LETTRE DE M. L’ARQ!. DE BORD. — DÉC. 1G
comme je ferai quand je serai auprès de vous, eide là je poursuivrai mon chemin vers Paris. C’est pourquoi il serait bien nécessaire que ce courrier se rendit en ce même temps-là , afin que nous fassions tous les établissements avant que nous séparer; ce qui étonnera un peu les troupes si elles me voient partir sans cela , n’ayant pas encore pris créance à M. le comte d’Aletz.
A M. L'ASCUEVËqUE DE SOEDEAUX.
Mons. I’archevc‘que de Bordeaux , je n’ai pu appiendre sans beaucoup d'«U>iinemcnt que les coiuulaircs de ma ville d’Aix , après vous avoir donné parole de nommer aux charges des nouveaux consuls des. persuiiiies reconnues alleclioniiées à mon service, en aient élu d’autres à <|ui il y a tant à dire , comme vous le martpiez par vos dépêches. Et je vous assure que je n’aurais pas différé un moment de casser leur élection, et de séparer la proenration du pays du consulat d’Aix, suivant ce que vous m’avez proposé, si je n’eusse considéré que, leur ayant tout fraichement , et sur le point du départ de mon consin le comte d’Aletz d’auprès de moi , fait la grAce de les rétablir dans le pouvoir de choisir leurs consuls, pour lui donner d’autant plus de crédit dans la province, il pourrait arriver nn effet tout contraire si, avant même qu’il s’y fût rendu, je changeais ce qui a été Ciit , en l’envoyant à sa charge; si bien <pie j’ai résolu de lui mander, comme je fais par ce courrier, qu’il ait à ordonner d’abord à ces nouveaux procureurs du pays, sur peine de désobéissance, d’imposer la subsistance de mes troiipes suivant mon état du ‘24 octobre , trois jours après l’ordre qu'il leur en donnera, sans attendre l’assemblée des communautés, laquelle j’ai fait remettre à l’arrivée demondit cousin, en cas qu’elle toit jugée nécessaire , et ensuite qu’il reconnaisse bien certainement avec vous et mes autres serviteurs qui aont par de-là, quelle est l’humeur de ces gens-là , et ce que je dois faire pour le mieux pour empêcher qu’eux ni leurs successeurs ne puissent produire des effets de leur mauvaise
volonté au préjudice de mon service, pour, sur le tout, ayant en vos avis communs, y poiu-voir ainsi qu’il sera plus à propos C’est ce que Je vous dirai par celte dépêche, priant Dieu vous avoir, mous, l'arclievéque de Bordeaux, en sa sainte et digne gai-de.
LOUIS
SUBLET
De Saînt.Germiin.en-Lije , ts a; décembre iSS^.
LETTRE DE M. DE NOYERS
K II. L'AKCnEVê.QUB DE BOEDEAUX.
Monsibcb,
Ayant fait entendre au ixii et à son éminence le contenu en votre , dernière dépêche, sur le sujet de la création des consuls d’Aix et des prociueurs du pays, sa majesté en a d'abord été bien étonnée, croyant que le pi-emier qui a été nommé fût entièrement son serviteur; néanmoins, lui ayant représenté comliicu ilssesontmal comportés en la première démarche de leur magistrature, refusant l’imposition delà subsi.staiice des troupes, sa majesté est tombée dans vos sentiments, et a pris résolution, non de les casser, mais de séparer le consulat d’Aix d'avec la procuration du pays, après toutefois que nous en auionseu l’avis de M, le comte d’Aletz, auquel j'en écris par ce courrier, cl suis bien aise que vous vous trouviez encore ensemble quand ce conseil se prendra , afin (pie vous instruisiez mondil sieur le comte d’Aletz des véritables sentiments de tout ce qui se passe par-delà, et lui aidiez à prendre les lionnes et salutaires lésolutions , tant sui- ce sujet que tout autre tpii * concerne le bien du service du roi et le repos de la province : cette consultation lui vaudra mieux que celle des plus fameux avocats,^n palais.
Pour ce (ptl est des esclaves d’Alger, son éminence vous écrit ipi’elle remet à vous à eu oixlonner ainsi (jue vous aviserez pour le mieux , à condition toutefois de faire la paix et de restituer tous les esclaves chrétiens, prenant vos précautions nécessaires contre l'inGdélité de ces gens-là. Personne ne le saurait si bien faire que vous. Aussi ne vous eu