AU SIEUR CONSUL DES FRANÇAIS EN ALGER
Monsieur le consul, tous pouvez savoir que les intentions du roi ont toujours été d'établirune bonne correspondance avec ceux d'Alger, tant pour retirer tous les Français qui y sont captifs crue pour la liberté du commerce, ainsi que le peut témoigner le voyage de Sanson Napollon en 1628, et du feu sieur deMantin en 1637; mais ne s'étant point encore trouvé moyen de faire venir le bâcha et les autres chefs de la milice de cette ville à un traité à peu près conforme auxdites intentions de sa majesté, elle, désirant à présent en voir quelque effet, m'avait donné ses ordres de faire voile avec toute son armée navale vers ladite ville d'Alger, et de n'en point bouger que ledit traité de paix ne fût fait ou failli ; mais ayant été obligé de m'arrêter sur les côtes d'Italie pour empêcher de passer le grand secours que le roi d'Espagne prépare à Naples et Sicile pour la délivrance de Turin , j'ai donné commission au sieur commandeur de Montigny, vice-amiral , de s'en aller mouiller à la rade d'Alger avec une partie de ladite armée navale , avec pouvoir d'y traiter comme si j'y étais en personne. Vous ne manquerez pas de lui donner tous les avis et instructions que vous estimerez nécessaires pour obliger ceux d'Alger à conclure avec nous un traité si net et si avantageux , que le bien qui réussira de l'établissement du commerce entre les deux nations soit solide et de longue durée , c'est,
Monsieur le consul , votre très-affectionné a vous servir , Sourdis , archevêque de Bordeaux.
Instructions de M. le cardinal de Richelieu à M. l'archevêque de Bordeaux.