‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 74 sur 226 · A M. DR KO Y ERS, SUR LE MANQUE DR FONDS POUR LES TROUPES DK TERRE · texte numérisé non relu

A M. DR KO Y ERS, SUR LE MANQUE DR FONDS POUR LES TROUPES DK TERRE

A bord de l'amiral.

Monsieur ,

N'ayant pas de fonds pour embarquer les troupes , pour tâcher k entreprendre quelque chose par terre le long de la côte, et M. le comte d'Alletz n'ayant pas jugé à propos de les mettre le long ses côtes pour empêcher les ennemis de communiquer, comme ils font en France, et en tirer leurs commodités, et pour faire contribuer les terres de Nice, comme j'avais mandé à votre érainence, M. Duplessis s'est trouve inu-

lile en ce lieu, et par conséquent en désir d'aller tacher à venir auprès de nous; à quoi j'ai non seulement consenti, mais l'ai posté alin que vous sussiez de lui l'état de la province et ce qui s'y peut (aire, étant pleinement informé de tout et ayant tout vu avec moi. Je m'en vais à la mer, comme je vous ai mandé; il vous dira le tour que j'entreprends et ce que je souhaiterais pouvoir faire. Tant (pie les galères me suivront , j'aurai plus de force; quand elles ne le feront pis , elles vous en rendront compte, ne me mêlant que de leur dire mes avis quand nous sommes à la mer, selon que vous me l'avez ordonné. Je viens d'avoir avis que dix-huit galères d'Espngne , commandées par le duc de Ferrandine, sont passées pour joindre les vingt-deux qui sont vers ÎNaples, afin de faire un corps de quarante galères, vingt vaisseaux et trente-deux tartanes. Cela ne m'empêchera pis de les aller chercher en quelque lieu qu'elles soient, encore que je n'aye ni infanterie ni galères, qui sont retournées à Marseille et Toulon , comme je vous ai mandé.

J'ai témoigné tant de passion pour le retour de ces messieurs qui sont à l'aris, en faveur desquels il a déjà écrit, et moi à sa prière, que je m'assure que vous réunissant avec lui pour assurer sa majesté sur les doutes qu'elle a eus sur leur dévouement à son .service, que vous obtiendrez facilement ce qui se peut espérer pour leur contentement. « Pour moi, j'ai toujours grande joie de pouvoir y contribuer mes « petits soins, et de vous témoigner" »

A M. LE CARDINAL t)K RICHELIEU , TOUCHANT L'iMTILITE DKS OFFICIERS DE TERRE FAUTE DE FONDS , ET QUE LES DIX-HUIT GALERES D'ESPAGNE ÉTAIENT PASSÉES PENDANT QUE CELLES DE FRANCE ÉTAIENT ALLÉES A MARSEILLE CHERCHER DES VIVRES.

A i or.l «le l'amiral.

Monseigneur ,

Voyant le sieur Duplessis ici inutile aussi bien que tous les autres ofliciers qui étaient venus pour servir à terre, n'ayant point de fonds

' Ce patMgc guillemet» est nyr dan» l'original

pour embarquer aucunes troupes, et M. le comte d'Alletz n'ayant pas jugé à propos de mettre les régiment* qui nous restent ici le long de la frontière de la route de Nice, j'ai cru qu'il pourrait servir près de votre éminence, dans le grand dessein où elle est attachée maintenant, et qu'elle pouvait apprendre l'état de tout mieux par sa bouche que par toutes les relations qui lui pourraient être envoyées. Il vous dira l'état des vaisseaux de levant et de ceux qui ont passé le Détroit , celui de vos galères et celui des fortifications de la province.

Il vous rendra compte des desseins qui se peuvent faire en la côte , ayant tout vu avec moi.

Il vous dira aussi comment on nous vient de donner avis que ces dixhuit galères d'Espagne viennent de passer à la vue des terres pour aller joindre leur corps , durant que nos galères sont allées à Marseille chercher des vivres; vous ne devez pas espérer qu'elles fassent jamais grand' chose tant qu'il leur faudra aller à un bout de la province chercher des vivres dès qu'ils auront été huit jours à la mer et qu'il y aura si peu de capitaines dessus, et tous Provençaux pour lieutenants. Comme je n'ai ordre de les commander que lorsqu'elles sont à la mer, je ne peux me mêler de les obliger à porter des vivres dans" des tartanes, comme vous l'aviez résolu, ni obliger les capitaines à venir en personne, ou bien prendre le soin de leur armement et du nombre de leurs équipages. J'attends leur retour pour suivre l'escadre de levant que j'ai envoyée devant, n'osant plus laisser vos galères seules, à cause des autres. Si je puis , je ferai le voyage que je mande à votre éminence avec les galères, sinon je tâcherai de le faire avec les vaisseaux.

