A M<' LE CARDINAL DE RICUEUEU
Monseigneur,
Dii 6 tiril <937.
Le déplaisir que j'ai de voir que nous n’avançons rien depuis le jour que nous sommes descendus a fait que j'ai désiré qu'on vous envojAt un courrier pour vous avertir de l'état où nous sommes, alin que votre éminence sût qu’il ne tient pas à moi qu'on ne fasse quelque chose davantage. L'on a voulu vous envoyer le sieur Ycart, qui était à feu monsieur de Montmorency, et qui est un des principaux de l'aiTnée, et qui a fait tout ce qu'il a pu pour empêcher la descente; mais comme j’ai eu appréhension tpi’il ne déguisAt les alfaires pour justifier notre retardement , je vous ai dépéché le présent porteur, qui a été à tout avec grand cœur, et qui a eu son drapeau percé de mousrpietades, alin que , par son rapport naïf, vous puissiez juger de la créance à donner aux diverses opinions.
Pour l’avis de M. d'Harcourt, je ne vous en parlerai point , non plus que de celui de M. de Garces qui a été de même ; mais pour celui du sieur de Custelan , il a toujours été rpre c’était une folie d’attaijuer les Iles , qu’elles étaient imprenables, que le canon ne pouvait rien faire au fortin , que des gens derrière des letrancliements ne pouvaient pas être délogés; en un mot, que Moiiterey était une place régulière, fortifiée de contrescarpes, palissades et fraises : depuis que nous avons pris le
tout, ([u’il se fallait arrêter U , faii'e des batteries sur le frioul , se retrancher et partager l’ile arec les ennemis. Pourquoi j’ai été toujours d'avis t{u'il fallait attaquer, cpie le fortin se ruinerait par les vaisseaux , comme il est arrivé; tpie le.s retranchements étant de pierre, notre canon les rendrait plus préjudiciables aux ennemis qu'utiles; tpie le fort de Monterej n’était que de boue et de crachat, que la palissade n’était que de méchants bouts de bois de tixjls pfetls de haut, qu’il n’y avait jioint de fnilse; qu’en un mot, avec un pétard ou un canon de six livres, on jetterait les murailles à terre, qui n’étaient point terrassées, si ce n’était un peu dansles iKislIons, qui n’ont pas quatre toises de face, le liane une toise et la courtine six toises. Tout ce que j’ai dit s’est trouvé véritable, et les ennemis nous ont abandonné ce fort comme insoutenable, sans que nous les ayons envoyés sommer. Depuis ce temps-là nous n’avons pas avancé un pas , et nous sommes amusés a nous fortiiier contre Sainte-Mai'guerite , comme si nous avions peur qu’ils nous vinssent attaquer, et à faire des batteries sur le frioul, sans songer que nous leur laissons deux portes ouvertes aux eoitemis , qui est Ragou et le Balignères, par où ils entreront tpiaiid ils voudront eu l'ile; et par Lxmstquent, qu’il est inutile de fermer avec beaucoup de soin trois portes quand on eu laisse deux ouvertes. On a pris excuse (pi’on ne pourrait aller sans que les batteries qu’on avait faites fussent garnies de canons, et qu’on eu eût pour mener. J'ai fait mettre cinq pièces de vingt-quatre en cha({ue batterie, et six sur des hauts aliùts pour aller à Ragon. Depuis, on a dit qu'on vuidait que les retranchements fussent assurés, et les batteries fortifiées , afin d'avoir une retraite assurée en cas d’un puissant secours. Quand cela a été fait, on a dit qu’on voulait faire une redoute assurée; elle est faite. On a alors dit qu’on n’avait pas assez de monde; ils ont fait une revue dont j’envoie l'extrait signé, à votre éminence, sans y comprendre les malades, ceux qui s’en sont allés depuis que nous sommes entrés dans l'ile, trois cents hommes des vaisseaux, qu’on y a renvoyés, et force volontaires qui se sont retirés.
Les raisons de M. de Castelan sont qu’il faut marcher à l'Espagnol , de travail en travail , et par ainsi aller sûrement à son but.
