‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 163 sur 171 · LETTRE DE M. L’ARCH. DE BORD. — DÉC. 1C37. 53T · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. L’ARCH. DE BORD. — DÉC. 1C37. 53T

février et recevoir un raois api*ès, de sorte que les ti-oupcs parti-* raient, Icsfpelles étant payées par subsistance, il faut toujours leur avancer de quinze en quinze jours , comme j’ai fait à mes dépens jusqu a cette heure, et puis je nie suis remboursé sur le pays quand les deniers ont été échus.

|ja troisième cliose est pour vous dire rexti'ême brigue <|uc font les créanciers des communautés dont M. de Sanson est le principal , pour faire casser ou révoquer les arrêts (pi’on a donnés en faveur des communautés, ce fpti serait grandement préjutliciable au sei*vice du roi cl avantage du corps de la province.

A ces trois inconvénients , on vous pix>pose trois moyens.

Le premier, de ne pointsouIlVir cette élection dont on craint 1 issue, à cause de l'humeur des personnes et des brigues qui se sont faites |vour rétablir, (pii semblent renouveler les anciennes cendres.

Le second, demander en diligence aux procuivîurs du ]xiys, soil à ceux-ci, si vous en continucîz l’élection, soil aux aiilies, nommés dans un arrêt dont nous vous envoyons brouillon , sans délai, d’imposer la somme portée par votitî dernière oixlonnan(« , pour être disU'ibuéc selon l’étal, sxms s’arrêter à assemblée ni autre funiic, attendu la nécessité urgente.

Le troisième moyen est d’écrire aux gouverneurs cpi’ils ne souirrenl pas à l’avenir tant d’assemblées qui se font de créanciers, de peur que la midtiludc souvent n’éehaulTàt les esprits, qui le sont assez naturellement en ce pays ; et k la chambre des communauté*s de diligenter l’expédition de ces affaires le plus (ju’ils pourront.

Les principales raisons de ces moyens proposés sont la connaissance qu’on a des esprits rpii sont élus, Ics(|uels étant chauds et. intéressés graiKlemcnt dans l’affaire des communautés impuissantes, et étant unis et d'alliance et d'amitié avec tous ceux <jui ont entière-* ment fait les grands l'emuements, on craint qu’ils ne produisent (picl* (pies mauvais elfcts. . '

Pour cv^(pii est de l’imposition, on estime que l’assemblée proposf^*, et (pi’on affecte di^irer pour l’imposition de la subsistance des troupes, est grandemait préjudiciable, tant parce cpie les pixxnireurs du pays

538 • • ■ LIVKE II. — CHAT. V.

• otaiil comnuindcs d’imposer seuls ce cpie le roi ordonne , ils craignent de répondre en leur propre et privé nom s’ils y manquent, ce que ne craint pas une assemblée de certains consuls qu’on ne connaît pas, et qui retournent prendre le manche de leur charrue quand ils ont quitté leur- chaperon, Icscfuels ne craignent pas l’autorité, mais celle d’un gouverneur qui leur envoie des troupes ou leur donne du bAton , de sorte que le gouverneur y fera toujours faire ce qui lui plaira et non le roi, et le contraire ai« procureurs du pays, lesquels, étant choisis parle roi , sont en elict des élus ipii imposeront toujours ce qui leur sera oixlonné.

Et poiu- les communautés impuissantes, elles paient tous les ans seize cent mille francs d’intérét à leurs créanciers, lesquels étant payés en fonds, les commupautes n’en sont pas plus pauvres; mais les terres changeant srmiement de mains les communautés se trouveront quittes, et par conséquent en état de payer an roi , s’il en a besoin , les mêmes seize cent mille francs qu’ils paient maintenant aux créanciers avec ce qu’ils donnent au roi présentement.

Ce sont les raisons qui nous ont fait vous envoyer en diligence ce courrier, afin qu’il vous plaise nous envoyer promptement vos volontés, dont le retardement serait grandement préjudiciable, et pour empêcher que vous ne soyez piévenu par cet ordinaire.

Je vous dirai aussi que j’estime que cette armée de Naples est accouchée de neuf vaisseaux, que trois des nôtres ont rencontrés, cpii allaient vers Cadix , lesquels n’ont osé attaquer nos trois vaisseaux.

Je vous dirai aussi que dans la prise faite par le chevalier de Chastellux, il se rencontre trois principaux qui gouvernent la douane d’Alger, et plus de trente du divan, si bien qu’ils fout espérer merveilles. J’ai renvoyé six vaisseaux , lesquels de là s’en iront le long de la côte d'Espagne et de là en France, pour surprendre peut-être les ennemis, rjui ne croiront pas qu’il y ait des vaisseaux ; j’aurai outre cela douze vaisseaux qui battront tout cet hiver cette mer ici.

Tous ces ordres établis, je me rendrai en Avignon cqs fêtes de Noël , avec M. de Champigny, et peut-être M. le premier présidetit , afin de conférer de tout avec M. le comte d’Aletz , auquel je parlerai

Page 1