Si votre éminence désire quelque autre service que celui de la mer, elle renverra , si elle l'a agréable , le sieur Duplessis , informé de ses intentions comme il l'était de tout ce qui est déjà.

234 LIVRE V. — CHAP. VJU.

M. de Bordeaux prévient M. le comte d'Alletz qu'il va mettre à la mer pour aller combattre les galères de Naples.

A M. LE COMTE DALLETZ.

Monsieur ,

Je me sens si infiniment obligé de l'honneur et des civilités qu'il vous plait me faire que je ne puis que je ne vous en rende mes trèshumbles remerciaient» , et que je ne vous dise que comme je suis oblige de mettre présentement à la mer pour m'en aller chercher l'armée ennemie que j'apprends être sortie du port de Naples , il est impossible que je puisse prendre aucun soin «les troupes ; c'est pourquoi , monsieur , je vous supplie très-humblement de le vouloir faire , et en disposer comme vous le jugerez à propos , ne doutant pas que tous n'ayez des lumières de la cour plus particulières «pie moi , qui ne songe maintenant qu'à la mer. Ce n'est pas que je n'eusse ordre de les embarquer, et qu'il ne fût fort nécessaire; mais M. de Noyers m'ayant toujours remis d'un temps à un autre pour m'envoyer le fonds de leur embarquement, je m'en vais à la mer cependant que ce fonds arrivera, pour m'en revenir les embarquer, lorsque je saurai qu'il sera venu.

Quant aux ordres que j'avais donnés à M. Duplessis, allant prendre vos routes, je vous supplie très-humblement de croire que ce n'n point été pour contredire les vôtres, et que faisant profession d'être votre serviteur, je n'eusse extrême désir de les suivre en tout; mais son éminence en écrivant à M. de Noyers, témoigna désirer qu'elles vinssent sur la frontière, comme vous verrez par les extraits de lettres que je vous envoie : mon avis avait été de les faire venir en ces lieux-lit si vous l'eussiez jugé à propos; mais comme j'ai appris par le même que ce n'était pas votre sens, je ne croyais pas que ce fut celui de la cour, j'y ai déféré très-volontiers , laissant lesdites troupes aux lieux où la nécessité a obligé de les mettre, pour éviter leur dépérissement et la

LETTRE DE M. L'ARCH. DE BORD. — JUILL. 1640. 235 ruine des lieux où ils étaient , dont je vous envoie le contrôle , afin que vous les avanciez, reculiez et en disposiez ainsi qu'il vous plaira. C'est, monsieur,

Votre très-humble et très-aflectionné serviteur.

De Cannes , le 16 juillet iGjo.

A M. DE NOYERS , TOUCHANT L'ARRIVÉE DE L'ESCADRE DE PONANT, ET Ql'B L'ON N'ATTENDAIT PLUS QUE NOS GALÈRES.

Monsieur,

Vous apprendrez l'arrivée de l'escadre de ponant en plus beau et meilleur état qui ait jamais été, et comme quoi nous n'attendons que les galères pour aller au-devant des ennemis, qu'on dit sortir encore une fois de Naples. Ils ont sept ou huit mille hommes, à ce qu'on dit; mais je les mets à quatre, et nous ne pouvons embarquer un seul homme faute de fonds pour leur subsistance; avec ce que nous avons, nous ferons ce que nous pourrons. L'escadre de levant est allée au-devant, et dès que les galères seront revenues , nous les irons joindre ; « mais je « vous avoue que s'il faut, après avoir resté huit jours à la mer, qu'ils « s'en reviennent toujours, nous ne ferons pas grand voyage. ' n

Si nous avions pu embarquer de l'infanterie , peut-être qu'on eût fait quelques desseins sur les côtes qui les eussent divertis; mais avec rien on ne fait rien. Je ne vous dis rien des soins et de la bonté de M. de Serisy, sachant qu'il vous est assez connu, me contentant de vous dire que je suis ,

Monsieur, etc.

