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A M. l’archevêque DE BORDEAUX.
Do G^e«, ce a? mare 1637.
Monsieur,
J’ëtnis CD grande impatience de n’avoir point de vos nouvelles pour l'incertitude de votre sant^ , et que mes lettres vous eussent été toutes lidèlement rendues, comme je le vois par la faveur des vôtres des 40 et 12 mars, que je reçus au soir, pour le sujet desquelles, laissant de part ce qui s’est passé en Sardaigne, que l’on racontait par ici düTéremment de la vérité , je me réjouirai que vous en soyez revenu en santé , et vous trouviez en état de réussir en l’attaque des îles et de vos généreux desseins, que je vous souhaite fortunée. Le vaisseau du chevalier Genlile, qui a été hrltlé, laisse jiar ici grande appréhension s’il se sera et les siens sauvé. L’on dit qu’il y avait quantité de marchandises considérables qui allaient en Espagne; les Iles souffriraient beaucoupde cet accident, s’il eût prévenu le déchargement des provisions qu’il y aurait apportées de Naples.
Quant h ce que vous m’écrivez de ce patron Geronimo de San-Remo, qui si perfidement, restant chargé des pontons que vous avez fait faire à Nice, les a portés sur la tartane dans Monaco, j’ai exécuté avec la chaleur que vous m’ordonnez le contenu en l’une de vos lettres , ayant incontinent , et pour ne peivlre temps , envoyé à deux heures de nuit mon seciétaire dans le conseil assemblé avec une lettre cachetée de ma part, telle que vous la trouverez ci-jointe, pour y être ouverte en public, afin que les longueurs qu’eût causées la remise de l’audience que j’eusse demandée aujouid’hui, joint aussi cpi’ils ne s’assemblent point le samedi et le dimanche pour délibérer, eût pu donner loisir au criminel de s’enfuir, ou à ces messieurs de le faire évader, s’ils en eussent eu la volonté.
Leurs réponses, api-cs avoir traité de l’affaire une heure, a été qu'ils étaient extrêmement marris de cet accident et feraient toute diligence
LETTRE DE M. DE SAIîRAN. — MARS 1637.
poar s’en saisir, «t en rendre toute la justice et satisfaction que méritait cette lâcheté, olFrant à mondit secrétaire de lui donner la lettre qu’ils écrivaient au podestat de San-Rcmo pour l'envoyer ici et en faire le châtiment.
Depuis , j’ai clé mieux informé et su que ce galant avait changé de nom et s’appelait Jean-.André Massa, et qu’il avait jeté en mer vos pontons et ce dont il était chargé et s’était retiré à San-Rerao ; aussitôt j’ai envoyé mon secrétaire au palais les informer mieux et témoigner combien ce traître était préparé à mal faire , puiscpi’il avait h l’abord déguisé son nom. Aussitôt messieurs ont ordonné que le secrétaire fit une nouvelle lettre au podestat , et je leur donne avis de la commodité de la felouque par laquelle je vous écris , afin que , avec plus de diligence et moins d’éclat, celui qui porte la lettre s'en aille. Nous verrons par l'eiret leurs intentions.
J’ajouterai que le secrétaire de la seigneurie dit au mien que ces messieurs eussent désiré que la lettre que je leur ai écrite n’eùt pas été si pressante. Je leur ai fait dire que je crois les avoir servis en ne déguisant rien et les avertissant de prévenir par un châtiment convenable le juste ressentiment d’une oll'ense considérable pour la conjoncture.
Je vous rends très-humbles grâces, monsieur, de la part que vous me faites des ordres de la cour, dont il est bien à propos que j’aie été averti pour m’en servir es occasions et ruiner les sinistres interprétations que nos ennemis donnent à toutes nos actions, me réjouissant aussi des moyens de subsisUnce que vous avez reçus pour l’armée, que votre prévoyance et crédit a bien aidée.
Pour nouvelle, je crois vous avoir écrit que M le duc de Parme a mis sous une garde italienne et un capitaine napolitain Sabionette ès mains de la princesse de Stilliano, moyennant le remboursement de ses frais. Les uns croient que c’a été par un article secret de l’accommodement qui le rendait moins excusable d’avoir eu si peu d’égards à la sûreté des princes voisins; les autres estiment <pie son intention était que le grand-duc en fût dépositaire , comme il eût été convenable, et le prétexte de suspendre la relaxation légitime juscpies à ce cpie les déoits du prince de Bossolo eussent été liquidés.
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Je ii’apprentb rien des préparatifs des galères de .Naples et Sicile ; celles du grand-duc et scs trois galions sont prêts et bien armés, et dedans force Français du débris de Parme. Je crois que tous aurez su <|ue pour trois passeports <pie l’on attendait de l'empereur, comme la France eu avait donné autant, il n’en est venu qu’un d’Allemagne, et icelui signé seulement du nouveau roi prétendu des Romains, sans doute )xinr tirer approbation de son élection par l’acceptation des passeports, i(ui semblaient n’avoir pas été jugés recevables à la cour , à cause de cette unité et de la forme , ce qui va éloigner l’assemblée de Cologne , laquelle, pour l’avancement de la saison, ne peut plussoulTrir de délai, V ayant aussi de l’apparence que les succès des armes cette année rendront la condition des uns on des autres bien avantageuse, à quoi il semble que nous ayons plus d’espoir que nos ennemis, par la nouvelle défaite des impériaux et prise de Lcipsig et autres lieux par les Suédois.
C’est tout ce dont je vous puis entretenir attendant l’honneur que vous me promettez de vos commandements, étant plus que personne du monde ,
Monsieur,
Votre très-humble et obéissant serviteur,
Sam AN.
M. de Bordeaux envoya à M. le cardinal de Richelieu les relations suivantes de l’attaque des îles, coup de main qui fut tente par M. de Bordeaux à son retour de Sardaigne , selon les instructions de M. de Noyers.