‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 107 sur 171 · TROISIÈME RELATION. — MARS · texte numérisé non relu

TROISIÈME RELATION. — MARS

défait un baladloii (t'Espaf'iioU commandé par don Jean Reallc^ , qui fut une, et un auti-e dont on ne sait pas le nom.

Le régiment des Iles a si bien fait qu'on s’est confirmé en la bonne ,ppinion qu’on avait d’eux , le sietu' d’IIérisson y ayant été fort blesM^ , d’autres tués.

Roussillon , Castrevieille et Saint-André ont remlii aussi des marques de leur bonne conduite et alFection au service du roi aussi bien que Cornusson. *

BrcL le régiment de Vitry a donné sujet {le se louer de lui , le sieur de Lieux, <pi le commandait, y ayant été tué et autres ofTiciers blessés.

Le sieur de la Rnullerie, (xsmmaiidant rnrtillcric , a été plus ldi .i terre avec son train pour exécuter le canon des ennemis (ju'on eût eu peine à juger ipi les exéeutait si on n’eitt vu leurs bataillons et escadrons renversés par le feu.

M. le comte de Caiees, auprès diicpiel la plupart des volontaires sc sont rendus, J non seulement témoigné la part qiwl prenait en cetU; oceasioii comme I cutenaiit de roi en la Provenre , qpis lait sa charge de maré(dial-de-camp avec autant de vigueur (pie se peut imaginer.

Les volontaires sont beaucoup estimés, ayant repoussé une fois les ennemis jnsqiies au pied de Monterey, et le sieur Bonyer s'étant détaché de leur corps avec six moiisijuetaircs pour aller attacpier la cavalerie, dont il en a fait tomber qiichyiies uns par terre.

Le frère du président Séguiran y a été tué, les sicui-s des Lerdetz et de Vinces blessés à la jamlic.

Le sieur de Baptiste y a eu la jambe rompue , et le sieur de Roclirbrune blessé à la joue.

I.C sieur de Clerinont-Versillart y ratissi été blessé, et le sieur Duplessis-Besançon.

Les sieurs de Frémicourt et de Sagny, aides-de-camp , ont fait paraître par leur diligence h porter les ordres de part et d'autre , qu’ils entendaient leur cliarge et qu’il n’y avait point de lieu trop chaud pour eux. >.

Le sieur de Beaiifort, a^i^de la part du lyû comme on allait donner, reçut aussi un coup de moiiscpiet au-dessus de l'oeil.

a;io LIVRE n. — chap/ih.

-M. de Cliainieil , enseigne des gardes-tlu-corps, crivoyii par sa majesU^, a fait connaitre en cctle oeeasioii qu’il était plutût venu pour ehasser les ennemis île la PTOvenee que non pas pour une querelle |>articulière. "

Le sieur de Caslcllan, maréchal-de-camp , s’est bientôt jeté aux enfants penliis, et a témoigné être alitant soldat que capitaine; aussi s'eu est-il servi, car il a fait rctranelier l'armée toute la nuit, de sorte que tous les l'ispagnols ensemble eussent eu bien de la peine à la déloger le lendemain matin.

Pour M. le comte d’Hareourt , auquel l'Iionncur de ce combat appartient seul , il faut avouer qu’il s’y est iximporlé avec autant de fcimeté, s’élanl rencontré plusieurs dillieiillés en ce dessein qu’il a surmontées, que de générosité et d'alTcction au servit* du i-oi , faisant des actiotis dignes de sa naissance et d’exemple pour un bon soldat.

Isi nuit SC passa .a se retrancher presque sur la contrescarpe de Monterrey et à faire une ]>late-fo)^c pour mettre en batteri* le canon pour tii*r sur les ennemis , si bien la |x>iute du jour ils Rircnt’salués de deux et trois, ctgfccivileincnt que enfin il se sauva sur le midi plusieurs Mapolitains , ce qui obligea à contm’uer jusqties sur les

qiuitre hciircsaprès midi, qu’on eut avis ipi'on voulait parlementer. Ils rendaient le fort , mais ils ne se donnèrent pas ce loisir-là, puisque dès qu’ils viient que quelques troiqies allaient droit au fort, ils s’enfuiient et (pgnerent Sainte-Marguerite, laissant le canon avec les munitions de guerre et de bouche, des poudres et des mèches allumées en plusieurs cndixiits, ce qui fit croire qu'ils avaient eu grand hâte de s’enfuir. ^

