‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 114 sur 171 · LETTRE DE M. D’HALITO. — ‘‘AVRIL 1G · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. D’HALITO. — ‘‘AVRIL 1G

Muis siir le point de rendre ce* dernières compagnies ébmplètes , j'ai été oblige de vous faire passer celles-ci , sans avoir eu le temps de les mettre en l'èlat quej'casse désiré; néanmoins, telles qu’elles sont, je vous les envoie. La seule chose qui vous doit faire agréer ce petit secours , c’est que je le fais par la pure*pas*ion que j’ai au service du roi', et sans ordre de lui. Je vous envoie cinq à six mille setiers de blé, qui est plus que vous ne me demanderez de beaucoup, et tout le vin qui s’est trouvé chargé, qui certes est en petite quantité; néanmoins il y eu a encore deux barques qui vous seront [Artées par ma compagnie, si elle ne se perd. Et la chose dont j’ai à vous supplier le plus passionnément est de faire payer le blé et le vin; car je leur ai donné ma parole et montré votre lettre. Je n’ai point voidii faire de prix avec les marchands et patrons, de peur de n’étre pas assez bon ménager de l'argent du roi; mais je vous dirai seulement, monsieur, <pie le blé ne coûte plus Ici tpie six livres dix sols, et le vin quarantedeux livres le muld. Vous considérerez , s'il vous plaît , là-dessus , monsieur, les frais et la valeur du blé. Je vous supplie donc trèshumblement de les vouloir faire satisfaire; si cela est, ce* marchands iront volontairement; et s'ils sont mal payés, tout fuira, et je n'aurai pas moyen de vous servir. Mais j'estime qu'il faudra , quand voiLs voudrez désormais des blés , rpi’ll vous plaise envoyer un homme avec argent et des banpies pour charger. Ainsi, du jour au lendemain , vous serez ass'isté. Autrement , je vous proteste que j’ai été contraint de faire ari'éter lotus les blés prêts à partir et de faire embarquer les patrons à coups de béton ; c'est pourtpioi , monsieur , je vous supplie encore une fois très-instamment de vouloir faire ponctuellement payer tout le blé cpie je vous envoie. Que si vous trouvez qu’il y ait trop de blé à proportion de ce que vous en demandâtes , vous pourrez renvoyer les dernières barques le vendre à Toulon et Marseille , et prentlie ganle qu’elles ne se coulent vers Gènes. Je n’ai point encore eu réponse des contrôles des certilicals que je vous ai envoyés pour justifier si, du blé sorti de Languedoc, il y en a passé audit Gènes. Je vous supplie, monsieur, que j’en aie un mot de réponse de vous; qu’il vous plaira favoriser pour sa subsistance ce petit

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corps du régiment de Languedoc , et me faire l’honneur de me croire.

Votre très-humble et très-alTectlonné serviteur ,

, d'Hsluin.

P. S. Je VOUA supplie Uve-humblement « écrivant à U c<rar, de vouloir rendre témoignage de la sorte que je vous ai dcriré servir en ce rencoutre. Au moins rem* bsrqucmcni ne coûte rien à 1a province ni au roi p et quoique les frais soient fort peu considérables, si c'eût été quelque chose de plus , je les eusse faits d'aussi bon ccrur.

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