‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 85 sur 226 · ET CELUI A GÊNES · texte numérisé non relu

ET CELUI A GÊNES

Monseigneur ,

J'ai rendu compte a votre éminence du passage da duc de Ferrandine, et comme quoi, dès que les galères m'eurent joint, je partis avec l'escadre de ponant pour m'en aller au cap Corse et sur les hauteurs

de LivoUrne joindre l'escadre de levant, que j'avais envoyée pour empêcher la conjonction de ladite armée de Naples et lesdites galères de Livourne, pour de là m'en aller vers Naples, s'ils ne remettaient à la mer. Après y avoir été quelque temps et avoir souffert quelque coup de vent assez fâcheux, j'appris que le duc Ferrandine était dans les ports de la république, autour de Gènes, disant partout que je m'étais caché avec les galères quand il avait paru : ce qui m'a fait résoudre à interrompre mon voyage de Naples pour venir chercher ledit Ferrandine avec les galères seules , laissant l'armée à la rade de Livourne et dans les passages de Piombino, pour empêcher ce qui peut venir du côté de Naples; mais, étant arrivé à la côte de Gênes, j'ai trouvé que les Génois, au préjudice de cette parole, les avaient reçus dans leurs ports, les tirant plus à terre qu'ils pouvaient, avaient mis devant eux les six galères et vaisseaux marchands flamands et anglais qu'ils avaient dans leur port. Ce nouveau procédé m'étonna, tant de la part du duc de Ferrandine que de la république, et m'obligea de leur écrire les deux lettres dont j'envoie la copie à votre éminence. Celle de Ferrandine, pour tâcher à émouvoir l'orgueil espagnol.

LETTRE DU SIEUR BIDAUD

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX , TOUCHANT LES GALÈRES DE NAPLES BT CELLES DU DUC DE FERRANDINE , DE SICILE ET DU GRAND-DUC.

Monseigneur ,

Depuis avoir serré ma lettre, j'ai appris qu'il n'y a que les quatorze galères de Naples qui portent leur infanterie en Espagne, celles de Ferrandine les vont joindre; et aujourd'hui les cinq de Sicile et celles du grand-duc, je crois, avec les vaisseaux , doivent faire le même. Le duc de Ferrandine a fait tirer le coup de partance; il armera ses galères de l'infanterie napolitaine, et se vante de vouloir aller combattre avec toutes les susdites galères votre excelleuce, que je supplie continuer l'honneur de ses bonnes grâces, monseigneur, votre, etc.

Bidaud.

A Génti , le 14 août ifijo.

A OIT HUO.

a m. de ch a vigny, portant que le duc de ferralfdine , après une rravade, s'était cache dans le port de gênes étant poursuivi,

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