‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 168 sur 226 · AU SIEGE DE GOLLIOURK · texte numérisé non relu

AU SIEGE DE GOLLIOURK

A U oui** Rouge, t» ratr* .6*.

Monsieur l'archevêque de Bordeaux, ayant donné à mon cousin le prince de Condé le commandement général et en chef de mes armées de Languedoc, de Roussillon et de Catalogne, et même dans ma province de Languedoc , en l'absence de mon cousin le maréchal de Schomberg , lequel j'envoie commander en ma province de Guienne , j'ai bien voulu en donner avis par cette lettre, et vous dire que mon intention est que vous fassiez savoir à mondit cousin le prince de Condé , le plus souvent et le plus ponctuellement que vous pourrez, l'état où vous serez avec mon armée navale , et ce que vous saurez être à faire pour le bien et avantage de mes affaire et de mon service ; et qu'au surplus en l'attaque de Collioure et des autres ports de l'Espagne , et en tout ce qui pourra être à entreprendre, vous suivrez les ordres qui vous seront donnés par mondit cousin et y obéissiez tout autant que la mer pourra vous le permettre. Et me remettant sur mondit cousin de ce que je pourrai ajouter à la présente, je ne vous la ferai pas plus longue que pour prier Dieu qu'il vous ait , monsieur l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte garde.

LOUIS

MARS 1641. 535 M. de Lamotte-Houdancourt, parent de M. de Noyers, ayant été envoyé pour commander les troupes en Catalogne , écrit la lettre suivante à M. de Bordeaux.

LETTRE DE M. DE LAMOTTE-HOUDANCOURT

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX, POUR LUI TÉMOIGNER LA JOIE QU'IL ÉPROUVE DE SON ARRIVÉE AVEC L'ARMÉE NAVALE.

Barcelounc. 3 m.r. 164..

Monsieur ,

La nouvelle de l'arrivée de votre armée navale à Cadequia a donné grand'joie à tous les peuples; mais pour les entièrement rassurer , il est très-nécessaire que vous la fassiez, s'il vous plaît, monsieur, paraitre à cette ville, parce que de la résolution de ses habitants dépend celle de tout le pays, et pour d'autres raisons que j'espère avoir l'honneur de vous dire. Cependant messieurs de la députation m'ayant fait connaître que la ville de Cadequia est une de celles qui a toujours paru plus affectionnée, j'ai cru , sur ce qu'ils l'ont désiré , vous devoir prier, monsieur, d'ordonner que les habitants soient bien traités, pour ne leur point donner de sujets de plaintes. J'espère me donner l'honneur de vous voir pour vous entretenir de ce que j'ai appris de l'état où sont les ennemis, qui sont toujours , savoir : le marquis de Cosuelle à Tarragone, et le duc de Nochera à Fragues, et aussi de la bonne volonté de tous les peuples de ce pays, afin de prendre la résolution de tout ce qu'il y aura à faire ; c'est ce qui m'empêche de vous la faire plus longue que pour assurer que je suis plus que personne du monde,

Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Lamotte-Houdancol RT.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

a m. l'archevêque de bordeaux, touchant le commandeur de forbrn. et le presse de partir pour la catalogne.

Monsieur ,

Si la lettre que je vous ai écrite par M. de Besançon , et que vous devez maintenant avoir reçue , ne satisfaisait à la plupart des points contenus en la vôtre du 18 février, j'y répondrais particulièrement ; mais puisque je l'ai déjà fait par avance, je me contenterai de vou« dire que M. de Noyers ni moi n'avons point envoyé d'ordres à M. de Forbin contraires à ceux que vous avez reçus, soit pour l'entretien des dix-huit galères toute l'année, suivant votre proposition, soit pour le choix et armement des dix qui ont été destinées pour passer en Catalogne avec les vaisseaux du roi. J'ai bien écrit depuis peu audit sieur de Foçbin que si vous n'étiez plus dans la résolution de prendre le soin de l'entretien desdites dix-huit galères , ainsi que vous l'auriez déclaré, ou que vous ne le puissiez faire à cause de votre absence de Provence, qu'il continuerait à pourvoir à la subsistance d'icelles ainsi qu'il a fait jusqu'à présent; mais ce n'est qu'en cas que vous ne veuillez pas exécuter votre proposition , à laquelle je me suis tellement arrêté que j'ai écrit plusieurs fois audit sieur de Forbin de ne se plus mêler d'aucune chose touchant l'économie des galères, et de me venir trouver pour me rendre compte de sa conduite : ce que je lui mande encore présentement, afin que vous puissiez agir en liberté. Je n'ai jamais cru qu'il y eût aucune chose à redire aux comptes que ledit sieur de Forbin a rendus pour les galères qui dépendent particulièrement de moi; mais puisque vous dites qu'il a profité sur i celles de cinquante mille francs par an, et que, pour lejustifier, vous ne demandez qu'à voir ses comptes, je vous envoie les extraits de ceux qu'on m'a fait voir pour les examiner avec M. Lequeux, ainsi que vous le proposez. Quand on a ordonné dix galères pour aller en Catalogne, on a cru que ce nombre suffirait avec les vaisseaux ronds que vous aurez eu ordre d'armer, pour s'oppo-

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