FAITE EN
MONSIBUR,
J'ai reçu votre lettre du 1" avril. Pour réponse, je \ous dirai que j'ai déjà répondu , et qu'on a presque satisfait à tout ce qui y est contenu.
L'argent pour l'infanterie que vous devez embarquer vous a été envoyé.
L'escadre du Havre est partie il y a fort long-temps. Je n'ai rien oublié de ce qui a été possible pour avoir des vaisseaux de MM. de Hollande, et vous en aurez bientôt réponse; mais, comme je vous ai mandé, il
m LIVRE IV. — CHAP. VII.
ne faut pas prendre votre pied sur leur secours; ainsi vous devez faire comme si vous n'aviez rien à attendre d'eux.
L'instance avec laquelle vous désirez un maréchal-de-camp, et particulièrement M. le comte de Tonnerre, fait que le roi vous l'accorde, afin que rien ne vous manque de ce que vous demandez pour bien faire.
Le Picard a envoyé , il y a long-temps , l'argent pour les fortifications de Brouage et bâtiments de la maison du roi et de Sauzon.
Vous ne saurez me faire un plus grand plaisir que de faire travailler la machine de Brouage et nettoyer le port, qui est une des choses que je désire le plus, comme aussi de rencontrer les occasions de vous faire connaître, par effet, que je suis et serai toujours véritablement ,
Monsieur,
Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service,
Le Cardinal dp. Richelieu.
De Riicl, et 8 avril 1639.