A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX ; AVIS DE» GALERES DESPAGNE QUI SONT
AUX ALPAGES.
Monsieur,
Pour réponse à celle que vous m'avez fait l'honneur de m' écrire, je vous dirai que j'ai les mêmes avis que vous des galères qui sont dans les Alfages , et qu'il y en a dix qui ne sont point armées ni en élat de pouvoir servir ; même que le duc de Ferrandine ne couche point dans son bord, et que tous les soirs il fait retirer tout ce qu'il peut. Ainsi, monsieur, il semble que vous seriez bien plus utile là, que où vous êtes, puisque vous feriez le même effet en laissant une garde pour empêcher les vivres qui peuvent venir de Majorque à Tarragone. Pour ce qui est de vous aboucher avec don Jean Capon , il vous sera difficile jusqu'à ce que vous soyez maître des Alfages; et je négocie pour avoir toujours par intelligence , à quoi il n'y aura pas grande difficulté , sitôt que vous tiendrez les Alfages. Quant à ce qui est de la garde de Salses, je crois que quarante hommes que vous y laisserez suffiront, parce que n'étant pas éloigné d'eux , je les pourrai toujours secourir en peu de temps ; et pour la tour de Cambiril , il ne me semble pas bien nécessaire d'y laisser garnison. Je vous donnerai toujours les hommes que vous désirez ; M. d' Aubigny , que je vous envoie , vous entretiendra du surplus. Cependant je vous prie de croire que personne du monde ne peut être tant que moi ,
Monsieur , votre , etc.
Lamotte-Houdancourt.
J'attends des chevaux d'artillerie pour aller attaquer Constantin ; je crois que ce sera dans un jour ou deux.
Ce iode mai i6',i.