‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 100 sur 171 · LETTRE DE M. LE DUC DE PARME · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LE DUC DE PARME

V H. DE SXBES.V (TRV.VSMISE PAR M. DE SABRAS A LA COCR ).

Momsieur ,

Du g iG37

J’ai reçu votre dernière lettre, sur laquelle je vous dirai qu’il est très-véritable que le comte Fabio Scotti a été arrêté et détenu dans Toulon , ce qui a bien surpris mon espérance, comme une chose qui est tout-à-fait au-delà de ce que j’en devais attendre. Je m’as-

sure néanmoins (jue cet ordre n’est point venu de la cour, puisque tant de service que j’ai rciKlu à la France , tant d'honneur qu’il a plu à la bonté du roi de me faire, et les faveurs mêmes que j’ai toujours rc<ncs de M. le cardinal , ne me sauraient jamais persuader que cette détention vienne du roi , à <pii j’ai même voulu donner de nouveaux témoigtinjjes de ma très-humble affeclion envers sa majesté , ilans mou accommodement avec le roi d’Espagne , y ayant procédé de la façon ([iii est notoire à tout le monde. C’est ce qui me fait croire comme une chose indubitable «pje le roi et M. le cardinal n’auront pas plus tôt appris la nouvelle de cette détention qu’ils ordonneront, meme avec quelque ressentiment, qu’on me lâche mon ministre, poiu* témoigner au monde non seulement la justice et l’équité de sa majesté , mais encore la bonne alfection que la France doit conserver envers moi, qui ne sache l’avoir jamais désobligée. J’ai donné oidre à M. Morandi de vous rendre cette lettre, et de vous dire encore quehpie autre porticidarité. Je vous prie de lui croire, et de vous assurer <pte pour ce (pti vous regarde je conserverai toujours entière l’amitié que je dois h votre mérite et l’alfection que vous m’avez toujours grandement témoignée. Sur <(uoi je demeure de fort lx)n cœur , etc.

(Et |)ui» d« la propre main dadit prince) :

Je me réjouis des prospérités de la Fi-ancc, desquelles vous me faites part , et puisque ceux qui ont trahi le roi et ses bons serviteurs m’ont empêché de servir dans les all'aires présentes , je l’accompagnerai avec mes souliaits, et je demeure, etc.

M. de Sabran envoie à la cour une copie de la note qu’il a adressée au conseil de Gènes au sujet des pontons qui avaient été confiés à un Génois ; celui-ci devant les porter à Cannes et à Antibes les avait au contraire déposés à Monaco, puis sachant les poursuites qu'on se disposait à faire, il avait jeté les pontons à la mer.

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