SEPTEMBRE
Le roi donne ordre à M. l'archevêque de Bordeaux de revenir à l'instant aux îles de Marseille avec douze ou quin/.e vaisseaux et autant de galères pour aller en Catalogne recevoir le port de Roses, que les Catalans révoltes contre l'Espagne ont assiégé, et promettent de livrer au roi, lui demaudant secours par terre et par mer.
LETTRE DU ROI
A. M. L'aRCHEVÊQIE DE BORDEAUX-
A «.«.liHy, le ri «vUmb,e .640.
Monsieur l'archevêque de Bordeaux, les États et peuples de la Catalogne ayant pris les armes, comme vous l'avez su, ont formé un grand corps de troupes pour se mettre en liberté , et m'ayant demandé, pour cet effet , ma protection et le secours de mes armes par mer et pur terre, avec offre de remettre en me» mains le port de Roses, dont ils assiègent présentement les forteresses, j'ai estimé que dans la guerre présente, ouverte contre la couronne d'Espagne, j'avais tout sujet de bien recevoir leurs propositions, de les assister pour les faire réussir; et parce qu'il importe d'être promptement en état d'effectuer ce qu'ils désirent, je vous dépêche ce courrier exprès pour vous dire que vous ayez à vous rendre le plus tôt que vous pourrez vers les îles de Marseille avec douze ou quinze vaisseaux de mon armée navale, et autant de galères, s'il est possible, et que vous vous teniez avec ces forces auxdite* iles en attendant le succès dudit siège, pour, selon l'avis que vous aurez du sieur d'Espenan ou du sieur Duplessis-Besançon, qui peut-être vous écrira de Barcclonne, aller recevoir en mon nom ledit port et lesdite» forteresses , et les assurer entièrement à mon service et pour le secours des Catalans. A quoi me promettant que vous apporterez toute la diligence et les soins nécessaires, je n'ajouterai rien à cette lettre que pour vous recommander de tenir ce que je vous ordonne aussi secret que vous jugerez bien qu'il est convenable pour mon service, priant II. 4<
Dieu qu'il vous ait, monsieur l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte
et digne garde.
LOUIS
SlIBI.ET.
Dans la lettre suivante , M. l'archevêque de Bordeaux donne des détails sur son voyage à Naples , où il a amené quelques vaisseaux ; les autres s étant sauvés et retirés dans la darse, le prélat, n'ayant point de galères pour se remorquer, ne put les y poursuivre.
A. M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
Do golfe de Naple,. I. 19 septembre i6{o.
Les galères retirées , comme j'ai informé votre éminence, et toutes celles des ennemis qui sont en Italie se promenant sans que je les en puisse empêcher, je suis venu à Naples pour les arrêter, et par ce moyen leur secours. Nous y avons pris trois vaisseaux anglais et hambourgeois, et brûlé un qu'ils avaient tiré à terre , les autres s'etant cachés dans leur darse avec grande frayeur; lesquels nous eussions brûlés infailliblement, si les galères eussent été avec nous; mais n'y ayant aucun mouillage en toute la baie de Naples, que sous les murailles de la ville, et par conséquent du canon qui y est en abondance, nous n'avons su rien entreprendre, le calme étant tel, dès qu'on approche des murailles, qu'après y avoir brûlé tous les vaisseaux ennemis, il nous eût fallu brûler les nôtres , n'ayant rien de quoi nous remorquer. Et je n'ai pas cru que vous eussiez eu agréable que j'eusse mis votre armée en hasard de se perdre pour une armée de vaisseaux frétés; et j'envoyai ce porteur pour avoir l'honneur de recevoir vos commandements sur ce que j'ai à faire maintenant, appréhendant que les coups de vent dans l'hiver ne fassent périr vos vaisseaux, étant en coq» d'armée toujours bord sur
bord, la plus longue des rives netant que cent milles, qui est vingtcinq lienes du ponant, qui se peuvent faire facilement en vingt-quatre heures de mauvais temps. Cinq ou six vaisseaux ensemble trouvent des ports et des abris dont une armée entière ne se peut servir, et je crains d'un autre côté que, dès que nous serons en rade de France, l'armée de Naples ne mette à la mer; ce qui est bien probable, puisqu'il la pie depuis huit mois dans le port, et cela se peut faire, n'ayant qu'une brasse à faire, et par conséquent toute la longueur de la mer à courir les ports à soi , comme vous peut dire ce porteur; mais jusqu'à cette heure nous avons fait que le secours n'est point passé, dont il est malaisé de vous répondre à l'avenir des vaisseaux, n'ayant point de galères.