• Ce pa»<agc guillcmetc est rayé dâni l'origitul.

a m. de glandevès.

Monseigneur,

Répondant à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sur le sujet des plaintes que vous faites du logement des régiments de la Couronne, des Vaisseaux et autres troupes, je vous dirai que dès que je suis arrivé en la province, je me suis adressé à M. le gouverneur, aux procureurs du pays et à tous ceux que j'ai cru avoir quelque autorité en la province pour leur dire que s'ils voulaient, en attendant que M. de Noyers eût envoyé le fonds de leur subsistance, faire fournir quatre sous à chaque soldat, et à proportion aux officiers, m'obligeant même de payer une poule s'ils la prenaient, jusqu'à ce que je les eusse embarquées; mais comme on n'a pas écouté ma proposition en façon du monde , on ne peut faire autre chose que de les laisser aller de logement à autre, jusqu'à ce que le fonds de leur subsistance soit arrivé.

Que si vous pouvez , par votre zèle et votre crédit, faire en sorte qu'on nous fournisse encore les quatre sous à chaque soldat, et à proportion aux officiers, je m'oblige encore le même quand il vous plaira, pourvu qu'on nous donne à la mer ce qu'on leur donnerait à la terre, comme je vous ai déjà dit, afin de terminer cette façon de battre la campagne , qui cause la ruine des lieux particuliers.

Que si vous trouvez quelque autre expédient qui puisse soulager la province, vous pouvez vous assurer que j'y donnerai toujours les mains en tout ce qui dépendra de moi , et que je n'aurais point de joie pareille à celle de servir la province, et vous particulièrement. Je vous supplie de me mander ce que l'on peut espérer sur ce sujet , et me croire,

Monseigneur ,

Votre très-humble serviteur.

Ijt aS juillet i6{o-

JUILLET 1640. 237 M. de Noyers répond aux observations de M de Bordeaux, relativement aux fortifications de la ville de Toulon.

LETTRE DE M. DE NOYERS a m. l'archevêque de bordeaux.

Monsieur ,

J'envoie en Provence les ordre» que voujs avez juges nécessaires pour mettre la ville de Toulon en meilleur état que tous ne l'avez trouvée , et je m'assure que si la puissance ne manque point à ceux auxquels sont adresses les ordres, vos avis ne seront pas moins soigneusement exécutes qu'ils sont utiles et avantageux au service du roi et à la sûreté de cette place. Sa majesté n'ayant pas encore pris de résolution de former une armée de terre en Provence, votre prudence vous portera à n'y pas donner d'ordre , ni à changer de lieu les garnisons ni les troupes qui eussent été en votre pouvoir, si vous y eussiez commandé votre armée de terre.

Je vous ferai souvenir par toutes mes dépêches de la promesse qu«vous m'aviez faite, et de laquelle sou éminencea été très-aise, touchant le transport de nos marbres. Je suis, Monsieur,

Votre très-humble et très-aHectionné serviteur,

Dp. Noyers.

D'Ami.». . c«*5 jaillit ,fl|».

A M. LE CARDINAL DE RICHELIEU, TOUCHANT LA DIFFICULTÉ D'ATTEINDRE LES ESPAGNOLS ET DE TROUVER DES VIVRES , L'OCCASION D'ATTAQUEE LESDtTES

galères d'espagne étant peedce.

Monseigneur ,

Le sieur Bidaud vient d'arriver de Gènes , qui nous a assuré du passage des galères d'Espagne, et du débarquement de leur infanterie

enragée, avec cette vanité d'être venues passer à Gênes, et demeure'* .six heures en tout à quatre lieues de nous. C'est un grand malheur qu'il fallait que les galères allassent aux vivres au dernier port de la province, tous les quinze jours, et toujours quand les ennemis se présentent; votre éminence ne s'en prendra pas à moi s'il lui plait, mais à M. le bailli de Forbin, qui y est. En un mot, il n'y a que de la honte à acquérir comme l'on fait, et peu de service à rendre. Votre éminence m'avait assuré que ceux qui avaient soin de la subsistance l'auraient de faire suivre des vivres après les galères , et qu'il y en aurait pour six mois. Nous avons perdu une occasion qui ne se rencontrera jamais ; elles étaient fort mal armées de chiourme et fort embarrassées de soldats, et dix-huit, qui est le nombre égal aux vôtres. Je les ai passées; mais les vaisseaux dans le calme ne peuvent pas aller comme l'on voudrait.

