LETTRE DE M. DE IS0\TJIS. — MAI
tlf^peiue des îles , mais comme noos n’avons pu tirer de fonds poulies recrues des régiments qui y ont si bien servi , l’on a estimé qu’il valait mieux vous demeurer yedevable de cette somme que de laisser en péril ce qui nou/a -tant'coùlé II reprendre , et faire repasser l’armée navale sans forces convenables pour la défendre si elle était attaquée , à quoi' il faut obvier de tout notre pouvoir. Son éminence vous en mande ses sentiments si particulièrement qu’il n’y à rien à ajouter ; vous obligerez donc M. le chevalier de Clermont-Vereillac à faire en toute diligence sa recrue, afin de fortifier son corps et de le faire repasser dans les vaisseaux, si ainsi vous estimez qu’il se puisse faire et que ce corps aoit propre à l’elTet awpiel on le destine ; sinon, pour ne point perdre de temps, il faudra choisir cpiclque corps qui soit et plus prêt et plus propre à cela; mais surtout, monsieur, son éminence vous conjure de premlre soin du rétablissement des Iles, et que vous instruisiez bien particulièrement M. Lequeux de ce qui sera à làirc quand vous en serez parti, en sorte que la victoire ne nous échappe des mains.
Vous ne sauriez croire combien d’honneur et de louange chacun vous donne à tous, et à vous particulièrement, de qui les soins sont connus à tout le monde. '*
1^ roi commandera M. de Frémicourt de se rendre près de lui : je vous prie de le Ciire partir aussitôt la présente reçue et de "me croire'. Monsieur,
Votre très-humble et très-allèctionné serviteur.
A Rucl. e* ^ m»
Db Notbm.
Le roi donne les instructions les plus détaillées à M. de Bordeaux sur la manière dont il entend que les lies soient fortifiées , et lui recommande la plus grande surveillance , dans la crainte que les Espagnols ne fassent quelque tentative sur le littoral de Provence.
LETTRE DU ROI j
KM. L'aBCRSTÊQIIB de mOEiL’X.
« De Vcruille», le 37 m.ii 1637.
Mous, l’archetéque de Bordeaux, ce que je xeux principalement faire par celle lettre est de >ous témoigner la parfaite satisfaction que J'ai des .services signalés que vous m’avez rendus en la reprise de mes lies SaintC'Marguerite et de Saint-Honoré de Lérins , l'eoonnaissant bien par tous les avis que j’ai eus et par les rapports qui m’ont été faits de la sorte que ce glorieux succès a été obtenu par mes armes, que voUe vigueur, générosité, prudence et aH'cclion, qui ont paru extrêmes en toute celle occasion, vous y ont donné très-grande part , et je vous assure qu’il ne s’oIFrira jamais de sujets de vous en reconnaître dignement que je ne le fasse de tout mon cœur.
Cepeixlant , comme je vois que vos soins sont nécessaires pour alfei-rnir celte victoire, et pour metlie les choses en état auxdites îles et eu la côte de Provence, que si le dépit qu’auront les Espgnols d'avoir reçu celte honte les portait à quelque entreprise dé ce côlé-là , elle ne leur puisse réussir , je désire qu’avant de partir de Provence vous fassiez renvictuaillcr et munir les îles de Sainte-ôlarguerite et Saint- Honoré de tout ce qui sera nécessaire pour leur défense; que vous voyiez établir en la pi'emière le sieur clievalier de Guitaud pour y commander , et avec lui six compagnies du régiment des Iles-, et en celle de Saint-Honoré, le lieutenant-colonel du regiment des galères, ou en son absence le premier capitaine avec quatre ou cinq compagnies de ce régiment, les faisant toutes rendre complètes de cent hommes chacune , et prenant pour cet elfet les soldats des compagnies testantes des mêmes corps, avec ordre aux capitaines et officiers de ces compagnies réformées de les remettre sur pied. Et en cas que par ce moyen il n’y eût une garnison suffisante pour la garde de ces îles, je trouve bon que l’on retienne des compagnies des autres régiments qui sont à présent dans lesdites îles au nombre qui sera nécessaire. Sur quoi je fais
•luui aavnir me» intention) k mon oowiii k comte H’Hai-com't , aBn qu’il lasse cet établissement avant que de partir pour me teiiie trouver, suivant l'ordre que je lui en.ai <b)iiné.
