‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 116 sur 171 · MAI 1G · texte numérisé non relu

MAI 1G

[)e|M»is la reprise des îles jusqu’à la fin du mois d'août, >il ne SC passa qu’un fait maritime considérable, à savoir, la descente que les Espagnols tentèrenten vain à Saint-Tropez, car ils fiirenl vigoureusement repoussés, et l’armée navale resta dans le levant.

Malheureusement les divisions et les rivalités qui avaient eu l’année précédente de si funestes résultats, .se réveillèrent avec plus de force que jamais, entre MM. d’Harcourt , de Vitry et de Bordeaux. Les deux premiers se liguèrent contre le prélat, et entravèrent à tel point son autorité qu’il demanda formellement au roi de quitter son service et de revenir en France. Mais, sur la nouvelle que les Espagnols devaient effectuer une descente sur les côtes du Languedoc , le roi ordonna à M. de Bordeaux de garder le commandement de sa Hotte, et engagea M. d'Harcourt à demeurer dans les limites de ses fonctions, sans rien |)rétemlre sur celles de M. de Bordeaux.

Instruit de l’heureuse attaque des îles, le roi nomma M. le chevalier Guitaud gouverneur de ces possessions.

A M. C'ARCUEVÉQUE DE BORDEAUX.

Mons. l’archevêque de Bordeaux , comme il semble que Je me doive promettre l'assistance de Dieu, après qu’il a favorisé, comme il a fait , votre descente dans mon île de Sainte-Marguerite, et que vous avez conduit l’entreprise au point qu’elle est, voyant, par les avis qui viennent de ce pays-là, que l’on avait réduit les ennemis dans le circuit du dernier fort de ladite lie, et que l’on avait conunencé de le battre si puissanunent dès le 27 du mois passé, qu'il y avait apparenre que vous les obligeriez bien à se rendre, j’ai estimé nécessaiie de penseià une personne capable de conunauder dans ces Iles lorsqu’elles seront

:m LIVRE II. — CHAP. IV.

l'éduitcs en mou oWissance , et j’al jeU^ les yeux pour cet elFel sur le sieur chevalier de Guitaud ; dêsii-anl qn'après qu’il aura plu à Dieu donner ce succès à votre entreprise, mon cousin le comte d’Harcourt établisse ledit chevalier de Guitaud , tant en ladite île de Sainte-Mar- {^ucrite qu’en celle de Saint-IIonorat, pour y commanchtr sans dépendre d’autre (|ue de moi , et ce en attendant fjue je lui envoie les commissions nécessaires pour s’y établir comme il seia convenable; mon intention étant que rpii que ce soit, que vous et mon cousin le comte d'Harcourt, n’ait connaissance de cette résolution jusqiiesà ce que vous ayez entièrement chassé les ennemis desdites lies. En m’assinant que vous satisferez à ce qui est en cela de ma volonté , je prie Dieu vous avoir, mons. l’archevêque de Rordeaux, en sa sainte garde.

f'crii à Versailles, le 6 mai 1637.

LOUIS

SUBLKT.

Le gouverneur espagnol de l’île Sainte-Marguerite ayant demande une trêve, elle lui fut accordée aux conditions suivantes:

Page 1