‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 105 sur 171 · SECONDE RELATION. — MARS · texte numérisé non relu

SECONDE RELATION. — MARS

ciilànU perdus. I.e fr^ du président Séguii-an f a été tué ; le sieur dr Vin* blessé il la jambe; Baptiste, la jambe rompue en deuK eiKiroits, et Rochebrune blessé h la joue. Un vieux gentilhomme, i>ommé le sieur de Remous, Agé de 79 ans, a été pris prisonnier s'étant avancé pour secourir son gendre , qui y a été tué.

Le sietu- de Castelan , qui avait donné avec les enfants penlus de la Tour, fit voir qu'il était autant soldat que capitaine, dont il se servit bien après en retranchant l'armée dans la nuit , de sorte que toutes les armées espagnoles n'eussent pas délogé nos gens le leiuleroain matin. Les sieurs dè Frémicourt et de Sogiiy, aides-de-camp , firent paraître leur canir et leur i^tivité en cette occasion, portant les divers ordi'es, soit en mer, soit en terre, avec une merveilleuse diligence et .vu lieu oti il faisait le plus chaud. IjC sieur de ficaufort, qui arriva de la port du roi comme l'armée marchait pour aller au combat, y a été blessé d'une mousqtjptade au-dessus de l'œil ; le Plessis-Besançon , au pied ; les sieurs de Bonycr, Lac, Garou et quelques autres volontaires firent merveilleasemcnt bien, entre autres Bonyer, qui; sortant de* rangs avec six mousqueUiircs, alla abattre celui qui commandait laf cavalerie à la tête de ton escadron. Le sieur d^Charmeil fit paialtro qu'il vêtait de la part du roi plutôt pour chasser lefr ennemis que pour des querelles particulières. Le sieur de la Roullerie, coinmandaiit le liain dr l'artillerie, fut si diligent h descendre à terie,«et si proiupl à cxécuter les pièces des ennemis, qu'on eût cru que c'étaient encore leurs ofliciers, sans que le* boulets commencèrent à séparée leurs bataillons et escadrons. Le sieur de Manty, qui avait commandé le premier jour avec le commaivdaiit de Poincy la batterie des vaisseaux, oublia, aussi bien que le commandeur Desgoutes, la nécessité que le roi a de leurs services sur la mer, pour se faite cniànts perdns eu cette attaque, oû le chevalier de Poiutrinooiirt et|iiusieurs autres capitaines de l'armée navale, à l'imitation de leurs chefs d'escadre, mitent pied à terre avec les enfants perdus.

M. le comte d'Harcourt , auquel seul l’honneur de ce combat est dû, s'étant trouvé infitties difiicultés ett l'exécution qu'il a surmontées, a fait voir qu'il était autant soldat que désireux de servir le roi. La ties-

cente ^tant lieui-euwmenl faite, et avec tel concert qa'il semblait que ce fi'lt un ballet Les tonneaux, fascines, paniers, outils de toutes

aortes, arrivèrent eu telle abondance que dans la nuit tout le camp fut retranehe et deux batteries faites du canon des eunamis. Quelques Napolitains, It.vliens et Savoyards commencèrent à se rendre, et le dimanche, à trois heures apres midi, voyant que les travaux oommençaieiit à s'avancer et que l’artillerie se mettait à force à terre, (es hommes qui étaient dans le fort se sont retirés au fort Sainte-Margueritef laissant leur tiirl ijarni de pain, vin, viande, jioudre, sur lesquelles ils avaient laissé des mèches allumées, et de qiiati e pièces de cation c|u'à l'instant on a tournées contre les ennemis. La nuit, on^vanoera léàtravaux vers Saint-Martin, par où se fait la communication de Saint-llonorat et où il y a un fort bon puits, et de là au fort de Kagon, qui est devers le ponant, et puis à la tour de Batignère , alin d’enclore la grande forteresse, devant laquelle on se pmpose de mettre cinqu^^e canons en batterie.

ruOISIÈME RELATION

DK CE qut S'EST FASSE EN L'ATTAgCF. DES ILES SAINTE-MAKCirEMTE ET SAINT-HONOKAT.

Da mari i63*.

L'armée navale de sa, majesté étant mouillée le long de Sainte-Marguerite et à la pointe de levant, plus près qu'à la demi-portée de mousquet <ln fort appelé le Fortin , ayant premièrement disposé deux estNidres des vaisseaux, savoir i l'une un peu avancée hors le golfe et pour être plus parés d'aller aux vaisseaux ou autres secours qui eût pu se présenter, et l'autre au Théoule pour entrer dans le frioul, s'il venait des galères ennemies, et pour battre les forts en ruine au même instant que le corps des vaisseaux canonnerait le fort du fortin Monterrey, foicer redoutes et logements, et pour forcer Sainte-Marguerite, et par ainsi tous d’un même accord favoriser la descente.

Les vaisseaux s'attachèrent donc à battre les forts, et particulièrement les sieurs de Manty et de Foincy , qui pointèrent eux-mémes si heureusement ce foi tin , cju’il reçut pour sa part plus de deux mille

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