‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 120 sur 171 · ATTAQUE DE SAINT-HONOBAT · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE SAINT-HONOBAT

La capitulation dn fort de Sainte-Marguerite étant exécutée, durant qu’on préparait de» bateaux potu- emporter la garnison et les éxiuipagesqui en sortirent , l'on en amassait aussi pour faire la descente de Saint-Honorat ; de sorte ipie comme la garnison de Sainte-Marguerite s’en allait d’un côté , les vaisseaux et les galères qui étaient disjajscs aux dilférente» gardes -pour emjiôclicr le secours de Sa'tpte-Marguerilc , se réunirent tous dans le frioul pour y faite deux attaques, savoir : l'amiral avec sept ou huit vaisseaux et douze galêies du côté de ponant, les sieurs <le Manty et Poincy avec leurs escadres ilu côté de levant. I.ies choses disposée» de la sorte, on envoya sommer celui qui commandait dans Saint-Honorat, nommé don Jean Tamayo, vers lequel le commandeur de Giiitaud fut eitvoyé pour lui dire <pie s’il voulait accepter la composition deSainte-Margiierite,on la lui ollrait, pourvu qu’il voulût s’en aller avec eux et toute sa garnison, et que s’il retaixlait tant soit peu , et permettait que l’armée descendit dans soti Ile , il n’y avait plus de quartier pour lui.

Ledit gouverneur de &iint-Honorat envoya un capitaine de la (piinison pour dire qu’il ne pouvait en façon du motide traiter, qu'il n’eût ordre des gouverneurs qui lui commandaient, ou jtour le moins qu’il eût quelque» nouvelles d'un des conseillers d’état d'Espagne dcmeuiani , à Gènes.

Sa demande ne lui pouvant être accordée , le commandement fut envoyé aux vaisseaux de tirer, ce ipi’ils tirent avec tant de joie et de diligence, qu'incontinent ils eurent démonté les canons qui étaient sur le.»

. coins de ponant et levant, et abattu les |xirapets, qui voyaient en ruine une partie d’icelles , de telle sorte qu’ils eussent été bientôt raz pied raz teri-e, sans que la nuit, <jui lit discontinuer leurs Iratteries, «mpécLa aussi de faire la descente au jour, le 13 de mai.

Les vaisseaux étant demeurés à leurs postes pour continuer leur Ira-

tail commencé ilc bon matin , furent néanmoins surpris la pointe >1)1 jour ^ar les c.anoniuides rpii leur furent envoyée* du fort, auxquelles étant ré[)OtKlu comme aiix.jours précé<lenl8. Lue partie ded’armée embaivjtiée en' de petits bateaux, et quantité t|e'matérip|ix pour les loge' inenis qu'on asait préparés durant la trêve, on marcha di-oil aux eimeinis api^ les avoir encore mvoyé aomroer p^'le commandeur de fiiiilaud de se rendre ou de leur déclarer qu’il iiYanira point dq quartier pour eux, awpiel le gouverneur répondit (pi’il s'<»timaif bien lieurcnx de mourir suj- le -bord de la brèche avec ses compagnons , et qu’il attendait Parméc en jp-andc dévotion.

Cette ré|tonsc , apportée siir les huit heures de ce jour , on donna dotic en huit corps, savoir : Vaillac , Cornusson, La Tour, les Iles, ^ ilry , Saint- André, Roussillon , Castrevieille-leis-G.alères, et ce qui t^ait ici du régiment de Languedoc en un corps de noble,sse <le cent i-int[uantc commandé jur le tntirquis de .lansoii , sans compter plusieurs volontaires qui s’étaient mis dans des diil'ércnts corps. Cette attaque fut faite avec telle chaleur par les huit corps à la pointe de ponant, qu’ils titrent plus tôtdescendus que les ennemis n’eurent pensé à y faire lésislancc; de sorte que tout ce qu’il* purent faire , ce fut de gagner leurs contrescarpes, la fumée des canons et mousqueladcs obscurcissant l’air de sorte quél’lle ne paraissait presque pas.

.‘Vaillac et lé sieur de Cornusson , à la tête de ce qui donnait de leurs régiments , firtWV plutôt le métier de sergent que de mestrode-camp , SC âHsIrent de ht tour en liattcric tle ponant avec tous les retranche- . ments qui y étaient , et allèjent former leur bataillon à la portée du pistolet de la place.

Le l'égiment de La Tour , commandé par le sieur de Sailly, le sieur île Corbeil ne l'ayant pu faire à cause d'un coup de canon qu'il reçut au pied a l’attatpic Saintc-Margnerile, et le sieur Dallard, exempt des gardes-du- emps du roi, ainsi que les capitaines et le sergent-major dudit régimeitt, se logèrent avec grande diligence dans les rctr.incheincnts qu’avaient faits les ennemis cuire Iciu- place et le IrionI , si avantageusement que la place en recevait des grandes incommodités; ils y perdirent le sieur d’Aubigny , lieutenant de la compaguic mestie-

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