Il est extrêmement nécessaire aussi de savoir les intentions de votre érainenec sur plusieurs points, dont je charge ce porteur, aOn qu'elle soit servie comme je le désire.
Pour la Rarbarie, on n'y peut rien faire qu'en rendant leurs esclaves par échange ou par leur faire la guerre : votre éminence choisira à quel parti on se devra attacher.
Elle ordonnera aussi, s'il lui plait, ce que l'on fera de ces trois vaisseaux pris à Naples. Le nom d'Anglais me fait craindre : ils protestent qu'ils n'étaient pas là pour servir le roi d'Espagne; et de fait, ils n'ont point tiré, mais aussi ils n'ont point salué le pavillon ni voulu en approcher que par force, et de fait il a fallu braver leurs forts pour les avoir, retirant dessous tant qu'ils pouvaient.
M. Bidaud continue d'instruire M. de Bordeaux des affaires d'Italie.
LETTRE DU SIEUR RIDAUD
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
Monseigneur ,
Le temps a été si mauvais depuis quinze jours qu'il m'a été impossible de vous rendre mes devoirs, et au courrier qui m'a rendu les dépêches ci-jointes d'arriver ici plus tôt qu'hier avec trois de ses com-
m LIVRE V. — CHAP. IX.
pagnons; il est vrai que je n'ai rien su de considérable depuis ma dernière des affaires des ennemis par mer, comme je n'ai encore aucuu avis des galères de Ferrandine et Doria qui passèrent en Espagne avec les Napolitains. On ne leur a voulu permettre de débarquer à Cadagne, et le roi d'Espagne ayant fait emprisonner les députés des royaumes de Valence et d'Aragon sans les ouïr, ils se sont effectivement soulevés, et en quelques lieux de Castille on a refusé de payer les nouvelles impositions, de loger la soldatesque de l'armée avec laquelle leur roi devait partir le 20 de ce mois pour la Catalogne, et on y a tué même le commissaire qu'il avait envoyé pour faire les logements.
Vous savez , monseigneur, à ce que je crois , mieux que nous ce qui se passe dans le royaume de Naplcs, où l'on dit ici, pour chose assurée, qu'il y a douze mille Napolitains révoltés en campagne, commandés par un des principaux seigneurs de ce royaume et de ses autres adhérents; et il y a aussi quelques avis que les naturels, assemblés au nombre de quarante mille, sont résolus de chasser les Espagnols, qui de tous côtés sont faibles et attaqués.
On me mande de Rome et de Florence que don Francisco de Melos fait son possible pour obtenir du pape le passage par terre de son infanterie et de la cavalerie napolitaine que vous retenez dans le port de Gactte, où, comme vous me mandez, ils eussent été mal assurés si vous eussiez eu avec vous les galères du roi , que cette felouque me dit devoir passer demain ici pour vous aller trouver. Votre excellence aura vu ce que j'ai écrit à la cour sur leur retour en Provence, conforme, à ce que je crois , à vos sentiments.
Enfin Turin a suivi Arras , mais les ennemis sont si soigneux de garder les passages que , depuis la chute d'icelui , il n'en est venu aucun , et je vous envoie ce qu'on m'en écrit de Milan, et les particularités du combat de M. le marquis de Brézé contre la flotte d'Espagne.