-UiQili/£a J„,
Les miennes sont que les ennemis étaient elTrayés, qu’ils avaient quitté le fort de Moiiterey sans que nous leur disions rien, qu’ils avaient brûlé tous les corpsHlc-j'arde qu’ils avaient dans l’ile, même jusqu’à leur fontaine qui est sous leurs bastions ; que nous étions assurés qu’ils étaient en grande discorde, parmi les Italiens et Espagnols; qu'ils n’étaient point plus de six ou sept cents hommes, dont il y en avait cent de blessés , ceiit de malades et cent dans Ragon , et par conséqueiil, cpi’ils ne pouvaient pas faire de corps pour venir à nous, d’autant que s’ils sortaient, des Italiens se venaient rendre à nous, comme avaient déjà làit plusieurs ; <pie s’ils les laissaient les plus forts dans la place, qu’ils craignaient qu'ils ne s’en rendissent maitres ; en un mot, qu’on ne devait rien appréhender d’eux. C’est pourquoi il fallait, sans toutes oes précautions , aller à Ragoii pour fermer la porte du secours ; car, en la prenant, on prenait Ralignères, et qu’on lem' ôtait la b.vttuc; et puis à loisir <pt'on ferait les batteries sur lefrioul, cl l’on ferait la circonvallation de Saiiite-.Marguerite, et lors, le secours ne pouvant entrer, qu'on demanderait des forces pour la forcer; que si nous laissions entrer du secoura et que nous nous retranchassions seidcment, que cela obligerait les ennemis de la secourir quand même ils ne le voudraient pas, et obligerait le roi à tenir toujours une puissante aimée par mer et par terre pour ce dessein. Toutes ces raisons n’ont pu faire jus(|u’à ce jour qu’on ait avancé d’un pas.
J'ai envoyé le sieur de Quesuel à M. de Vitry pour le prier de nous donner des plates, lesrjuelles , sous prétexte de ganler les côtes, il nous a ôtées, M: le conate de Garoes nous les faisant venir; il m'a tait une réponse de galimatias à kqniile j’ai répondu ce que votre éminence verra s’il lui plaît.
J’ai envoyé à M. le général des galères pour le prier de venii', et ai conjuré ceux de Marseille de l’assister, t« qu’ils ont Ciit , de dix mille éous , pour lesquels il ne veut amener que trois galères, comme voti’e éminence verra par sa lettre. J’ai envoyé trois mille cens pour faire venir les deux vôtres et celle de Fourbin. La dépense d’un mois ue monte qu’à cela, comme votre éminence verra par le mémoire que je lui
J‘ai envoyé aüAsi un courrier pour prier Argencourt de venir îci.
A tous CCS désordi'es trois mots de lettre remédieront :
Le premier, un commandement à Argencourt de venir, et à M. d'IIarrourt de le croire;
A M. de Vilry, de laisser MM. de Garces et de Lançon, avec autorité de faii'C fournir, par la Provence, ce qui ikhis est nécessaire sans qu'il s'en méJc ;
A M. le général, qt!*!! amené dix galères armées, selon Téiat que j’envoie à votre éminence,
Et a M. de Casielan , pour le convier d'avancer , parce que votre éminence a alVaire de lui ailleurs.
Kl quand elle témoignera au sieur \cart, qui est intime du sieur de Castclan , qu’elle s'étonne un f>eu de notre flegme, j*estlme que ce sem un petit coup d'espoir.
J'at ofl’ert trois choses : si on me voulait laisser dans les retranchemenu avec huit cents hommes, de les garder sur ma tête, et qu'ils iront avec le reste a Ragon. Sinon, s'ils me veulent donner quinze cenU hommes, que j’ofl’rais sur ma tête de Je prcndi'e en deux fois vingtquatre heures, ou bien, s'ils aimaient mieux se loger devant Saiiiie- Mai^uerite, jpie j’olFrais sur ma télé, en trois fois vingt-quatre heures, d'en faii'e la circonvallation , et par conséquent, qu'on prenait Ragon étant détaché de la place et de l’eau , et qu’on empêchait le secours et tVaii aux ennemis, la porte étant séparée du corps de la place tie trois cents pas.