On se logea à Saint- Martin, et se délibérait-on d’aller tout chaudement à Ragon et de Ragon au Ralaguier, cpii ne pourront pas beaucoup fenil- ; et par ainsi, faisant noti* circonvallation, nous enfermerons Sa in te- Marguerite et lui"ùlcrons tout-à-fait la nimmunication de Saint-llonurat et mettrons ciiiqiumtc pièces de canon en batterie devant ce fort , en leur déclanint que s’ils y laissent jnetli* le feu à un scid , qu’ils n’espi'rcnt jamais de (piartier.

l)e quatre mille que nous avions fait descendre, nous n’en fîmes

TROISIÈMK* RELATION. — MARS 1637.

mettre d’abo^ pied à teri'o que neuf ou iiuit ccnU liommes, lescpiel^ gagnèrent le retranchement de mille cinq cct>U qu’on dit être dedans; après nous y mimes jiuajues à quatre mille hommes et ces deux autres niille que nous réservions dans nos vaisseaux de peur qiiVtaht à terre le canon et iticommo«lilè du logement ne nous les mit hors de service.

On fait avancer quatre mille hommes sur la c()te cl on a mandé aux troupes fpii cheminaient vei*s le riemonl de prendre cette route.

L’on rassemble notre armée, n’avanl ici (nie vinKt-cînq vaisseaux avec jes (jul arrivent devant le combat; le^ grands galions du roi ,

de M. ^'Guise et autres arriveront au premier vent avec doiize^de nos galères, Viui seront plus en état d’aller chercher les ennemis, s’ils sortent hors de leurs ports, que de craindre qu’ils les vicnncnl voir pour apporter du secours à des gens cpii n’en peuvent espérer que de Dieu.

M. de Sabran prévient M. de bordeaux des différentes dis|)ositions de l’Espagne au sujet des îles de Sainte-Marguerite et Saint -Honorât, depuis que l’armee navale y a effectué sa descente, et lui donne aussi avis que .M. de Cesy a rompu le traité précédemment conclu entre le sultan et le roi d’Espague.

LETjTRE DE M. DE SABRAN A M. l’archevêque DE •. , . '

OeCjaea, cc3i msn , Je uuit, 1637.

Monsieur ,

Je vous ai écrit aujourd'hui par un canonnier qui a servi M. le chevalier de Rasilly, M. de Monsigny et autres, à qui j’ai donné un passeport, et j’use de redite par celle-ci aiin de pouvoir vous avertir de tout. U est arrivé ici, de la part du prince de Monaco, une felouque qui assure cpie vous lomlxiles bien aux îles, et ne dit point si vous y avez encore pu descendre, mais qil'jl n’y a pas de la poudre et autres munitions à suOisance dans les îles, ni des gens; et l’on a donné avis au grand-duc et sollicité qu’il envoie ses galères, et le duc Doria prépare quatre des siennes pour lever six cents soldats k Final et les aller

porter aux îles. Ce serait un coup d’état d’attraper ce» galère.»; ce <jue je crol.» infaillible , si vous avez des vaisseaux près de là qui se tiennent à Villefranchc cl Cannes. L’on se promet que le grand-duc enverra se» galères pour l’opinion qiie les nôtres ne sont pas prêtes; et à Napleset Sicile l’on fait tous elTorls pour mettre en mer les galères et quinze vaisseaux ; mais il leur manque bien des mariniers. J’attends avec impatience que l’entrée des mers et îles ait été heureuse et qu’il y ait moins de sang <[iie l’on ne s’imagine. Ils sont quatorze à quinze cents , mais je suis bien averti qu’il y a plus de six cents malades et impuissants de combattre. Je vous supplie par toutes occasions m’écrire afin que je soulage nos amis en Italie, et quoi({ue vous m’écriviez confidemment, je le ménagerai selon le besoin , et vous baisant très-humblement les mains, je demeure sans fin ,

Votre trcs-bumblc et obéissant serviteur,

Sakkazi.

J’ai eu avis de M. de Cesy qu’il avait rompu un traité que les Espagnols fai.saient avec le Turc par l’ambassadeur de l’empereur, et que le Turc onTre cent galèi"es équipée.s au roi à toutes les occasions ip’il voudra contre scs ennemis Vous saui-ez que M. le duc de Rohan a été retenu à Coire par les Grisons, tpii, ensemble avec les Espagnols, conspirent ce que nous ferons à la Valteline. Il y a long-temps que j’ai averti la cour et lui de cette menée; je crains qu’une diversion u’aiFaiblisse cet elTort, qu’il ne soit bien grand, les places sont bien munies.

M. de Sabran annonce la révolte des Orisons et le premier essai d’un des brûlots français qui a incendié complètement un vaisseau assuré par le vice-roi de Naples.

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