‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 117 sur 171 · THÈVE ACCORDÉE AU GOUVERNEUR DE SAINTE-MARGUERITE · texte numérisé non relu

THÈVE ACCORDÉE AU GOUVERNEUR DE SAINTE-MARGUERITE

ARTICI.es accordés pour I,A TBÈVR au gouverneur du fort RÉAL

DK SAINTE-MARGUERITE.

Premièrement.

Lailitc trêve seia observée ponctuellement de part et d’autre depuis cejoui'd’hiii , 6 de mai, jusques au mardi 12 du même nmrs, à cinq heui'es après midi , pendant letpid temps on n’avancera aucun travail du cüU* de la mer et ne sera réparé aucune bi-èchc de la part des a.ssiégés; et ce faisant, chacun demeurera en l’état où il se trouve à présent; et pour cet eilét deux ofliciers de l’armée visiteront tous les jours les brèches de la place dedans et dehors, et pareillement deux «les assiégés visiteront tous les jours les batteries , afin qu’il ne se puisse rien innover.

TRÈ^■E. — MAI 1G;17. 30n

Il sera permis «lux assié^^és d’enet^'e/' deux hommes où ils voudront, et pour cet elFct leur Sera doniu^ une felouque, sans que la reddition puisse être retardée par leur i-eloiu- ou |ïar les nouvelles (ju’ils apporteront.

Pendant qu’il y aura de l’eau dans la place , il ne sera pas permis aux assiégés d’en prendre plus d’un bocal de celle du puits pour les malades et, blessés, et lorsque celle de la place manquent, les assiégés en pourront venir boire à la fontaine qui est sous leurs retranchements, sans qu’ils en puissent emporter; et pour cet elfct les assiégeants tienili'ont un ebrps-de-garde à ladite fontaine avec un capitaine pour cinpéclier qu’il ne s’y fasse de désoixlre , et que l’on en :ibusc au prt'judicc du présent traité.

Pour sûreté de l’exécution des précédents articles, il sera donné fieux otages de la part des assiégés; savoir, deux capitaines, l’un espagnol, l’autre ..italien , lesquels demeureront en l’armw.

Si pendant la trêve il arrive quelque secours pour les assiégés, ils ne pourront le favoriser en quelque façon que ce .soit, ni tirer sur les vaisseaux, galères, barques ou felouques, encore qu’elles soient proches du fort, ni moins sur les soldats de l’armée de terre , si ce n’est en cas qu’ils voulussent aller dans Icui's contrescar|)Cs ou que ceux de la mer voulussent de.scendre h terre. ,

La place ne pourra être tenue pour secourue s’il n’y entre mille hommes avec leursSivres et munitions de guerre pour un’ mois.

Si le secours n’est arrivé dedans la place dans le 1 2 de ce mois , à ciiiq heures après midi , les assiégés seront obligés d’en sortii- et de la rcraettre entre les mains du i-oi, encore que lé sèct^ùrs fût en présence, conformément à la capitulation faite cejourd’hui. ‘

Arreté au camp devant le fort Sainte-Marguerite, le 6 mai 1C37.

M. de Noyers donne les instruetions de M. le cardinal de Richelieu à .M. de Bordeaux , au sujet de la garnison des îles.

LETTRE DE M. UE NOYERS A M. l'archevë<;i'B dp. bordeaux.

Mo.XSIE'JR',

iNou.'i (lilFérions de jour à autre le renvoi de ce coiurler dans l'alteiitc du succès de l'attaque du fort de Sainte-Marguerite ; mais comme il est fâcheux à des personuc.s attachées à une entreprise de si haute importance, périlleuse et difficile coininc celle-là, de rester si longtemps sans avoir des nouvelles de la cour , .son éminence le vous renvoie |Kiur vous assurer de la haute estime en latpielle cette action met tou.s ceux tpti en ont la coiuhillc et <pii en pressent l’exécution. Il VOU.S sera d'autant plus aisé de le croire <jue vous en voyc* la cau.se, et le mérite de bien prier. Dieu, par sa bonté, me(tt-.in chef les travaux et donnera à vas soins le résultat «pie toute la France en espère; apres «pioi son émittciux; a fait trouver bon au roi ce qui a été propasé au sujet du chevalier de Guitaiid, dont je donne avis à M. de Vilry et à MM. de (7ourcellcs et de Chainpigny, par les lettres y joitUes, que vous ne leur rendiez qu’apiès «pie raclioii sera faite. J’ai toujom's oublié à vous lemercier «le l'avis «pi’il vous a plu me doniiei' «le ce «pie mandait par-delà le sccrélaii-e de M. le maiéchal de Vitry, vous assurant, monsieur , «|ue le jour piécAlcnt voti-e avis, un «le mes commis l’avait querellé pour ne vouloir sortir du bureau où mes gens travaillaient, sur «piehpie pjireil soupçon, et «lepuis je vous assure «ju’il ne regarde ma poi'tc «pie pour me ilonner mes dépêches.

Je n’ai pas omis de i-emercier de la part du roi M. le duc d’Ilaluiii des assistances «pi’il donne à l’armée navale, et l’ai «xmvié pir les plus pressants motifs «pii touchent les gens de «aieur à les continuer. Son «'minence l’a fait puissaiiiiiiciit , et en mon particulier je lui ai dit tout ce qui se jiouvait sur ce sujet. J’ai redoublé les oivlres à M.M. de Sailli

LETTRE DE M. DE ^OYERS. — MAI 1637

cl de Vitry de vous envoyer des lionimes et du «ecoui's ; oe ({u'il nous ont promis de faire de toute leur puissance.

Ainsi il ne me reste qn'à prier Dieu pour votre heureux succès, cl qu’il vous plaira me croire ,

Monsieur ,

Votre très-htimblc et très-aflèclionnë serviteur ,

, De Noyers.

De Chtranoe, ce ç) mai 16^74 *

Maigre la trêve qu’orr leur avait accordée, les ile,s, obligées de se rendre, capitulèrent. Ix>s ])iêccs suivantes donnent tous les détails de ce fait important, et de son exécution immétiiate.

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