Il reste à vous parler de vos vaisseaux - j’en ai fait raccommoder une partie; il en l'este quelques uns dont les mAts ont été coupés à coups de canon. J'avais envie de les envoyer radouber à Toulon, où j'ai laissé M. l^rcpieiix, mais je n'en dispose pas comme je veux. S’il vous plait, témoignez a M. d’Harcourt que, poui*vu que je laisse ici vingt-cinq vaisseaux, qu'il me laisse envoyer les uns api'ès les auti'es raccommoder; aiilmnciit, il arrivera qu'au sortir d'ici il nous faudra tout rentrer dans le port, nos équipages se déferont, et nous ne remettrons à la mer ni rcsaulre de Provence ni celle de Levant.
J'ai aussiavisquequinzegalions de Naples soutdans un port nommé
LETTRE DE M. DE SOURDIS. — AVRIL 1R.17. .lA.'i Manfrtdonia , à trois lieues de Naples, (pii altendeut que duu AutOiiio d'Oqucido se Tienne joindre à eux. Si vous aviez agréable, duiaiil (pie Ton nous croit ici fort occupés , que j’allasse à Arazzo avec les treize vaisseaux que vous m’avez commandé de vous mener et les six bnV lots, ayant mis ordre qui ne manque rieu ici , je me promets cpie votts en auriez du contentement , ayant deux hommes de delà cpii , de temps en temps, nous vieimcut dire îles nouvelles; mais si cela passe par plusieurs mains, je ne réponds de rien. Que, si vous agréez cette proposition , il faut un mot à M. d’Harcourt pour qu’il agrée que je fasse un tour de huit joui-s avec les vaisseaux destinés pour le ponant et les britlots.
11 faut aussi , s’il vous plait, songer à de la poudre et des boulets , car nous en sommes bien dépourvus.
Le parlement a fait des efforts extraordinaires; il a ordonné que toutes les communautés nous aideront de leur bourse (ils nous font espérer vingtiquatre mille livres), la chambre des comptes de douze; tout ce <pii sera reçu, le trésorier de la marine en faisant dépense comme venant de l’épargne. Les seuls proemreurs du pays ne font rien , et ne veulent pas payer les six mille franc» qu’ils doivent pour l’entretien de nos vaisseaux des mois passés.
Le roi félicite M. de Bordeaux sur la d(»centc des lies, et l'engage à en activer le siège.
A M. L'ARCHEvâqUE DE BORDEAUX.
D« Stinl-G«nnaiii-«o-La;e, le 8 «TriJ 1637
Mons. l'archevêque de Bordeaux , depuis mon autre lettre écrite , M. de Frémi<x>urt est arrivé , et j’ai appris par lui les particularités que j’attendais de votre descente dans file de Sainte-Marguerite , et de la prise de deux des principaux forts des ennemis, lesquelles m’ont fait voir comme elle a été judicieusement ordonnée, conduite vaillamment , I. 44
346 LIVRE U. — CWAP. IH.
Iieureasement exëcuu^ et chaudement poursuivie , dont v<h-itablement j’ai une très-parfaite satisfaction , et je ressens une joie indicible de l’heureux commencement de cette difficile et glorieuse entreprise. Je sais comme vous vous êtes trouvé à In descente en peisonnc, et avez fait paraître en toute In suite de cctie action toute la conduite et la passion possible, et je ne doute point que vous n’acheviez de la même sorte, et , Dieu aidant , avec un heureux succès. Je donne ordre de tout cvUè à Tons envover de l’argent et des poudres, et vous faire assister d’hommes et de vivres, et j’apprends que chacun est si bien disposé en Provence à vous aider à chasser les ennemis, que je m’assure que vous ne mau^érez de rien. Le priiicipid est de les presser chaudement et iiiccssanunent par de fortes batteries, et par tous les moyens que vous jugerez propres à cetellcl. Cependant je vous envoie le sieur d’Oynville, l’un de mes ordinaires, pour vous témoigner combien je sois content de vous et de ceux qui m’ont servi en cette occasion, et pour me rapporter de vos nouvelles, lestpiclles je me promets bonnet avec l’aide de Dieu, et je le prie de bon coeur qu’il vous tienne, mons. l’archevràue de Bordeaux , en sa sainte garde.
