TROISIÈME RELATION. ^ MARS
coups de c-inon depuis le matin justpies au soleil couclu^; aussi l'ut-il rcdiiit en tel état, que de pierre dont il était revêtu, avec de bons parapets et deux ou trois batteries , qu'il ne paraissait plus que tains de terre éboulée , tous ces parapets ruinés et la (ace du côté de la marine emportée et les batteries prestpie démontées. Toutes les ti-oupes <'taient embarquées comme pour le secours de Parme, c’est-à-dire 1rs inémes, s’ajoutant encore un corps pris sur les vaisseaux du roi , dont la téte#'élait pas moins à estimer que le cœur des capitaines qui les commandaient : on devait faire deux attaques , mais un nouveau oonseil les obaiigea.
L’autre embarquement était si paifait, aussi bien «juc rultondnnce de nos préparatifs , qu’il semblait plutôt que ce fût une Iqpcrbole qu'une vérité. Les bateaux y étaient en si grand nombre, que, tout erobaix|ué, il en demeura encore pour porter plus de cent cinquante hommes, les ponts, la^éehelles , les lentes, les pics, les pelles, toutes sortes d’outils a travailler, ruiner, miner et saper, les saea, pleins dé terre, les fascines et tonneaux , et généralement tout ce qnë l’on se peut imaginer. Des artilleurs y étaient en une si grande ipiantilé qud j'aafu<ais en faire la comparaison de notre embarquement à l’arche dé Noé, mats il ne plut pas à Dieu que nous recueillissions de cette journée ce qu'jl nous gardait pour trois jours après ; car étant prêt à descciKli c , stfif les six heures du soir, le ciel un peu ombrageux , des nues menaix'iil de quelque mauvais temps ; si bien que dans la résolution donnée pai ce temps suspect, ce peu de jour qui nous restait manqua , et le vent se leva de telle force à demi ou trois heure» de là , qva d’uu bel ordre où nous étions , il se fit un étrange désordre , nos bateaux s’en allant d’un côté et d'autre, les pintes <pii portaient nbs préparatifs ii la. côte s bref, il nous a fallu recommencer. Les vaisseaux eurent bien de la peine même à se lever de leurs postes pour prendre un mouillage plus .assuié , si bien que les ^ 25 , 26 et 27 ne s’employèreni à autre chose qu’à amasser tous nos préparatifs et réparer ce qui nous manquait.
Mais le samedi 28 , le sieur.de Langue de Loupeville ; avec neuf ou dix autres vaisseaux, ayant été commandés de reprendre le psate des
-Pigttizûd by Coogic
mêmes Taisseaux qiii avaient Ixittii le 24 » ils y allèrent de si bon coeur iju'à moins de donner leur éperon dans les rochers qui sont en la de.soenle ils ne pouvaient pas s'en approcher; aussi la mousc[ueterie de» ennemis les incommo<la de telle sorte cju'ils furent obligés de se tirer sur leurs ancres un peu plus au large auparavant <pe de pouvoir tirer un seul coup de canon.
Les sieurs de Montigny et de Chastelux, qui revenaieut delà mei-, V prii'ent aussi un poste si avantageux qu’ils faisaient sur les ennemis des salves de mousquetades et salves de canonnades.
Pour le chevalier Desi*oches, le service qu’il y a rendu en cette rencontre avec ses deux galiotes est si considérable^ que pas un de nos vaisseaux n*eùt pu aller ni se retirer do son poste sans lui. Aussi, il y a perdu beaucoup des nuiriniers par le canon et la mous(|ueterle des ennemis.
Nos vaisseaux ayant donc bien battu et ruiné non seulement ce que les ennemis y avaient réparé, fait force brèches, tons nos corps étant disposés, et les enfants perdus détachés de chacun par escadre de bateaux, en même oivlre que s'ils eussent été à pied ferme , sur les trois à (piatre heures aprc'S midi , le signal de donner n'a pas siUit paru que les enfants perdus sont descendus avec une joie indicible, fait leur salve et essuyé celle des caiu>ns et mouscpiets des ennemis, emporté d’emblée le fortin, allé droit aux ennemis, l'épée à la main, dans leurs Iranchefs, lesquelles ils leur ont fait .abandonner et poui'suivîs l'épée dans les i*eins juMpies dans leurs forts.
Les régiments Vaillac et La Tour y fiiTnt k l'ordinaire des mei'veilles. Le mestre^ie-camp du premier fut blessé k la tête de sou i*égiment de deux ou trois coups d’épée, et l’escarmouche fut si chaude pour les deux régiments, qu'il leur demem-a dix ou douze officiers blessés ou tués, comme les sieurs de Fraissinet, Goiigouiiat , Mtiniiue tués, Busquat blessé, Dessouren blessé.
\jd ('orps de l'armée, comraaniié par les sieu» de Guitaud, Miraumont , Coursan, Dume et Senantes, lit voir qu'il était capable de l'endi'c service aussi bien en teri'e qu'en mer; pour pieuve de quoi il ne céda k qui que ce fût sa pari de l'honneur qu'il y avait k acquérir, ayant