivant les capitulations accordées entre sa majesté et le grand-seigneur, mais ayant été obligé de m'opposcr aux grands préparatifs que le roi d'Espagne faisait eu Sicile et à INaples pour le secours de Turin , capitale de Piémont , puissamment assiégée par les armes du roi , j'ai donné le même pouvoir au sieur commandeur de Montigny, vice-amiral de l'armée navale , avec ordre d'aller mouiller à la rade d'Alger avec une escadre de vaisseaux, pour arrêter eutre nous un traité raisonnable, suivant les capitulations de nos empereurs, à quoi j'ai cru que vous seriez d'autant plus alfcctionné que je sais la fidélité avec laquelle vous serve*/, le vôtre. M'assurant que vous ne souffrirez pas qu'il se passe rien au préjudice de ses intentions , je me promets que vous apporterez tout votre possible à faire condescendre ces messieurs d'Alger à l'exécution d'un traité qui leur sera autant utile que désavantageux à nos ennemis communs , et outre qu'en faisant exécuter les volontés de l'empereur votre maître en une affaire de si grande considération , vous ferez paraître l'éclat de votre autorité, vous obligerez aussi sa majesté à vous en témoigner son ressentiment , qui sera toujours égal à la passion qu'elle a de voir une paix ferme et de longue durée pour le bien et la tranquillité des sujets de part et d'autre. Je finirai la présente en vous suppliant d'y vouloir tenir la main , et de croire qu'en ce cas je suis ,

Très-illustre et magnifique seigneur, votre très-humble serviteur,

Socrdis, archevêque de Bordeaux.

A bord de l'amiral, a la raJe de Porto-Veccbio , « iî octobre i&fo

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