DE CE QUE M. DE MONTIGNY A A FAIRE DÈS QUU. SERA PARTI
Il s'en ira mouillera la rade de Livourne avec l'armée, et à l'instant il dépéchera quelques felouques vers Piombino 1 , Porto-Ferrajo *, ou autres lieux , pour prendre langue des vaisseaux et galères qui doivent venir du côté de Naples. S'il apprenait qu'il vint des vaisseaux , il se mettra à la mer pour les combattre; s'il n'y a que des galères, il ne bougera de la rade, pour les empêcher d'entrer dans le port, et de tout me donnera avis promptement avec une felouque.
Cependant il fera toute la diligence possible pour appreudre des
' Piombino , ville au fond d'une très- d'eau ; elle brise beaucoup quand il vente,
grande baie, sur la cote de S.-O. de l'Italie, Pour l'éviter il faut courir au S- depuis la
par 42° 55' a;» N., et par 8* 10' <7B a l'E. de Maloure ou Malora , et ne pas la fermer par
Paris (Bureau des longitudes). Cette baie est la pointe de Livourne, jusqu'à ce qu'on
au S.-E. de Livourne, et à l'E. f IN.-E. du puisse voir 111e de Capraïa prête à arriver
cap Corse. La ville est sur une péninsule qui sur le cap Corse; on est alors au sud de la
divise le fond de la baie en deux : chacune Boche , et on n'a plus rien à craindre. On
de ces deux parties renferme d'excellents nomme canal de Piombino le |»assage entre
ports. A peu près k moitié chemin, entre la la pointe de Piombino et 111e d'Elbe,
pointe de Livourne et Piombino , il y a une » Porto-Ferrajo , sur 111c d'Elbe en lu lie ,
roche qu'on nomme Boche de Vade, et sur par G», et par 7" 5y' 10" a l'E. de
x pieds Paris.
nouvelles de la Royale , Colo et Saint-Germain, afin de les réunir au corps s'il y a moyen.
Durant ce temps il fera remédier à tous les vaisseaux qui font eau ou qui sont blessés, lui laissant le commissaire et le maître d'équipage pour cet objetJ
Il traitera cependant avec le gouverneur, par l'entremise du consul des Français ou tel autre qu'il voudra employer, pour la pratique des officiers dans la ville, lui faisant voir comme quoi , dans leurs termes mêmes et sans aucune déférence au roi, ils doivent donner l'entrée, y ayant plus d'un mois que nous sommes sortis des terres, et la plupart de nos vaisseaux n'ayant point touché en Provence ; ce qu'ils permettent à tous les matelots de Provence quand il y a un mois qu'ils sont partis de leur pays.
Que si les galères du grand-duc se préparaient pour sortir afin de joindre l'armée des Espagnols, il fera tout son possible , par paroles et par civilités , pour l'empêcher ; que s'il croyait le pouvoir faire par force il le ferait, sinon il fera mettre huit ou dix vaisseaux à la mer pour les suivre : s'il s'en présente une ou deux qui doivent aller vers Messine, il les laissera aller, leur rendant le salut qu'ils lui auront donné, deux coups de canon moins.
Si l'on le salue entrant dans le port, il rendra le salut de cinq ou sept coups, selon la quantité dont il aura été salué; si on ne le salue point en mouillant, il saluera de cinq coups de canon.
LETTRE DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX au gouverneur de uvourne.
Monsieur ,
Recevoir l'armée dans le port de son altesse avec des restriction*, est plus désobliger le roi que de lui en refuser entièrement l'entrée; c'est pourquoi j'ai mieux aimé me tenir au large avec les étendards de France que de les mener dans le port avec cette restriction, qui pourrait causer un dégoût à sa majesté contre le prince qui en aurait donné l'entrée
à ce prix, qui la rend inutile absolument. J'envoie le vice-amiral de l'année pour savoir la résolution de son altesse, et cependant j'ai commandé au sieur Rabut , consul des Français , de traiter avec vous cette allaire, al in de prendre mes mesures sur son rapport et vous faire voir l'original de la lettre que m'a écrite M. de Guise sur ce sujet. C'est en attendant, monsieur, etc., etc.
A M. RABtJT, CONSUL DES FRANÇAIS A L1VOURNE.
MONSIEUR
Je vous envoie deux lettre» : l'une pour le grand-duc et l'autre pour le gouverneur , dont vous trouverez ici les copies attachées , afiu que, conformément à icelles, vous agissiez avec le gouverneur et avec son altesse pour rendre compte au vice-amiral que j'envoie à la rside de Livourne de ce qui se sera passé durant que je me tiendrai à la mer , pour ne pas donner ce dégoût au toi de voir recevoir ses étendards dans le port avec moins de respect qui leur est dû.
La rade de Livourne et celle de la Planouse nous est égale, si les o (liciers et les commissaire* de l'armée n'ont pouvoir avec leur argent d'acheter leurs commodités dans la ville, et vous peux dire que la grâce qu'une armée mouille à une rade qui n'est défendue de rien semble être pareil I e a celk que nous font MM. de Gênes de nous laisser aller dans leurs côtes quand ils ne nous en peuvent empêcher. Je vous envoie l'original de la lettre de M. de Guise, que vous me renverrez, afin que vous fassiez voir au gouverneur que ce n'est pas sans raisou que vous avez cru aussi bien que moi que la pratique serait donnée aux officiers de l'armée. Je vous prie, traitez cette allaire avec le gouverneur avec toute la civilité que vous pourrez et la dignité du maître que vous servez. Si vous jugez à propos d'aller jusqu'à Florence porter ma lettre au grand-duc, Vous le ferez, et rendrez réponse de tout à M. de Montigny, vice-amiral de l'armée , envoyant un mémoire de frais que vous aurez
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faits pour aller et venir, où j'envoie pour vous en faire rembourser, et en toute occasion vous témoignerai, etc., etc.