Quanta l'Ai tare, c'est un village de cinquante maisons, ouvert, avec un vieux château assez bon pour la main, qui ne se peut garder contre les ennemis, si nous n'avons le Cingio et les langues du Piémont ou du Montferrat, et en ce cas nous n'avons que faire de l'acheter, car il sera toujours au plus fort; mais je crois que M. de Bonsy a entendu
LETTRE DU SIEUR B1DAUD. — SEPT. 1G40. 325 toutes les langues du Monlferrat pour l' Altare, dont Nice et Aequi sont, qui ne se déclareront pas sans voir des forces capables de les protéger, et je ne sais si de cette année on pourra s'attacher à ce dessein, qui véritablement nous ouvrirait le passage de la mer pour Casai et le Piémont, et faciliterait toul-à-fait l'acquisition de Final.
Il est passé ici un brigadier de la compagnie de vos gardes avec six de ses camarades, qui en partirent hier pour Provence, quoique je leur aye conseillé ou d'attendre les galères ou de retourner vers votre éminence, et M. Rabut me mande leur avoir persuadé le même. Mon homme leur a donné, en mon absence, cinq pistoles pour leur dépense, pendant qu'ils ont séjourné en ce port, pour se faire porter en Provence.
Le roi est retourné à SainUiermain , et son éminence séjournera à la frontière de Picardie jusqu'à ce que les affaires d'Arras soient assurées. J'ai fait tenir à M. le priuce de Parme votre dépêche , et je vous envoie ce que je viens de recevoir tout à cette heure de Milan, de la défaite de Piccolomini , que les ennemis pallient , mais on l'assure bien grande et lui blessé. Je vous supplie me conserver toujours sous votre protection et dans l'honneur de vos bonnes grâces ,
Votre très-humble el très-obéissant serviteur ,
BlDAUD.
D* Gènrt , le îo wplembre i6j«.
LETTRE DU SIEUR BIDAUD
A H. L'ARCHEVÊQUE de bordeaux.
MoNSEtOELR ,
Je n'ai rien à ajouter aux nouvelles que je me suis donné l'honneur de vous écrire sur la prise de Turin, sinon que M. le prince Thomas est mal satisfait au dernier point des Espagnol», dont l'on croit de voir bientôt ses ressentiments, qu'il n'aurait pas délayé davantage si sa femme et ses enfants n'étaient en Espagne.
Je vous renvoie, monseigneur, le patron Galetto avec une dépêche
de M. le duc de Parme et une autre de M. le bailli de Forbin. Son altesse me mande que tous avez alarmé tout le royaume de Naples et fait résoudre don Francisco de Melos d'envoyer ses bardes en Pouille pour les embarquer pour Venise et prendre lui-même ce chemin. Il me marque aussi que les Espagnols et le grand-duc appréhendent fort que votre excellence ne s'empare de Piombino, comme l'on croyait qu'elle ferait, on d'Orbitello et de Porto-Vecchio, en Corse, lesquels fortifiant, Porto-Longone ne pourrait tenir long-temps ; et y tenant une partie de l'armée du roi ( qui y pourrait facilement subsister pour l'abondance des victuailles en cesdits lieux), la communication des États de Naples, Sicile et Sardaigne serait entièrement interrompue avec les autres du roi d'Espagne et de ses partiaux.
Votre excellence verra parcelle de M. le bailli de Forbin qu'au lieu de vous aller trouver, après avoir été contraint par le mauvais temps de manger ses victuailles dans le port de Toulon, il s'alla retirer entièrement dans celui de Marseille. Ledit patron Galetto a fait ici quarantaine avec vos gardes; et nes'étant pas trouvé un sou, j'ai été contraint, pour vous le renvoyer, de lui donner cinq pistoles, y compris une que lesdits gardes lui devaient; ce que j'ai cru plus à propos que de prendre une felouque exprès pour vous porter les dépêches ci-jointes , qui vous aurait coûté davantage.
J'envoie encore à votre excellence un mémoire d'un ingénieur que j'ai connu autrefois, lequel promet beaucoup et choses de grande considération si elles réussissaient; et comme il ollre d'en faire l'essai à ses dépens, en lui payant seulement ceux de son voyage, si les propositions vous agréent et que vous m'ordonniez de le faire venir , et de vous l'envoyer, et ce crue j'aurai à lui donner pour sondit voyage , qu'il veut avoir ici, je le ferai incontinent, vous suppliant de prendre assurance qu'il n'y a personne au monde qui bonore et observe plus ponctuellement vos commandements que, Monseigneur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Bidaud.