Avec cek, j'estime li propos défaire démolh- en diligence font ce qn'll y a de tbrtilk dans lesdites ilea, excepté , en celle de Sainte-Marguerite, le Fort-Royal et celui de Ragon ponr garder le frioul ; et en célle de Saint-Honorat , la tour et le fsrt qui la défend , en faisant réparer ce qui aura été miné on qui défsudra à ces places; mats je remets à vous aviser avec ceux qui sont pur delà , qui ont connaissance particntière de ce fait iks Iles et des fortifications-; ce qui sera pour le mieiix*et de le feire promptement exécuter.
Quant aux canons cpe vous écrivex être demeurés dans le frioul, du vaisseau des ennemis qui a été brillé , vous les ferez retirer , et me ferez savoir ee que vous en aurez trouvé , afin que sur cela je vous en mande mon intention , comme aussi pour ceux qui ont été pris sur les ennemis dans le» iles. ; ~ . ~
Afin qu'il ne vous manque rien pour faire travailler en tonte diligence au renvictuaillemeiit et au radoubde tous les vaisseaux de mon armée navale , je vous fais envoyer un fonds de deux cent vingt-deux milk huit cents livres pour remplacer ce qni a été diverti du fonds des dépenses de cette armée pour celle de la reprise des Iles , et ep même temps vingt-cinq milk deux cents livres ponr les revues des i-égiroents des galères, de ceux de Clerreont-Venillac et de Saint-André, désirant que lorsque vous partirez de Provence , vous fassiez embarquer avec vous celai de ces deux régiments qni se trouvera en meilleur état , et que vous rameniez ks chefs et ofiieiers du régiment des lies, ponr refeire leur» compagnies dans le Poiton et le pays d’Aunis , de quoi je kur ferai aussi donner moyen. J’ajouterai que j’ai fait donner à La Tour et à Vaillac k fonds de leurs revues, et à raison, comme pour Ions ces régiments, de trois cents livres pour compagnie. J’ai aussi donné ordre pour vous foire tenir par delà cinquante mille livres pour employer aux munitiona et réparations desdites Iles de Sainte-Marguerite et Saint- Honoré , sur le sujet desquelles vous établirez un si bon ordre avec le sieur Le({ueux, que vous laissez par delà pour y servir, qu’en partant
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voiu puissiez être assuré que tout ce qui sera nécessaire sera ponctuellement eOectué.
• Après avoir pourvu à ces choses , vous laisserez en la eôte de Provence une escadre de huit vaisseaux qui seront nommés dans le mémoire ci-joint , sous la conduite du sieur de Manty , chargeant ledit sieur Lequeux de prendre soin de leur subsistance ; et ferez savoir audit sieur de Manty que mon intention est qu’il les joigne aux galères, toutefois que l'occstsion se pi'éseiitera d’entreprendre quelque chose conjointement, et que lorsqu’ils y seront joints, ils obéissent au sieur Dupont de Courlay, général de mes galères ; s'employant les uns et les autres principalement à conserver et défendre le ïrioul qui est entre lewlites Iles , où ils feront leur séjour plus ordinaire , et gar'der les autres iles et toute la côte de Provence, comme encore à assurer k liberté du commeree dans les mers du Levant à mes sujets et à ceux de mes amis et alliés , et à faire k guerre aux ennemis et aux pirates , entreprenant pour cet effet les desseins dont ik verront être capables.
Et pour le surplus des vaisseaux de mon armée navale , voirs les reconduirez dans mes mers de portant, apportant k vigilance et le bon ordre nécessaires pour les ramener tous à bon port j et lorsque vous serez en l’ile de Ré, vous apprendrez mes volontés de ce que vous aurez à faire.
En cas que dans votre voyage vous rencontriez les ennemis en mer, et que vous jugiez les pouvoir'combattrc avec avantage , je UxiuTe bon et désire que vous le fassiez, et même que vous fassiez brûler lems vaisseaux , s’il y a lieu de l’entreprendre avec apparence de bon succès; le tout suivant les piepositions que voirs en avez faites; vous assurant que les services que vous continuerez de me rendre en madite armée me seront en toute k bonne considération qu'ils sauraient mériter. Et sur ce je prne Dieu vous avoir, mous, l’archevêque de Bordeaux, en sa sainto et digne garde.
LOUIS
SUBLET