‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 185 sur 226 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

LETTRE DE M. DE NOYERS

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT LES AFFAIRES DE CATALOQNB

Monsieur,

J'ajoute ce mot à ma précédente dépêche, qui est déchue de vieille date depuis tant de jours que je l'ai donnée à un gentilhomme, pour vous dire maintenant comme l'on croit que M. de Lamotte de son côté et vous du vôtre aurez contraint les ennemis à quitter Tarragone et ensuite toute la Catalogne, que, si cela est, les lettres interceptées que M. le prince nous a envoyées donnent assez à connaître la misère du Roussillon pour ne perdre pas un moment à l'aller attaquer, commençant à fermer la porte aux vivres par le siège et la prise de Collioure ; ce qui vous touche plus que la terre , qui ne peut rien saïus votre ombre et si vous ne la couvrez du côté de la mer.

Son éminence a envoyé ses ordres pour vous armer encore trois galères et hâter la partance de la dernière escadre des vaisseaux. Monseigneur le prince aura de l'argent pour les travaux et la fortification des lieux, si Dieu les met entre les mains du roi , comme l'en conjure,

Monsieur, votre , etc.

De Noyers.

De Huel, ce il mai «641.

LETTRE DE M. D'ARGENSON

a m. 1/ archeveque de bordeaux , touchant les articles du traitk

des catalans.

Monsieur ,

J'ai été extrêmement réjoui d'apprendre , par votre lettre du 1 1 de ce mois, comme vos victoires continuent, et que ce vaisseau anglais a été puni de la peine que mérite un hérétique et un imposteur. J'espère que toujours vous nous donnerez nouvelles matières de joie , comme

j'en chercherai partout de vous obéir. Messieurs de la députation et

tout ce peuple sont ravis

Aujourd'hui ils s'assemblent généralement pour les articles du traité que doivent voir leurs brassas, c'est-à-dire états-généraux , et après dîner le Cou -m I des Cent s'assemblera aussi pour cela. Dieu veuille conduire tout au contentement du roi et de son éminence, et me donner moyen de vous témoigner avec quelle passion je suis,

Avis de vingt vaisseaux qui reviennent de Naples en Espagne, et apportent de la cavalerie et infanterie avec les galères de Naples et de Gênes.

LETTRE DE M. D'ARGENSON

A M. l/ ARCHEVEQUE DE BORDEAUX.

Monsieur ,

Il est arrivé ici présentement une barque qui vient de Livourne , dont le patron nous a dit que vingt vaisseaux étaient partis de Naples il y a vingt jours, dont il y en a quatre de quarante pièces de canon et les autres sont vaisseaux des marchands ramassés et armées pour la guerre; il dit aussi qu'ils apportent huit cents chevaux de Naples et quelque infanterie , et que les galères de Naples et quatre de Gènes doivent venir aussi pour vous faire compliment; et que le tout passe par la Sardaigne. J'ai écrit à monseigneur le prince, et l'ai supplié d'envoyer en diligence faire hâter les vaisseaux et les galères que l'on m'a dit être tout préparés pour vous venir joindre. Je suis âVec la passion que je dois,

Monsieur, votre, etc.

Argenson.

A Rarcrlonne. rc 17 ra«i i6ft.

MAI 1641. 591 LETTRE DE M. LE PRINCE

* M. [/ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX , TOUCHANT LE SIEGE DE COI.I.IOURE QUI AVAIT ETE RÉSOLU.

Monsieur ,

J'ai reçu vos lettres et la réponse qu'avez faite à mon mémoire, sur quoi j'ai à vous dire : premièrement, que vous avisiez, avec MM. de Lamotte-Houdancourt et d'Argenson , quand l'armée navale reviendra à Cadequia, car sans vous et sans elle ou partie notable d'icelle, je ne puis entreprendre ce que vous savez.

Secondement , que vous me promettiez de m'aider et assister de tout ce que pourrez , voulant vous donner part entière» la chose et à l'honneur qui en réussira.

Troisièmement, que vous gardiez du blé de vos prises, dont compte sera tenu exact à vous pour le rendre à qui se devra , pour l'entretien de notre armée pendant un mois au moins.

Je vous supplie donc me rendre réponse précise sur ces trois points, et concertez avec lesdits sieurs de Lamotte-Houdancourt et d'Argenson, ne désirant rien de vous que de leur consentement , que je m'assure qu'ils me donneront quand leur affaire de Tarragone sera faite ou désespérée, ce qui ne peut guère durer. Je serai à jamais, Monsieur, votre , etc.