A Gin*», le * octobre ifljo.
OCTOBRE 1640. 327 Dans la lettre suivante, M. le maréchal d'Entrées donne à M. de Bordeaux des détails sur les mauvais traitements faits à quelques barques françaises, et lui rend compte de l'impression causée à Naples par le voyage du prélat dans ces mers.
LETTRE DL MARÉCHAL D'ESTRÉES A m. l'archevêque de bordeaux.
MONSIEUR
A moins que de nous avoir fait la faveur d'envoyer un exprès à Rome pour nous donner part du succès de votre voyage vers Naples , fort glorieux pour vous et pour les armes de sa majesté, je n'aurais pu avoir de a os nouvelles, n'ayant point reçu la lettre dont vous me faites mention, quelques perquisitions que j'en aye faites. Sur l'avis que j'avais eu, qu'uni: felouque que vous aviez envoyée à Civita-Vccchia n'y avait pas reçu le bon traitement qui se devait, par le baron Mathé, gouverneur dudit lieu; sur quoi ayant fait des plaintes, l'on m'a dit qu'il n'était pas là ; mais à deux ou trois lieues éloigné en sa maison , et que ladite felouque avait remporté les paquets , n'ayant pas trouvé audit Civita-Vecchia le consul français. Vous aurez su eucore ce qui s'est passé à deux barques, à Fiumicino, et à Nettune; à quoi, aussitôt que j'en ai été averti , je n'ai pas manqué d'essayer à faire réparer le désordre et les mauvais traitements qu'ils ont reçus. C'est peu de discrétion et de prudence à ces messieurs de deçà d'en user de la sorte , étant bien aisé comme il vous est de vous ressentir. Nous avions déjà apprisTétonnemcnt et la confusion que vous avez mis dans Naples et tous ces quartiers-là , à quoi on ajoutait encore que vous aviez pris l'île (le Nisita, et comme votre approche de ces quartiers-là avait été très-avantageuse pour le dessein principal qui vous y menait, qui était d'empêcher le secours , tant d'infanterie que cavalerie, attendu du royaume de Naples avec tant de désir et impatience par le marquis de Leganez , ce qui a donné moyen à M. le comte d'Harcourt de se rendre plus facilement maître de Turin,
ainsi qu'il y a huit jours nous en avons reçu nouvelles ; et dont aussitôt par la voie de Florence à Livourne je vous donnai part , bien que je crusse que vous le puissiez savoir d'ailleurs. A quoi j'ajouterai encore la route que Banier a donnée à Piccolomini , lequel on tient même y avoir été blessé. Vos lettres m'ont trouvé en ce lieu de Caprarolle , où je suis venu passer quelques jours , attendant réponse de France sur les difficultés et chicaneries de l'exécution pour l'accord qui a été arrêté et conclu en France , entre sa majesté et le pape ; cela me donnera plus de commodité d'y faire imprimer votre relation , ou sans peine ni cérémonies je le pourrai faire à Rossillon , proche d'ici , qui est des États de M. de Parme. Si le temps est à la mer, ainsi qu'il y a grande apparence, comme nous l'avons depuis quelques jours à la terre, il sera bien difficile que vous puissiez vous entretenir davantage en ces côtes. Je vous supplie de me mander entre les mains de qui les dernières lettres qu'il vous avait plu m'écrire ont été consignées , afin de m'en plaindre et en tirer raison, et empêcher qu'on en use une autre fois si indiscrètement. Je vous envoie un mot de lettre que je viens de recevoir tout présentement du sieur Matthéo Sachetti, auquel j'ai mandé comme il ne s'était pas passé encore trop de temps pour avoir répousc de la cour. Conservez-moi , s'il vous plaît , l'honneur de vos bonnes grâces , ainsi que je vous en supplie, et de me croire autant que je le suis, par raison et par devoir,
Monsieur, votre, etc.
Maréchal d'Estrées.
A Caprarolle, le 3 octobre ifljo.
