‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 53 sur 226 · LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — MAI 1G · texte numérisé non relu

LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — MAI 1G

M. de Noyers vous écrit amplement sur toutes choses, ce qui fait qu'il ne me reste qu'à vous assurer que je suis et serai toujours, monsieur,

Votre très-affectionné* comme frère à vous rendre service.

Le Cardinal dk Richelieu.

Dr Soi*™., et iS mai 1640.

J'estime , pour ce qui est de la mer , la mort de M. d'Oquédo très-considérable, mais je doute qu'elle soit vraie.

M. le comte d'AUetz écrit que vous ne sauriez faire en sorte qu'il se puisse brouiller avec vous.

LETTRE DE M. DE NOYERS

A M. L'AUCHBVftQUI DE BOIIDEALX.

Monsieur,

La continuation de la peste en Provence et la nécessité en laquelle nous nous trouvons d'assister d'iiommes M. le comte d'Harcourt, qui est attaché au siège de Turin , obligent le roi à lui envoyer une partie des troupes qui devaient servir sous vous en Provence; de quoi sa majesté envoie ses ordres à monseigneur le prince, et vous en donne avis par la dépêche ci-jointe : ainsi vous voilà quitte d'une partie de vos soins, ce qui vous donnera lien d'agir plus fortement sur mer.

Le dessein de sa majesté est que vous mettiez sur vos vaisseaux le nombre d'hommes qui pourra y étie utilement employé, outre l'armement ordinaire, afin de vous mettre toujours plus en état de servir; et si, comme je le crois, le fonds vous manque pour les hommes que vous prendrez d'extraordinaire , son éminenec vous prie «le ne point faire difficulté de vous servir du sien ou du vôtre à cet cllét , avec assurance qu'au premier a\is de ce que \ous aurez embarqué et de la dépense que vous aurez faite , elle vous en fera aussitôt rembourser.

.le vous baise très-humblement les mains et suis de tout mon cu-ur, Monsieur, votre très-humble et très-sdFectionné serviteur.

De Noyers.

A Soi»»ot>», ce J« mai iCjn.

LETTRE DU ROI

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

Mons. l'archevêque de Bordeaux , voyant que mon pays de Provence est affligé de peste, en sorte que Ton n'y saurait assembler un corps d'armée sans le mettre en danger de périr et d'augmenter le mal dans la province , et d'ailleurs que mon cousin le comte d'Harcourt , ensuite de la bataille qu'il a gagnée à Casai , a entrepris le siège de Turin , le succès duquel est de si grande importance que de là dépend celui des affaires d'Italie, j'ai résolu de faire passer vers lui six bons régiments, tant de ceux qui devaient servir sous vous que de ceux qui étaient destinés pour demeurer ès-dites provinces de Guiennc et de Languedoc, et entre autres celui de Normandie; et envoyant mes ordres sur ce sujet à mou cousin le prince de Coudé, je lui mande qu'entre tous ledits régiments il choisisse ceux qu'il trouvera en meilleur état, et les fasse passer au plus tôt en Italie. De quoi j 'ai bien voulu vous donner avis, afin que vous lui laissiez l'entière disposition de tous les régiments qui doivent servir sous vous.

Quant aux régiments qui étaient en Poitou et pays d'Aunis , vous en prendrez ce qui sera nécessaire pour l'armée navale , en sorte que tous mes vaisseaux étant bien armés ils soient capables de tout entreprendre , et laisserez le reste à mondit cousin le prince de Condé, soit pour l'Italie ou pour servir en Guienne et en Languedoc.

Les choses étant ainsi disposées, ce que vous pourrez faire de mieux sera de faire voile diligemment avec les vaisseaux dont mon armée navale des mers de levant doit être composée, auxquels vous joindrez mes galères pour agir puissamment ès-dites mers contre les ennemis, qui vous en laisseront le champ bien libre , ayant avis de toutes parts qu'ils y sont si faibles que tout leur armement consiste en un vaisseau qu'ils ont frété des Anglais et un autre que le duc de Florence leur a prêté.

Et parce qu'il faudra qu'un maréchal-de-camp mène de là les monts lesdits régiments qui iront joindre mon cousin le comte d'Harcourt , j'ai choisi pour cet ellet le sieur comte de Tonnerre, auquel mon cousin

LETTRE DU ROI. — MAI *G40. (59 le prince de Coudé en donnera la conduite après qu'il les aura fait avancer lui-même en lieu où ledit comte pourra être charge* de» soins de leur passage avec plus de facilité. C'est ce que je vous dirai par cette lettre, priant Dieu qu'il vous ait, mon*, l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte garde.

LOUIS

SllBLET.

Lrril i Soi«wn» , le 10 mai i6jn.

M. d'Argenson et M. d'Harcourt donnent à M. de Bordeaux quelques détails sur les affaires d'Italie , et lui remontrent combien sa coopération par mer serait puissante contre l'Espagne par la diversion quelle nécessiterait.

LETTRE DE M. D'ARGENSON

A M. L'AHCHEVÊQllK DE BORDEAUX-

Monsieur ,

J'ai été très-aise de voir monseigneur le comte d'Harcourt désireux de savoir de vos nouvelles, et de vous faire part des siennes pour vous informer du bonheur qu'il a eu au secours de Casai, et du siége*de Turin , que cette glorieuse victoire et les succès heureux arrivés aux approches de cette place lui ont fait entreprendre; il espère aussi que, de votre côté , vous donnerez telle occupation aux Espagnols, qui appréhendent extrêmement votre attaque , qu'il y aura moyen de leur faire passer le temps de toutes parts. Le marquis de Leganez rassemble toutes ses troupes et ce qui lui est arrivé depuis la balai Ile de Casai, pour secourir Turin ou pour entreprendre sur quelqu'une des places que le roi tient de deçà ; mais si vous les occupez bientôt du côté de la mer, comme nous l'espérons, il est à croire que la jalousie que vous leur donnerez les obligeant à se séprer, il leur sera difficile d'empêcher vos effets ni les nôtres. C'est pourquoi , monsieur, il me semble que vous devez, s'il vous plait , prendre le temps de cette conjoncture présente pour vous en prévaloir

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cl nous aussi; et si vous avez agréable de nous faire part de vos pensées tant sur ce que vous pourrez faire que sur ce que vous jugerez à propos» que l'on fasse de deçà , vous y trouverez non seulement un désir trèsardent d'agir de notre côté en tout ce qui sera nécessaire pour le service du roi et pour le contentement de son émincnce , mais vous y rencontrerez encore une passion très-forte pour voire service en tout le monde, et en moi particulièrement, qui suis plus que personne du monde, etc.

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