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'2u6 LIVRE V. — CIIAP. IX.
Hier au soir, un Génois me vint trouver, qui me dit que le sénat vous avait envoyé visiter, mai» que vous n'aviez voulu parler, feignant être malade , et qu'un gentilhomme avait dit à ce député qu'il montât sur la galère, ce qu'il ne voulut faire à cause de la contagion , et qu'il lui avait été dit que votre éminence entrerait dans le port aussi bien que les autres : à quoi on avait prévu , donnant ordre à toutes leurs forteresses de tirer dessus vos galères à l'instant qu'elles se présenteraient à la bouche du port.
Ce matin il y a eu grand bruit en cette place d'une barque d'ici qui avait été prise par une de vos galères, vers Porto-Fin, qui portait cinq à six cents pièces de huit réaies, ce qui a empêché aux marchands français de paraître , plusieurs disant qu'il se fallait venger sur ce qu'on trouverait chez eux d'une maudite nation comme la nôtre, épithète mieux convenante à la leur qu'à aucune autre. Si votre émimence désire d'écrire à M. La Tour, à Casai, il y a ici un homme qui part aujourd'hui. Et je vous supplie me faire l'honneur de m'avouer pour ce que je désire être toute ma vie , qui est ,
Monseigneur, votre, etc.
Pkvlieu.
A G*ne>, ce il août r r . ; i
Monseigneur ,
Je rends très-humbles grâces à votre éminence des copies que je reçus hier, de la lettre qu'elle a écrite à M. de Fcrrandine; j'en ai fait quantité d'autres, et continue à celle fin d'en distribuer à qui m'en demandera , et qu'on voie que les Espagnols ne sont pas si mauvais que superbes. Je vais au palais pour voir si j'aurai réponse de votre lettre.
A MESSIEURS DE GÈNES , LES REMERCIANT DES OFFRES QU'ILS LUI OIVT FAITES DE TOUS LEURS PORTS POUR FAIRE B ADOUBER SES VAISSEAUX.
SÉREMSSIME3 SEIGNEURS ,
J'ai un extrême déplaisir que je ne sois encore en lieu de vous pouvoir aller rendre grâce moi-même des civilités qu'il a plu à la république me faire, par les deux gentilshommes qui sont venus ici de m part. J'ai reçu la pratique qu'il vous a plu me donner avec estime, comme un témoignage de votre affection , et rendrai compte au roi des ollVes qu'il vous plait me faire du port de votre ville, et de tous ceux de votre état , pour la retraite et radoub de ses vaisseaux , duquel je me serais servi dès à présent , quoique j'en eusse quelque petite nécessité, voulant exempter, non seulement de mal, mais de pur, ceux que \ous protégez, comme j'ai fait même à une felouque «le Xaples, portant lettre de leur armée qui a passé à mon bord , ii laquelle je n'ai pas voulu qu'on parlât; vous assurant que tout ce qui dépendra île moi sera toujours employé pour le service de la république, le roi me l'ayant ainsi commandé, et mon inclination particulière m'y conviant. Il y a quelques petites affaires desquelles le sieur Ridaud leur parlera , qui faciliteront d'autres que vous pourriez avoir à faire ;i\cc le roi , auxquelles je vous conjure de mettre Ordre, et de me croire, etc.