ET LA RÉPONSE IMPERTINENTE DES GENOIS
Monsieur ,
Le duc de Ferrandioe ayant passé par la Provence, comme vous avez su, et publié partout que les galères s'étaient cachées, j'ai estimé être de la dignité du général que je sers de lui faire voir le contraire. H tenait à la mer pour faire ses bravades, mais dès qu'il a vu les galères il s'est caché dans le port de Gènes. Je lui ai écrit la lettre dont je vous envoie copie '. Je ne vous dirai point la sorte de procéder de messieurs de Gènes, m'assurant que Bidaud vous en entretiendra au long : ils méritent châtiment, et l'on leur peut faire tel qu'il plaira au roi. J'ai mis l'affaire en cet état pour le faire quand vous l'ordonnerez, par la lettre que je leur ai écrite, sans qu'ils aient jusqu'à cette heure fait aucune réponse. Tous les sénateurs sont cspgnols, mais le conseil des cent, à ce que j'apprends, n'est pas de leur avis, et ils sont assemblés : cela ne me retardera pas d'un quart d'heure d'aller au-devant de ce qui doit partir de Naples, qui sont vingt-deux grands vaisseaux, dix-neuf galères et trente-cinq barques ou polacres chargées de quelque ' cinq mille hommes ramassés et dix-huit <-ompgnies de cavalerie. J'ai uu homme là qui les observe, pour me donner avis de tout et venir m'avertir quand ils partiront. Pour ceux de Gènes, quand il nous plaira,, il n'entrera nî ne sortira un chat de leur ville. Toute leur rivière contribuera ou sera pillée, et tout ce qui sera dans leur port brûlé. Quand on voudra davantage on en cherchera les moyens, mais pour ces trois premières propositions, je vous eu réponds sur ma téte.
■ Voir ci-divaot , p. a65.
A M. DE NOYERS, PAR LAQUELLE IL MANDE QUE LES GENOIS S'ÉTAIENT DÉCLARÉS POUR L'ESPAGNE EN RECEVANT FERRANDINE , ET LE REFUS DU GRAND-DIC POUR LA FRANCE.
Monsieur ,
J'ai reçu devant Gènes, où j'étais venu avec vos galères pour repousser l'orgueil de Ferrandine de son passage devant la Provence , votre lettre du 26 juillet dernier, à laquelle je ferai réponse article par article, après vpus rfVoir dit que ce bruit imposteur qui éclatait, que les galères s'étaient cachées, m'a obligé de feire un cartel comme dans les anciens romans, dont je vous envoie copie : cela n a produit qu une protection ouverte des Génois pour les Espagnols et toute ouverte déclaration, contre nous, vous assurant que la côte de Barbarie nous serait.plus avantageuse que celle-ci et celle du grand-duc, car on nous refuse .tout, et nous n'osons rien prendre, et ailleurs on prend son parti. Vous verrez la lettre que j'ai écrite à Gènes ; h quoi ils n'ont point fait de réponse. S'il arrive quelque accident à l'un de vos vaisseaux ou galères, vous; pouvez assurer qu'ils sont perdus; et le prétexte qu'ils prennent do*la maladie qu'ils savent bien n'être pas est appuyé sur ce qu'ils disent que le roi mémele confirme par ses dépêches.
Pour ce qui est de Toulon , j'estime que le plus nécessaire est de travailler à la bouche de la~darse , aux demi-lunes des portes et garnir les battions pour y mettre des batteries; car, en vérité, il n'est pas bien en l'état qu'il est, et le travail qui s'y fait n'est pas le plus nécessaire.
Pour ce qui est de Provence, si vous m'aviez écrit aussi clairement que maintenant sur diverses dépêches que je vous ai faites, vous n'eussiez pas eu la peine de faire savoir vos volontés ; mais me. voyant quatre régiments sur les bras et dix-sept compagnies de cavalerie dans mie province où vous m'aviez donné le commandement inhabile, et sachant les ennemis envoyer jusqu'à leurs valets au secours de Turin, et ne Ici pas approcher de leur frontière pour leur faire peur et les empêcher de
se dégarnir, tous m'auriez blâmé. Maintenant que tous me parlez net et que vous m'en ôtez le pouvoir, n'ayez pas peur que je m'en mêle, non plus que de leur maintien , prévoyant que vous en aurez bientùl la fin et renverrez mon équipage et tous les officiera chacun chez soi.
Pour ce qui est des marbres, je demande M. Lequeux , à qui je me devais adresser, pour les^aire charger; vous me le manderez, s'il vous plait, et en même temps si son éminence veut faire repasser de ses vaisseaux en ponant ou si je me préparerai à les faire passer par d'autres ; aussi esb41 temps de le savoir , afin de préparer des victuailles et ce qui sera né cessa rre^pour tout s'il demeure ici ; èt sera aussi nécessaire de savoir si son éminence trouvera bon , pour occuper les matelots p mentais , qu'on arme pour les particuliers sept ou huit vaisseaux pour faire la course. Si l'on veut conserver les équipages, il faut leur envoyer des montres ; autrement tous vos vaisseaux sont échoués pour l'année qui vient ; je m'en décharge, et vous prie de me croire , etc.
M. de Bordeaux instruit M. le maréchal d'Estrées, ambassadeur d« France à Rome, du défi qu'il a porté au duc de Ferra ndine.
LETTRE DE M. L'ARCIffiVÈQUE DE BORDEAUX v m. le maréchal dkstrees.
Monsieur ,
J'ai reçu votre lettre avec l'avis qu'il vous a plu de me donner, et me sens extrêmement votre obligé du soin qu'il vous plaît de prendre de moi , comme encore de ce que vous trouvez bon que j'aye un chiffre avec vous , lequel je prends la liberté de vous envoyer pour obvier à la perte de temps qu'il couTiendrait souffrir si je l'attendais de vous , comme il semble que la civilité et mon affection le pourraient désirer. Il est vrai que ce qu'on tous a dit de la place est conforme à plusieurs autres aTis que j'en ai , mais ayant enroyé la plus grande partie de» troupes qu'on m'avait destinées à Turin , je suis demeuré sans moyen
de rien, entreprendre à la terre- Je m'assure que vous serez bien aise d'apprendre la faiblesse des ennemis à la mer , vous écrivant cette lettre mouillé à une portée de mousquet du port de Gènes, où le duc de Ferrandinc s'est comme caché, ayant su que j'étais en ces côtes le cherchant. Je crois que vous ne serez peut-être pas fâché de lire trois lignes que j'ai écrites audit duc, que je vous envoie ; et si je me suis trouvé engagé à faire cette petite action de roman , c'est pour ruiner les faux bruits qu'il faisait- courir dans cette côte que les galères d'Espagne avaient fait peur à celles de France que j'ai l'honneur de commander. Je suis bien marri que je ne sois en temps el en lieu d'exécuter pleinement ce que vous souhaitez pour le vaisseau chargé de blé,, mais, ayant donné avis à son éminence de sa condition et de ce qu'il portâit, dont partie est pour Final , vous jugerez bien , je m'assure, que ce que je puis à présent est seulement de favoriser votre intention à la cour en tout ce qujil me sera possible; ce que je vous promets de faire de tout mon cœur, comme de me dire, monsieur, etc., etc. ■»
M. de Bordeaux informe M. de Chavigny du mauvais vouloir des Génois, et demande si le roi veut ou non réparation de leurs insolences et de leur- partialité flagrante pour l'Espagne.