Le chevalier du Village a été reçu en la lieutenance de la reine , et le Gis de M. de Quebonne, qui a dix ou douze ans, s'est présenté avec un brevet signé de trente-huit, et, par conséquent, précédant à quatre ou cinq capitaines qui servent il y a deux ans. Si votre éminence veut tirer du service de ces galères, il faut des capitaines effectifs, et que celui qui les devra mener à la guerre sache en partant du port pour combien elles ont de vivres, et qu'il puisse ordonner d'en faire suivre ; autrement, à la veille de faire quelque chose, on peut toujours dire : « Il faut aller au-devant du pain, m si l'on veut éviter le combat.

Pentresini-Justinian m'est venu trouver pour les vaisseaux arrêtés; mais comme la grâce ne dépend pas, mais simplement la justice, il fait état de vous aller trouver. C'est un homme qui se pique extrêmement d'être Français, et particulier serviteur de votre éminence. J'estime que sa bonté peut reconnaitre son zèle par quelque petite pension , ou quelque petit don , plutôt qu'en rendant à des peuples mal affectionnés les moyens d'assister les ennemis du roi : l'excuse peut être d'attendre la procédure, qui ne se fera point que je ne sache si vous désirez que nous jugions ici ou là.

M. Ducoudray continue son dessein , et de jour à autre se fortifie dans la croyance de la facilité. Votre éminence commandera, s'il lui

plait , qu'on le souffre dans l'armée , ou si l'on lui signifiera de continuer son chemin.

Le grand-duc donne ses galères aux Espagnols , et ceux de Gènes ii f 1 1 > oient point les leurs en Sicile aux soies, quoiqu'ils les eussent fait cspalmer pour cet ci! et .

En l'absence de M. Bidaud, résident français à Gènes, .M. Peylieu, qui le remplaçait momentanément, continue de tenir M. de Bordeaux au courant des affaires d'Italie.

LETTRE DU SIEUR PEYLIEU

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

MONSEIGNEUR

Quoique privé de l'honneur d'être coijnu de votre excellence , je ne le suis du désir de lui rendre mes devoirs, en l'absence de M. Bidaud ; je la supplierai donc d'agréer la hardiesse que je prends de m'en acquitter pour accompagner celles que MM. les ambassadeurs de Venise et Rome vous écrivent, monseigneur, et pour donner nouvelles a votre excellence des dix-huit galères d'Espagne, lesquelles, hier au soir , étaient en Bisagne, à trois railles d'ici , d'où, cette nuit, elles sont passées ;i Portofin. Ces messieurs, à ce que j'ai appris, leur ont offert ce port. Elles sont dans l'attente de celles de Naples et Sicile avec dix-huit vaisseaux chargés d'infanterie et cavalerie. Hier, vint nouvelles qu'ils étaient proche de Livourne , ce qui ne se confirme aujourd'hui , ou bien le dessein qu'ils ont de débarquer ladite cavalerie et infanterie à Final, nonobstant ce que quelques uns disent qu'elles passeront en Catalogne; mais il n'y a aucune apparente au bruit qui court, qu'il y aura quarante-cinq galères avec lesdits dix-huit vaisseaux. Sitôt que je saurai leur approche, je ne manquerai , monseigneur, si mondit sieur Bidaud n'est ici, de vous eu donner avis.

Deux courriers arrivèrent hier au soir de Milan , mais comme il ne

s'est rien publié en cette place, un chacun estime que les affaires des Espagnols ne vont pas bien à Turin , où l'on dit ici que le sieur Thomas s'est accordé avec Madame; mais sont bruits qui vont avec tant d'autres qu'inventent les gens. Et n'ayant rien autre de quoi entretenir votre excellence, je lui demanderai la grâce de permettre que je me qualiOe, Monseigneur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Peylieu.

AG*n«,w38 juillet ifijo.

a h. de noyers, touchant le passage des galères d'espagne bt le débandement des soldats français en italie.

