MÉMOIRE DES CONSEILLERS DE BARCELONNE
TOUCHANT LA RÉCEPTION ET 8ALUTS QUE LES PERSONNES EMNENTES EN CONDITION DOIVENT FAIRE ARRIVANT A BARCELOSNE , ET DE LA RE- CEPTION QUE LADITE VILLE DBVAIT PAIRE A M. L ARCHEVÊQUB DB
ÏLLU6TRI9SIMO
Quant entra en esta ciutat de Lorsque le seigneur don Juan Barcelona lo sefior don Joan de d'Autriche, généralissime des ar- Austria, generalissim per mar per mées de mer du roi de Castille, enlo rey dé Castella, absa armada na- tra dans la cité de Barcelonne avec val, saluda primer a la ciutat de son armée navale, il salua le premier Barcelona, comensant a disparar la la ville de Barcelonne, commencera real y après totas les demes çant par la galère royale et ensuite ras y vcxells; y perquaut apa- les autres galères et vaisseaux; et
,-egue a la ciutat que sa altesa no cependant comme son altesse ne
resta satisfct d'ella, donant mostra prut point satisfaite et qu'elle fit
que la ciutat lo dévie saludar pri- connaître à la cité que <*%*>W
mer , los consellers de aqueila ne devait le premier salut,
Ce mémoire n'«l pa» traduit dans l'original.
MÉMOIRE. -
donaren raho a son rey, y sa magestat los respongue havian fet raolt be en no saludar primer, perquant aqueixa regalia restave rescrvada pera sa persona y de son primogenit.
Quant entraren en dita ciutat los très princeps de Saboya, nebots del rey catbolicb , la ciutat los saluda primer, per haverhoordainat aixi a la ciutat sa magestat molt abans dient eran sos nebots y (pie corn a tais los saludas la ciutat primier, yls fes lo aga&ajo com a sa persona.
Quant arriba en dita ciutat la seftora duquessa de Mantua, germana de dits princeps de Saboya , saluda primer dita duquessa a la ciutat, per no haverhi hagut orde primer del rey que la saludassen com a sos germans.
Quant vingue lo duch de Ferrandina ab la galera y estandart real , saluda primer a la ciutat , y aquella li respongue ab doze pessas de sos baluarts.
Conclouse del sobredit que la ciutat de Barcelona no ha acostumat may saludar primer ningu sino a son rey, primogenit, y a persones reals, y en aqueixes en los casos que ha precehit primer orde
■ AVRIL mi. 565
lers en donnèrent avis au roi, et sa majesté leur réponditqu'ils avaient fort bien agi en ne saluant pas les premiers, ces honneurs royaux devant être réservés pour sa personne et pour celle de son fils ainé.
Lorsque les trois princes de Savoie, neveux du roi catholique, entrèrent dans ladite ville, celle-ci les salua la première, le roi ayant ordonné à l'avance que ces princes étant ses neveux, le premier salut leur fût donné , et qu'on leur fit le même accueil qu'à sa personne.
Lorsque la duchesse de Man toue , sœur desdits princes de Savoie, arriva à Barcelonne, cette princesse fit le premier salut à la ville , parce que le roi n'avait donné aucun ordre pour qu'elle fût saluée ainsi que l'avaient été ses frères.
Lorsque le duc de Ferrandine vint avec la galère et l'étendard royal il fit le premier salut, et la ville lui répondit par douze pièces de ses forts.
On doit conclure de ce qui précède que la v illede Barcelonne n'est dans l'usage de saluer la première personne que son roi, le fils ainé de son roi , les personnes royales, et celles-ci seulement dans le cas