LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU- — MARS
voudrais comme vous que leur ilotte fût à Villefranche, ne doutant point que Dieu ne vous donnât quelque bon succès , que je vous désire de tout mon coeur.
Je verrai les mémoires de M. Alux, mais je serais bien aise qu'il achevât lui-même son ouvrage, et qu'il lui donnât la forme comme il a fait la matière, ne sachant en vérité aucune personne qui soit propre à cet effet; toutefois , je le verrai après avoir vu ses mémoires.
Ayez soin de vous, je vous prie.
Le Cardinal de Richelieu.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
A M. L'ARCHEVÊQUE DB BORDEAUX . POUR VOIR PARTIR LES VAISSEAUX DE BROU AGE ET LA ROCHELLE, PUIS ALLER DROIT El* PROVENCE FAIRE L'ARMEMEYr POUR L'iTALIB. .
Monsieur ,
J'ai reçu votre lettre du 16 avril le 24 du même mois.
Je ne suis point d'avis que vous partiez de la Rochelle et de jJrouage que vous n'ayez vu partir vos vaisseaux; mais, aussitôt qu'ils seront partis, je vous prie de vous en aller en diligence, sans vous arrêter en aucun. lieu, droit en Provence, où votre présence est plus nécessaire, le siège de Casai, qui est commencé du jour de Pâques, vous ouvrant un beau champ à faire glaue.
M. de Noyers vous fait réponse sur l'article de la subsistance des régiments de la Couronne et des Vaisseaux. Il ne peut croire que ce fonds ait manqué, vu les assurances que M. de Villemontée lui en avait donné.
Quant aux galères, on a pourvu à ce que désirait M. de Forbin touchant les deux cent mille francs qui lui avaient été promis, et il écrit que, nonobstant le retardement desdits deniers, toutes les galères ne laisseront pas d'être en état de servir, pourvu crue les forçats que vous espérez faire aller à Marseille y arrivent. .
Le sieur Bergeron sera maintenant arrivé en B rouage avec les
fonds nécessaires tant pour la fortification que pour les bâtiments de
Saujon.
Passant à Bordeaux et à Toulouse, il vous prie faire marcher tous les forçats que vous trouverez dans les prisons, vous assurant que si faites avancer de l'argent pour telle occasionne le fera par le Picard à lettre vue.
J'ai chargé M. le marquis de Sourdis des munitions de guerre; il m a assuré que rien ne manquera de ce côté- là.
Je vous prie faire marcher les troupes qui doivent aller en Provence , en sorte que le plus tôt qu'il se pourra vous puissiez faire une bonne diversion, qui vous sera d'autant plus aisée que le siège de Casai empêchera que les ennemis ne vous tombent sur les bras. Je voudrais avoir donné beaucoup que vous fussiez déjà en état d'entreprendre, mais le temps et la saison n'ont pas permis qu'on pût se hâter davantage. Je sais bien que vous ne perdez pas un moment, tant parce que le service du roi le requiert qu'à cause de la prière que je vous en fais, et que votre réputation vous y oblige.
C'est tout ce que je puis dire, sinon que je suis,
Votre très-alFectionné comme frère à vous rendre service.
Le Cardinal de Richelieu.
M. le comte d'Harcourt donne à M. de Bordeaux d'assey longs détails sur les affaires d'Italie.
LETTRE DE M. LE -COMTE D'HARCOURT A M. L* ARCHEVÊQUE de bordeaux, se réjouissant db ce qu'il a lf.