LÜLIS.
SuBLET.
M. le duc d’IIaluin envoie à M. de Uordeaux les troupes dont il peut disposer , pour aider à l’attaque des Iles.
LETTRE DE M. D’EALUIN
A H. L’ARCRRVâQVB t)B BORDP.ADX.
De Moolpcllier, le j avril
Moivsieub ,
Dès l'heure présente, j’envoie à Frontignan et Agdc pour vous faire trouver du vin. Vous aurez dans deux jours, si le vent est bon, deux raille setiers de blé , de sorte que c’est la plus grande part de ce que vous me demandez. Pour M. d’Argencourt , M. de Termes vous dira qu’il a cette fois mal de la gravelle , la cobque l’a encore repris
depuis trois jours et eut hier une Cèvre; il s’est levé lors<|ue je l'ai envoyé quérir, -et m’eU venu parler devant le garde de M. le comte d’Harcourt ; il est encore faible à cause de la fièvre qu’il a eue, mais il espère dans (juclques jours être sur pied et partir pour vous aller trouver. J’espère airssi , après la fête, donner un coup d'éperon jusque-là , et être avec vous trois ou quatre jours. Je vous envoie, outre cela , quatre compagnies de mon régiment; si je pouvais faire mieux, je le ferais, et croyez que s’il y avait d’autres forces dans cette Provence pour la garde que ce seul régiment, je vous l'enverrais tout; mais, par le dernier ordre, j’eus ordre de le tenir prêt pour le faire passer en Guienne, c’est pourquoi , sans ordre contraire, je ne l’ose envoyer en Provence, quoique je sois certain qu’il y joue bien son jeu et que vous en avez grande nécessité, selon que ledit garde m’a représenté. Je voudrais fort que vous tinssiez le fort de Ragou , car si les ennemis venaient dans peu de jours, selon le plan que j’ai vu des Iles, ils peuvent descendre là à la faveur de ce fort, et jeter dans Sainte-Mai^uerite des gens sulHsant pour vous réduire dans vos retranchements ; mais par les nofivelles que j’ai d'ici , je n’apprends pas qu’ils aient ni galères ni guère de vaisseaux en état de se mettre en mer. Enfin , monsieur, la chose a été si heureusement commencée ,. que j’espère que vous eu viendrez à bout. M. d’Harcourt est le v rai homme qu’il faut pour cela; il les pressera assurément tout autant que ses forces le pourront permettre. Je vous demande pardon de vous hiire une si longue lettre ; mais la joie de ce succès me touche si fort que je ne m’en puis taire ni quitter ce dessein que pour vous assurer que je suis.
Monsieur, ’ *
Votre très-humble et très-airectionné serviteur,
SCHOMSERG.
P, S, Si ^ Ironve la dîlFirulté qtne ]t crains h faire réitoudre les patrons h porter lanr kld aux Iles , par le hasard qu'ils croient qu'il 7 a à &ire, je ferai prendre las barqves charges, et voni les ferai mener per (urce arec des soldats i car il n'j a point de sûreté à cc« canailles de patrons.
M. (le Sabran continue de renseigner M. de Bordeaux stir la ]K>5ition politique et sur les projets des différents 'Etats d'Italie, ainsi que sur les plans de (^a^lpagnc des Espagnols.
A M. L’AaCHEVÉ()UB DE BORDEAUX.
