TOUCHANT LE SECOURS DE TARRAGONE
De Madrid , le ai juillet îf.ji.
Jusques au présent, je n'ai point failli à donner toujours les avis convenables de temps en temps; vous savez bien que j'ai toujours dit que
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l'on fût sur ses gardes sans discontinuation, et je le dis encore, parce que , encore que ces gens paraissent sans jugement et que je vous jure qu'ils ne savent où donner de la tête, la résolution a été qu'on secoure Tarragone le 12 du mois qui vient, encore que l'on dût perdre les galères et les gens de terre, sans considérer ce que Leganez a écrit à ce seigneur en particulier. Voici un article de sa lettre :
« J'ai déchargé ma conscience et écrit à votre seigneurie, par toutes mes lettres, clairemeut mon avis, et que j étais bien informé de quelle sorte est le col de Balaguer, et que je connais bien Lamotte et combieu il est grand soldat, et que puisqu'il a pris résolution de m attendre et de défendre le col de Balaguer, il est impossible que nous ne soyons défaits. Je retourne à dire que l'on considère de près cette dépêche, et que votre seigneurie en traite avec sou émincnce. »
On a écrit à Leganez qu'il embarque deux mille de ses gens sur les galères, pour faire plus d'effet contre l'archevêque, et que l'on défasse tout, en sorte que Tarragone étant secourue (ce qu'ils disent comme s'il n'y avait qu'à le faire ; Dieu veuille leur donner le malheur qu'ils veulent procurer à la Catalogne!) , on aille promptement à Collioure , parce que , selon la lettre de Botero du i 5 de ce mois , il n'a pas tant de vivres ni pour si long-temps comme il avait écrit, ayant dit, comme je vous ai fait savoir, qu'il en avait jusqu'au 15 d'août et plus, parce que je vois que, avec des instances plus pressantes que auparavant, il demande
Il a écrit avoir appris pr ses espions de France que l'on envoie à Arpajon cinq mille hommes de pied et cinq cents chevaux pour prendre Collioure, et que cette place étant perdue, Perpignan et Salses le sont aussi, dont ces messieurs sont si troublés que rien plus.
Voyez ce que je veux vous dire, et confiez-le à l'ami secret et confident, afin qu'il donne avis à l'archevêque que la résolution est prise de l'attaquer et de rompre son armée. Les galères sont les vingt-neuf qui lui ont échappé; les navires, à ce que j'ai ouï dire, sont trente-denx , dont il y a cinq vaisseaux de guerre et les autres frétés.
Que M. de Lamotte ne manque point de tenir toujours quelque ca-