• Henry de Bourbon.

De ISarbonnr, 17 mai 1641.

'm LIVRE V. — CHAP. XII.

M. d'Argenson écrit à M. l'archevêque de Bordeaux touchant les vingt galères d'Espagne qui ont porte des vivres à Collioure et pris un vaisseau du roi nommé le Lion d'Or.

LETTRE DE M. D'ARGENSON A M. l'archevêque de^bordeaux.

Monsieur ,

J'ai appris avec un déplaisir extrême, par votre lettre du 16 de ce mois , l'incommodité que vous recevez de celte colique qui vous travaille. J'avais déjà donne avis à Cadequia , deux ou trois jours avant que de recevoir votre lettre, qu'il avait paru à la mer quelques vaisseaux ou galères ennemis que nous n'avions pas bien pu discerner d'ici. Deux de vos vaisseaux et une patache qui étaient en garde à Roses ont combattu vaillamment contre dix-neuf galères d'Espagne, et se sont retirés sans aucun mal , après avoir fort incommodé plusieurs desdites galères , dont les mAts se sont vus tout rompus , ainsi que nous l'écrit le sieur don Joseph Acosta , qui est à Figuières ; et si l'un de vos vaisseaux, nommé le Lion d'Or, qui venait nouvellement de Marseille après les autres arrivés à Cadequia quelques jours devant lui , fût venu de conserve avec eux , il n'eût pas eu le malheur d'être pris par ces galères, qui le rencontrèrent neuf ou dix milles dans la mer, vis-à-vis de Blanès , à l'aube du jour. On rapporte néanmoins que celui qui le commandait se défendit cinq ou six heures avant que de se laisser prendre. Je ne puis pénétrer pourquoi, venant tout seul après les autres, il avait passé Cadequia et s'était avancé jusque vers Blanès , parce que nous n'avons autre relation de cette affaire que ce que je vous écris. On croit que ces galères ennemies ont abordé à Roses pour y mettre quelques rafraîchissements; mais comme cette place est une pièce qu'il faut prendre par force , et non point par famine , d'autant que nous avons toujours eu avis qu'il y avait dedans des vivres pour un an , il me semble que quand même ces galères y en auraient porté, cela ne peut nous faire grand mal, ni pour Collioure

LETTRE DE M. D'ARGENSON. — MAI 1641. 593 de même, quand elles y iraient, parce que c'est une place qu'il faut aussi prendre par force , et que ces galères ne peuvent porter des vivres assez considérables pour Perpignan : j'ai pourtant donné avis à monseigneur le prince de leur passage , afin qu'en jetant de la cavalerie dans le Roussillon, il fasse empêcher que ceux de Perpignan ne profitent de la récolte des blés du pays et que Ton n'y porte d'ailleurs aucuns vivres. J'ai déjà appris que quelques compagnies de cavalerie que l'on me dit être le régiment de M. le maréchal de Schomberg, entrent dans le Roussillon, qui est, à mon avis, tout ce qu'il peut faire maintenant en cette occasion. J'espère que bientôt vous aurez réduit en cette nécessité l'armée des ennemis, qui est si resserrée dans Tarragone, que vous en aurez la raison et la gloire tout entière; j'en prie Dieu de tout mon cœur, et qu'il me donne moyen de vous témoigner avec quelle pasion je suis ,

Monsieur, votre, etc.

J'avais fait cette lettre pour vous l'envoyer par une autre voie; mais j'ai cru que celle de ce porteur serait plus courte. Il vous dira encore plus particulièrement le grand combat des trois vaisseaux contre les galères qu'ils ont fort mal menées , et la gloire qu'ils ont acquise par cette généreuse action. Les galères n'ont rien laissé a Roses que des morts et des blessés, et n'ont osé demeurer dans le golfe de crainte du reste de vos vaisseaux qui sont à Cadequia. Il y a apparence qu'elles seront allées de là à Collioure , mais je ne crois pas qu'elles y puissent porter des vivres considérables. On m'assure que tout ceci n'est lait par Ferrandinc que pour avoir sujet de s'éloigner du lieu où vous êtes , ou pour tâcher de vous obliger à quitter Tarragone.

, ce ao mai ifiK

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