Monsieur ,

Je rends compte à son éminence , par la lettre ci-jointe , du passage des galères d'Espagne en Italie, qui ont déchargé de l'infanterie en Vay, cependant que les vôtres étaient allées prendre du pain à Marseille, et m'assure que vous n'aurez pas moinsde déplaisir que moi de ce qu'elles ont manqué une si belle occasion.

Ayant avis que la plupart des soldats d'Italie se débandent , soit par la persuasion des ennemis , soit par les diverses rencontres , et qu'ils se rendent à Gênes, où ne trouvant, par le peu de charité et de bonne volonté de ces peuples-là , ni pain, ni quoi que ce soit, sont le plus souvent contraints de prendre le parti des ennemis, et même de se mettre bonevoglies ' sur les galères. Leur crime d'abandonner l'armée et la nécessité de l'armement de nos galères me suggèrent une pensée , qui serait de faire là tenir quelques barques françaises avec pain et argent pour les recueillir et les amener tous à nos galères. J'y en ai déjà mis un cent comme soldats sur les galères mal armées, qui n'ont point de capitaine ; mais ma pensée était de les mettre à la chaîne comme déserteurs : pour cet effet , il faut ordonnance du roi et fonds pour faire la dépense.

' Rameurs volontaire* , qui »c font pas partie de la chiourme.

AVIS DE N APLES A w. i/archevèque de bordeaux.

Le 3i juillrl i6>.

Il y a dans ce port quatorze gaines cspalmccs , et qui n'attendent pour se mettre à la voile que les cinq galères de Sicile qui doivent arriver la semaine prochaine . pour partir toutes ensemble pour Livourne, où elles cm)>arqucroiit un ambassadeur qu'elles porteront à Carthagène. — On se plaint de l'afl'aire devant Cadix '. — On dit que

• O combat eut lieu le 11 juillet , sous le» ordre» de M. de Brczé.

»>otre armée dn pooaot n'était cette année que de vingt et un natircs de guerre, tant grands que petits, et de neuf brûlots. Elle partit de la Rocbelle, et, le ao de juillet, se trouva a dix ou quinze lieues à l'ouest de Cadix , où elle donna la chasse à un navire aussi par d'autre*, ce îtiir a nous qu'attendre «01 qui le ponrsuivairut, on apprit de lui que l'armée dcCadix pour la Nonvcllr- Espagne était mouillée au milieu de la baie de Cadix, prête à faire voile, et que don Antonio d'Oquédo était naguère mort de ma-

• Le ai . durant un grand brouillard, on entendit au vent un grand nombre de mousquetadeset canonnades, et on aperçut quelques galères que l'on crut être turques, car le brouillard et le calme nous empècba d'en «voir plu* certaine connaissance.

-Le 33, le vent étant sud-sud-est, sur les •ept beore» du matin, l'armée du roi reconnut deux ou trois lieues au vent andessus d'elle la flotte de Cadix, composée de dix galions, de quatorze à quinze cents tonneaux au moin*, quatre de mille à douze cents, et vingt-deux de quatre à huit cent» Le marquis de Brezé assembla a ou* se* vaisseaux , tàcba à force de de le* joindre, et, après un petit calme , le vent étant devenu *ud-ouest , notre armée ayant le dessus, l'amiral revira

sur eux , mais a cause du peu de vent M put les joindre que sur les trois heures après midi ; l'amiral ennemi était à la tète de douze de ses plus forts navires, et le reste avec deui galions étaient en la contenance que tiennent en mer a ux qui ont envie de se bien battre. Ce que vovant, notre amiral fut donner le coté à celui d'Espagne, et le marquis de Brisé, qui v commandait, H trouva à la portée du pistolet , ayant le sieur Damé . son vice-amiral , proche de lui avec partie de nos vaisseaux ; le reste se tenait au-dessous du vent, et alla avec le chevalier de Coiipeauvillc , contre-amiral , pour prendre les ennemis par derrière.

«L'amiral commença le combat, battant de grande furie celui d'Espagne, et le perçant de toute part avec son ranfcn , si bien que l'amiral ennemi fut obligé de quitter la partie et gagner le devant. En conséquence de quoi, on s'approcha à la portée du pistolet de leurs gros galions qui nous montraient le côté, et continuâmes de les battre fort et ferme, pendant qu'on donna lieu a dos brûlots de les alwrder, comme ils firent généreusement , et s'attachèrent à quatre de leurs galions , deux desquels furent entièrement consumes ; le» deux autres , savoir : l'amiral , déjà mal mené, et un autre galion, se garantirent, mais non sans grande perte de leurs hommes , qui se jetèrent en l'eau , cl d'un autre gros galion qui eut toutes ses

ses manoeuvres .

