ORDRE DES SALUTS. — DÉCEMBRE
En l'Océan , noua n'avons que messieurs des États de Hollande qu'on puisse considérer comme serai -puissances , de façon que l'amiral de Hollande rencontrant l'amiral du roi, lui rendrait les devoirs et le saluerait.
Je dirai bien plus, que rencontrant le vice-amiral du roi , il le saluerait aussi en qualité de lieutenant-général de l'armée royale, et qu'il ne devrait s'en faire prier, l'ordre de la guerre le portant ainsi.
Un navire entrant dans quelques havres, doit, approchant de la bouche, plier la pros grande partie de ses voiles, et tenir surtout ses voiles de gages haussées pour rendre le salut à la forteresse.
Il y a certains havres auxquels entrant , on salue la forteresse et la ville; en cela on se règle par la coutume ou courtoisie du général ou capitaine , mais toujours on salue à coups de canon impairs.
Si une personne de qualité passe proche d'un vaisseau qui soit à sec, c'est-à-dire qui ait ses voiles pliées sans avoir mouillé, ou qui a,it mouillé, le vaisseau doit saluer selon la qualité de la personne : trois coups de canon est le moindre salut.
Lorsque un vaisseau d'un prince ou monarque arrive dans un port ou havre et y trouve un vaisseau plus haut en dignités, comme si un vaisseau particulier du roi rencontrait l'amiral de Hollande, il est obligé à le saluer; le même se pratique si le vaisseau particulier se trouvait dans le port et que le vice-amiral y armât.
Un vaisseau particulier étant commandé de son amiral à quelque voyage, passant proche de son amiral, il est obligé de le saluer avec les voiles et canon, et ne doit mettre son pavillon en haut s'il n'en a commandement exprès.
Il y a des églises de grande dévotion ; les vaisseaux les saluent aussi baissant les voiles , ou avec le canon ; ce qui se pratique plus en la Méditerranée qu'en l'Océan , comme nous dirons ci-après.
Dans les havres neutres, deux navires de différents partis, comme France et Espagne, y entrant, le plus digne ou plus gros ne peut forcer le moindre à le saluer , et le prince sous la foi duquel il s'est réfugié en son havre comme en lieu de sûreté, le doit garantir de toute injure, et même prévoir qu'ils fassent leurs partances à si différent 11. 5;
temps que , à la vue de son havre, ils ne puissent se livrer combat ou offenser.
Que si audit havre il n'y a ni forteresse ou citadelle par la force de laquelle on puisse exécuter ce que dessus , si le fort est seulement habite des sujets du prince, je dis qu'à sa considération ils doivent , quoiqu'ennemis, s'abstenir de faire violence dans son havre et sous sa foi ; et s'ils le font, il a juste occasion de s'en offenser, et, par droit de représailles, de dédommager l'offensé en son havre et sous sa foi ; car un navire entrant dans son havre , c'est la même chose qu'un étranger qui demande à loger en ville pour son argent , sous la foi publique et autorité du prince comptable de sa foi, si on la violait; parce que, approchant du port, s'il n'eût vu l'étendard de la forteresse déployé, signe que le prince ouvre les bras pour l'accueillir, il n'y serait entré, et se serait réfugié ailleurs ; car comme c'est la grandeur du prince que son port soit fréquenté de grand nombre de vaisseaux, son devoir aussi l'oblige à les protéger, défendre et garantir des violences contre lesquelles il est un asile et protection de la foi publique promise, les recevant dans son port.
Lorsqu'une armée navale, ou escadre, salue tout ou chaque vaisseau de certain nombre impair de canonnades , l'ordre est qu'ils saluent les uns après les autres , selon leur dignité et rang , à temps .mesuré, bonne distance «l'une canonnade à l'autre. On le pratique autrement au salut des galères, comme nous dirons ailleurs.
Lorsque des vaisseaux de guerre naviguant vont prendre le mot , l'ordre est qu'ils passent sous le vent de l'amiral, le saluent avec les voiles, et les tiennent baissées jusqu'à ce qu'ils l'aient reçu, prenant garde de ne passer jamais par proue, c'est-dire au-devant du vaisseau ; car on le tient à affront aussi grand que si un homme passait devant et à la barbe d'un autre le morguant et bravant sans le saluer. A peine le permet-on dans les ports , lorsqu'on veut mouiller et étendre ses . reméges', c'est-à-dire porter les cables en terre.
Si on demande les peines qu'il y a de ne saluer pas : si c'est une for-
' Rcmégir une gume, en trrmei de galères, porter un câble de hallage ou de remorque.