‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 126 sur 171 · MAI 1C · texte numérisé non relu

MAI 1C

M. le cardinal de Richelieu donne à M. de Bordeaux les instructions les plus étendues sur les opérations navales de Provence.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RlCIIEUEi;

A M. I.’AnCHKVKQUE DE BORDEAUX, SUR LA PRISE DE L'ILK SAISTE-HARGUERITE.

Mossieur ,

De Ruel, ia ^ oiai

Je ne vous saurais dire le contcnlement que je ressens de la repri.se des des.

Vous verrez par la dépêche du roi ce que vous aurez à faire ; à quoi Je m’assure que vous travaillerez avec tout le soin et la diligence pos- .vlhle.

M. de Manty demeure en Provence avec huit vaisseaux de guerre pour joindre aux galères lorsque les occasions se présenteront de faire quelque chose conjointcinent , auquel cas ledit sieur de Manty oliéira à mon neveu. Je vous envoie le nom desdits vaisseaux.

Le chevalier de Guitauil demeurera dans Sainte-Marguerite , et quelqu’un des meilleurs capitaines du régiment des galères dans Saint- Honorat, avec quatre ou cinq compagnies dudit régiment eu gai'nison dans la place.

Vous laisserez avec Icillt sieur de Guitaud, dans Sainte-Marguerite , six compagnies du régiment des Iles, lesipiellcs vous remplirez de soldats des autres compagnies dudit régiment dont vous ramènerez les ofliciers avec voùs pour rcfaii-e leurs dites compagnies en Aunis, selon les ordres qu’ils en recevront, et si ladite garnison de Sainte-Marguerite n’est pas assez jfortc, vous y ajouterez quelques compagnies de La Tour et de Vaillac.

On estime de de>à qu’il ne faut garder en Sainte-Marguerite <pie le grand fort raccommodé , et celui de Ragon poui- étie maître du frioul , et dans Saint-Honorat, la tour et le fort. Tout est remis au jugement que vous ferez de delà avec gens à ce connaissant.

:m . LIVRE II. — ClIAP. IV.

Le sieur Leqiieux demeurera aux îles, tant pour les faire munir et réparer cpie pour faire sul)sister les huit vaisseaux qu’on laisse sous la charge de M. de Maiity. On envoie pour lesdites munitions et réparatioiis.dcs ilcs cinquante mille francs, que vous rccommandei'ez audit sieur Lequeux d’emplover si utilement, etde faire avec lui, devant que de prtir pour vous en revenir, un si bon état de toutes choses, qu’on puisse par après avoir l’esprit à repos.

Je vous envoie un ordre de M. de la Melleiaic pour prendre cent milliers de poudre du sieur Luguet à Marseille , lequel en doit la fouriiiture de pareille quantité pour 1037, outre les cent milliers qu’il a fournis pour 1030.

Quant à des boulets, c’est à vous d’en chercher pour de l’argent.

On satisfait à ce que vous désire?, pour les vaisseaux , selon que vous verrez par la lettre de M. de Noyers et ce que vous en écrit l’alné des Sourdis.

Nous sommes d’avis que vous fassiez remettre le régiment de Clermont-Versillac <pti le demande, et que vous l’embarquiez avec vous. Pour cet effet, vous lui ferez donner l’argent de sa recrue sur les fonds «ju’on vous envoie.

J’accorde au sieur d'Espenan les cuirs et les lins qtte vous me mandez s'étre trouvés dans la tour Saint-Honorat , cpie les Espagnols avaient pris sur les Français, et trouve aussi fort bon fpie vous instituiez aux habitants de Marseille la barque et les marchandises que lesdits Elspagnols avaient pris sur eux , ainsi que vous me l’écrivez.

Je vous prie de voir soigneusement ce qui sc peut faim pour les droits de ma charge, tant en Provence qu’en Languedoc, oii j’ai su qu’il se commet de grands abus, et y établir un si bon ordre à l’avenir qu’on ne puisse plus m’en frustmr ainsi qu’on a fait par le passé. Le sieur Luguet vous en dira cpiel({uc chose.

Si , en revenant, vous pouvez faire tpielque chose pour r’avoir nos esclaves de Tunis et d’.Mger , vous le pouvez faire ; et j'estime , ainsi que vous l’avez écrit plusieurs fois, <pie le meilleur moyen pour cela est d’essayer de leur faim peur et de pmndm autant de leurs vaisseaux qu’on pourra, après quoi on viendra à mstitution départ et d’autre.

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