‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 26 sur 226 · INSTRUCTION. — FÉVRIER 1G · texte numérisé non relu

INSTRUCTION. — FÉVRIER 1G

travailler à en faire la circonvallation auparavant que les ennemis puisant rappeler leurs foires du Roussillon et d'ailleurs pour venir à lui. C'est eu ce dessein particulièrement auquel il faudrait s'employer de toutes ses forces, et n'omettre chose quelconque pour ôlcr aux ennemis , sinon l'envie, du moins la puissance d'en empêcher le succès.

Au cas que les ennemis eussent fait de si grands dehors à Fonta rallie que les forces du roi en ce lieu ne fussent pas suffisantes pour les attaquer avec espérance d'un lion succès, et que l'on vit plus de jour à réussir à l'attaque de Saint-Sébastien , sa majesté permet de la faire , et d'employer sesdites forces, qu'elle estime devoir être de dix mille hommes au moins , à ce dessein ou tel autre que ledit sieur archevêque jugera être à propos, soit pour conquérir sur les ennemis, soit pour faire une si grande diversion que cela les contraigne a rappeler partie des forces qu'ils auront envoyées dans le Roussillou , et donner lieu par ce moyen aux armes de sa majesté d'y réussir avec plus d'avantage.

Si par bonheur il est arrivé que ledit sieur archevêque ait défait l'armée navale d'Espagne , ou qu'il juge par ce qu'il aura vu ou appris à la mer , que les ennemis n'aient pas le moyen d'en assembler une pour le secours de leurs côtes , sa majesté lui permet de retenir seulement pour la sûreté d'icelles et pour le port des vivres et commodités de l'armée de terre , tel nombre des moyens et petits vaisseaux qu'il estimera nécessaires, et d'envoyer les grands en France pour y servir à la garde des côtes jusqu'à la consommation des vivres qui leur seront baillés en partant , sadite majesté estimant pourtant que si l'armée navale d'Espagne n'a point été défaite , il vaut mieux tenir ses vaisseaux à la mer éloignés des lieux où ils pourraient courir quelque fortune par les mauvais temps, que de les renvoyer en France tandis que ledit sieur archevêque sera attaché à quelque dessein dans l'Espagne.

LOUIS

BovmuiB.

Cette lettre du roi servit de pouvoir à M. de Bordeaux.

LETTRE DU ROI

PAR LAQUELLE SA MAJESTÉ MANDE AVOIR DONXÉ LE COMMANDEMENT OE l'armée A M. L'ARCHEVÉQLE DE BORDEAUX.

De par le roi ,

Chers et bien-aimés, ayant résolu sur les occasions présentes de joindre les forces que nous avons par mer à notre armée de Guyenne , commandée par notre très-cher et très-aimé cousin le prince de Condé, afin de nous opposer puissamment aux desseins et entreprises que font les ennemis de notre Etat sur les frontières de ladite province et autres lieux , et sachant ne pouvoir confier le commandement desdites forces lorsqu'elles serviront conjointement, à une personne qui s'en puisse mieux acquitter ni les exploiter plus avantageusement que fera notre aussi très-cher et bien-aimé, le sieur archevêque de Bordeaux, eommandantde nos ordres, et notre lieutenant-général en notre armée navale de ponant , pour les témoignages qu'il nous a rendus en diverses occasions très-importantes, de sa grande prudence, générosité, affection et fidélité à notre service; nous lui avons, sur ces faits, expédié le pouvoir qui lui était nécessaire , de quoi nous vous en avons bien voulu donner avis par celle-ci, et vous ordonnons de le reconnaître en ladite qualité de notre lieutenant-général représentant notre personne en notre armée de Guyeune, frontière d'icelle , en l'absence de notre cousin , dessous son autorité et sa puissance, lui déférer et obéir entièrement aux choses qu'il vous fera entendre être du bieu de notre service, sûreté , et conservation de ladite province sous notre obéissance, en nous promettant que vous ferez en cela tout votre devoir, nous ne vous eu faisons pas plus exprès commandement,

LOUIS

Phélippeux.

Donne à Saint-Ciormain-cu-Liiyc, ce i8- jour Je février i63<v

MARS 1G39. 95 Dans cette dépêche , M. le cardinal de Richelieu donne avis à M. de Bordeaux de quelques desseins des Espagnols.

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