• bel

t-t le mat d'avant

brûlés; et pour lors les nôtres vovant sept

la capitane de Sicile demeurera à Livourne , et que quatre galères d^ grand-duc se joindront auxdites galères de Livourne, et celles d'Espagne et Doria, qu'elles y attendront, si elles n'y étaient encore arrivées.

a huit cent* de* ennemi» se noyer , envoyèrent leur* chaloupes pour en sauver tout ce qu'on put, ce qui monta bien jusqu'à trois cents.

"Depuis, le marquis de Brézé, avec le sieur <le Porte-Noire , battirent pour une seconde fois fort long-temps l'amiral d'Espagne , et notre vice-amiral un autre galion qu'il mit hors d'état de tirer, et le marquis était prêt d'aborder l'amiral ennemi , lorsque fort prudemment il reconnut qu'il était près de périr. Mo* autres vaisseaux coulèrent encore un autre galion à fond , et mirent toute la

•• La nuit ayant séparé le combat, l'amiral français se retint un peu sur le vent pour rassembler ses vaisseaux et faire raccommoder le sien, percé en six endroits 1 l'eau ; cela fait, on se remet à la voile ; tous se tiennent suivant leurs ordres près de l'amiral , et font tout après l'ennemi qui fuyait de vent derrière , avec quantité de feux sur les navires , les plus incommodés demandant par ce signal secours aux moins incommodés.

« Notre amiral , tirant de fois à antre des

et donnant a connaître qu'il était proche de l'ennemi , s'avança tellement que l'on vit qu'après que l'amiral des ennemis eut tiré deux coups de canon , à la façon de la mer , pour témoigner son extrémité, il périt avec deux antres galions, leurs feux ayant manqué tout-a-fait et s'étant enfoncés dans la mer avec les vaisseaux, comme on le reconnut depuis et qu'on a été assuré d'ailleurs.

«A la pointe du jour, l'amiral poursuivant toujours le reste de la flotte , ne se trouva suivi que du vaisseau vice-amiral , commandé par le sieur Dumé; du Coq, commandé parle sieur de Porte-Noire, ancien et expérimenté capitaine breton; du Fouparle sieur de MéniUet ; de

/ 'HtwTunÇj par le sieur Thibaut ; du d'Olivarès , pris il y a deux ans sur les ennemis , commandé par le sieur Raxer, et de la frégate nommée la Prince s te , prise aussi sur eux eu la même année , commandée par le capitaine Gabaret, les autres étant demeures un peu arrière , dont on apporta diverse* excuses qui n'ont pas toutes été valables .

«Le soleil levant ayant dissipé le* brumes , on vit le* ennemis entrer dans la baie de Cadix, ce qui obligea M. le marquis a tenir conseil, auquel il insistait fort de donner dans cette baie pour le* achever de rainer ; mais l'exécution en ayant été jngée impossible, on se contenta de demeurer en leur présence et à leur vue, comme maîtres de la mer où s'était donnée la bataille.

■Cependant M. le marquis commanda aux capitaines qui avaient des prisonniers de le* mener au bord du navire anglais qu'il avait arrêté, et que s'il y avait entre eux quelqu'un de condition il lui fût amené. L'on reconnut seulement le neveu du duc de Maqoede , qui , se trouvant dépouillé pour ce qu'il s'était mi* tout nu pour se sauver à la nage, M. le marquis lui donna un de ses habits et un baudrier fort riche, et, après avoir usé envers lui des compliments favorables, non tant à la condition présente qu'à celle de ton extraction, le renvoya avec le* autre* prisonnier* dans ledit vaisseau anglais qu'il congédia , le chargeant de convier son oncle, qui est amiral d'Espagne, à faire , par cet exemple, meilleur trait par le passé aux Français qui pourront I ber entre ses mains.

« Le* ennemi* y ont perdu cinq galion* de quinze à seite cents tonneaux, estimés cinq ou six cent mille écu* pièce ; plu* de < cents homme* y ont été i le marquis de Cardcignos, général de l'infanterie eu toute la NouveUe-Eaftp*,

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