Oc G^oe»» cc 9 atril 16S7-
Monsieur ,
Il y a (|uatre ou cinq jours (pie Je me suis donné l'honneur de répondre à la faveur de la vôtre du 31 de mars par celui que vous m’avez envoyé avec la l elalion de l’heureux succès du débarquement et prise des '^orts de Sainte-Marguerite à un près, dès le mois passé. A’ous ne sauriez assez croire de quelle réputation est cette action et de cpielle terreur est ici la manlèi'e dont chacun a combattu. Je vous envoie un piéton génois dont je me lie, alin ipi’il apprenne cette route, ou je donnei-ai cette lettre à un Français de Normandie qui servait par nécessité le gi-and-duc et conü’c son coeur, n’osant paraître chez soi pour ses dettes, et sur l’avis qu’il pourra être compris en la grUc*. Quand j’aurai écrit, je venai ce qui sera le plus sùr, et n’épargnerai pas la dépense d’un piéton puisque vous me l’ordonnez. Ainsi je vous donnai aiLssi avis le 2 de ce mois, par deux lettres données à des Français qui peut-être auront débaripié vers Toulon ou Marseille , (pie le duc Doria préparait quatre galèies, mais on en avait auparavant dépéché de Savone une, lacjuelle était pirtie siu- les alarmes ipie le prince de Monaco avait domi(''CS ; et hier est arrivée ici avec bruit (pi’elle a semé d’avoir mis dans l’ile de .Saint-Honorat de la poudre et de la mèche ipi’ils avaient mis sur unbrigantin du priiKX: de Monara; et ce, trois heures devant le jour, sans aucun péril, pai-(%cpie nulle de nos galères n’était en noti« armée. Ils ont dit ipi’ils n’ont pis voulu débarquer de soldats , parce que ceux de .Snint-llonorat ont dit (pi’ils n’en avaient pas besoin, et qu’on y eu avait envoyé de Monaco vingt-cinq des meilleurs, et cju’il n’y a maïupiemeiit que de bois, auquel on poiir-
voira par les galères de Doria. Il semble qu’il est malaisé qu'ils aient mis quelque chose à Saint-Honoral, où la galère dit avoir demeuré deux heures de soleil ; et ne crois pas qu’oii y eût refusé de soldats si on en y eût pu mettre , et en tous cas, comme je réponds, ils n’oiil pu mettre poudre, ni biscuit, ni hommes à Sainte-Marguerite, qui en a besoin le plus, et laquelle gagnée, Saint-Honorat ne peut tenir; et crois que tout ce qu’ils ont dit soit un artifice.
Il y a trois jours que cinq galères Doria, outre celle qui revient des Iles et une qui est à Savone, sont espalmées '. On a coutume de se servir à cet eO'et de barques qui se tiennent voisines. Un oITicier espagnol desdites galères voulut se servir d’une des miennes, et arrogamment l’a voulu contraindre en ce port ; ceux de la Iraivpic m’avertirent. Je mandai aussitôt que la barque tirôt sur ladite galère et sur ce brigantin s’il ne se désistait , et à deux vaisseaux d’Ulonne d’en fiiire autant , et en envoyai l’avis au palais, qui , pour éviter ce désordre, dépécha à cette galère de n’employer aucune banpie française , puisqu’il faisait enteiuirc que nous n’étions pas en temps de courtoisie entre Français et Espagnols. Cependant six sont espalmées et prêtes à partir, dès au soir, pour charger cinq cents Espagnols naturels que l’on attend de Milan. — L’on me vient de donner avis que la moitié s’en est foie vers Seravalle, et on assure qu’elles vont droit aux Iles, sur l’assuiance que nos galères n’y étant , elles ne sauraient être empêchées d’y débaivpicr l’infanterie et toutes choses nécessaires. Je vous puis assurer que l'on dit que les galères ne sont pas en état , et que cette seule créance donnera courage de tenter le secours , et diminue graiHlemciU l’opinion «le votre succès à l’avenir.
I.a galère de Spinola, cpii sim les avis de Monaco était allée vers Naples pour héler secours, est à Livourne; et Sabrait , par l’intelligence qu’il s'est procurée de nouveau avec une personne de la maison des ministres d'Espagne , a su que ledit Spinola mande que chez Naples on met en ordre soixante galères , et envoie ordre eu Sicile d'en faire autant , et «pie deux galères avaient été destinées pour Sardaigne ; mais que l'avis de
' Prclrs k mettre en mer.