LETTRE DE M. DE NOYERS
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX , TOUCHANT LA RÉVOLTE DE LA CATALOGNE
De Ruel , le 3 octobre 1640.
Monsieur ,
Le retour de M. ; DnplessU-Besançon nous ayant appris que, bien que la révolte de la Catalogne soit plus échaulléc qu'elle n'a encore été, ils ne croient pas toutefois avoir besoin de l'armée navale , ni des galères de France, pour s'opposer aux forces du roi d'Espagne, tant ils le* méprisent, j'ai eu commandement du roi et de M. le cardinal de vous dépêcher ce courrier exprès, pour vous dire que, nonobstant les ordres qui vous ont été envoyés, de vous rendre avec un certain nombre de vaisseaux et de galères aux îles de Marseille , pour de là prendre la route du port de Roses, selon les avis cpie vous en recevrez de M. d'Espeuan ou dudit sieur Duplessis-Besançon , vous pouvez maintenant former tels desseins avec l'armée navale et les galères que bon vous semblera , soit que vous continuiez dans la pensée de celui dont vous avez donné avis à son éminence, par vos dernières , soit que vous vous attachiez à quelque autre que vous estimerez avantageux aux aOàires de sa majesté , sans que ceux de la Catalogne vous divertissent en aucune façon. Et afin que vous n'y trouviez aucun retardement de la pirt des galères, je donne avis de ce changement d'ordre à M. le bailli de Forbin , et lui mande qu'il ait à faire tout ce que vous lui prescrirez sans délai.
LETTRE DE M. LE DUC DE PARME
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX . LUI PROMETTANT DE SONGER AUX ENTREPRISES QU'ILS POURRAIENT EXÉCUTER ENSEMBLE EN ITALIE POUR LE ROI DE FRANCE.
Le nombre que vous me marquez de me pourvoir de barques est capable de pouvoir faire quelque chose de ce côté ici , et même cet il. 4*
hiver j'irai songeant aux entreprises qui se pourraient faire, et quand je verrai jour à quelque chose, je tous en donnerai part, afin de recevoir les moyens pour l'exécuter. Pour ce qui est de Pons, je n'ai rien entendu de votre part, si ce n'est ce que m'en manda M. de Châlillon , M. le maréchal d'Estrées ; sur quoi j'ai prié M. de Châtillon du Houssaye de vous dire ce qui se pourrait faire , lui ayant ouvert mon coeur, comme je ferai toujours en tout ce qui regardera le service du roi, et là-dessus j'attendrai de vos nouvelles.
Et parce que dans la lettre que vous écrivez au Gaufridi , vous lui marquez que vous tâcherez de venir à Sestri de Levant, pour après vous faire la voie jusqu'à Parme , j'attendrai de recevoir cette faveur de vous, et arrivant à Sestri de Levant, vous serez content de m'avertir d'abord, afin que vous trouviez aux confins de la république de Gènes qui vous serve; et certes, dans cette entrevue, nous pourrions ajuster beaucoup de choses pour le service du roi.
LETTRE DE M. LE MARÉCHAL D'ESTRÉES
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
A CapraroU , le ; octobre i6{».
MONSIEUR
Vous avez vu par la réponse que j'ai faite à vos lettres du 29 du mois passé, comment je n'avais point reçu aucune des précédentes que vous m'avez fait la faveur de m'écrire , et ne m'ont été rendues qu'aujourd'hui en date des 8 , 9, 15 et 19 dadit mois, par la voie de Livourne; if. n'a pas été sans grand déplaisir et colère , de voir que la malice ou la lâcheté du cardinal Barbarin m'empêche en cette occasion de servir le roi et vous aussi comme je devais. De long-temps peut-être ne s'en présentera-t-il une semblable. J'en dirais davantage , n'était qu'on croirait que la passion particulière me fait parler, plutôt que le juste ressentiment de voir le roi si mal traité en tant de manières , par des personnes auxquelles il a témoigné tant de bonne volonté , et fait l'honneur de mettre en leur maison la protection et direction des affaires <\c France. Quand vous auriez fait raser la tour qui a tiré sur vous, ils.