‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 27 sur 171 · A M. L'ARCBBVÈQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT L'ARMÉE NAVALE DE LEVANT · texte numérisé non relu

A M. L'ARCBBVÈQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT L'ARMÉE NAVALE DE LEVANT

De Paris, ce août t6)6.

> Monsieur, je ne vous saurais représenter l'affliction que j’ai de ce que vous n’avez pas trouvé , en arrivant en Provence, tontes choses prêtes comme ceiuc qui en avaient pris le soin m’en avaient donné assurance. Je vous prie de faire l'impossible pour y remédier et réparer ces manipements : n’y plaignez aucune chose, et ne craignez point en ce faisant de chotjiier qui que ce puisse être; ce que vous éviterez né.mmoins autant que vous pourrez , en tant tpe cela pourrait préjudicier au service du roi. Dans l’occasion présente, il est impossible de vous donner d'auti'es instructions que celles cpii vous ont été envoyées, ensuite de quoi on vous laisse la liberté d’agir et d'entreprendre à l’avantage des aflTaircs de S. M. ce que vous estimerez plus à propos. Je suis trèscontent de la façon avec laquelle votre Hotte a été conduite en Levant sans division , et avec la satisfaction de tous ceux qui y sont. Je vous

LETTRE Di: CARDINAL DE RICHELIEU. — AOUT 1G3G. 7.3 conjure de continuer à v}\tc comme vous avez fait. La dépêche de M; de Noyers vide la difficulté qui peut cire entre M. le maréchal de Vitry et M. le comte d’Ilarcourt pour le commandement des troupes , ce (pii m’empéchcra de vous en rien mander par celle-ci. J’écris à mon dit sieur le maréchal de Vitry pour le convier à vous en donner le pim (jrand nombre (pi’il lui sera possible , cl de vous favoriser en outre en tout ce qui dépendra de lui pour vous donner moyen d’exécuter les ordres du roi , ce que je ne doute point <pi’il ne fasse volontiers. A’oil.à tout (?e (jue je vous puis dire par cette lettre, que je Gnis par l’assurance (pie je vous donne d’être toujours autant cpe vous le pouvez désirer, Monsieur ,

Votre très-alTectionné (ximme frère à vous rendre service ,

Le Cardinal de Richeuec.

Dans cette autre lettre^ M. le cardinal annonce .à M. de Sourdis qu’il a réprimande' sévirelnent M. du Pont de Courlay.

LE'TTRE DU CARDINAL UE RIGIELIEU

4 M. L'ARCÜEVÊQtE DE BORDE.4UX , TOL’CHANT M. DV PONT DE COtRLAY,

Dt Ruel , ce afi aoAl i6^6-

Monsieur , je ne raurais vous dire l’aflliction ipie j’ai de la mauvaise (xniduite de M. du Pont. Vous ven-ez ce (pie je lui ai écrit et à messieurs les (apitaincs des galères. Je vous prie de contribuer ce que vous pourrez pour réparer son mauvais procéder, et empêcher (pic pareils désordres h l’avenir ne troublent le service du roi : ma douleur m’empVhe de vous en dire davantage. Assurez-vous (pe je serai li jamais , Monsieur ,

Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service ,

Le Cardinal de Richelieu.

Dans la dépêche suivante, le roi lui-même exhorte les différents chefs de l’année à vivre en bonne intelligence , et dé<dde

de la préséance de M. le comte d'ilarcourt sur M. le maréchal

de Vitry.

K M. L'AHCHEVivQI’E DF. BOFDEAl'X, TÉMOIGNANT LA JOIE DU PASSAGE DE SON AKMÉE NAS'ALE DU PONANT EN LEVANT. — L'ORDRE POUR LE COM- MANDEMENT ENTRE M. I.E COMTE D'ilARCOURT ET M. DE VITRY.

D« CbRDiillj, le 97 août ifî36>

Monsieur l'archevêque de Bordeaux , j'ai eu beaucoup de satisfaction d'apprendre comme mon armée navale est heureusement passée en mer du Levant , et je vous sai.s tout le gi'é que vous méritez de ce que vous y avez contribué par votre bonne conduite; mais je ne puis sans beaucoup de déplaisir voir que le temps qui devrait à pix^scnt être utilement employé , sans perdre un seul moment , se passe en des longueurs et dilTicullés, lesquelles il semble que par bonne intelligence entre ceux à qui j'ai conDé ledit commandement l'on pouvait empêcher. Cependant, pour remédier de mon côté en diligence aiixdits iiiconvéïiients, je vous renvoie le courrier que vous m'avez dépêché soudain après son arrivée , et je mande à mon cousin le maréchal de Vitry de donner pour mon armée navale tous les gens de guerre, toute l'assistance dont elle aura besoin pour agir utilement.

Outie cela , aCn d'ôter tous sujets de dilféninds pour le commandement, je mande .à mou cousin le comte d'ilarcourt et à mon dit cousin le maréchal de Viliy, <jue j’entends (pie lorsijue ma dite armée fera (juehpie descente ou attatpie dans mes île.s de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat , ou aillcui's en mer dans les côtes d'Italie , mon cousin le comte d'Harrourt ait le commandement sur tout ce cpii sera employé ; et ai c’est en terre ferme, dans le voisinage de Provence, comme à Mourgucs , mon dit cousin le maréchal de 4'itry œmmandc à tout ce <pii sci-a mis à terre pour exécuter l'entreprise.

Je ne puis rien ajouter aux instructions (jue je vous ai fait donner il voti-e départ , si ce n’est que, rencontiant (piel(pie occasion avantageuse , je trouve bon et di^slre (pie vous en pixiGticz , selon qu’il sera jugé devoir être fait pour le mieux , par l'avis de ceux (pii seront

OigitK-ed-fey-Cào^le

appel<!s au conseil , mou intention étant qu’en toutes les choses sur lesquelles vous n’aurez point mes commandements exprès, qu’on exécute ponctuellement tout ce qui sera résolu par les avis de mon dit cousin le comte d’Harcourt} par ceux de mon dit cousin le maréchal de Vitry, tandis que ma dite année sera en mes côtes de Provence , ou occupée à ladite entreprise de Mourgues ; du sieur du Pont de Courlay , général de mes galères , et du sieur évéqiic de Nantes avec les vôtres, ensemble de tous eaux que l’on jugera à propos d'un commun consentement d’appeler audit conseil. > 'i

Quant aux Tufes que vous avez pris dans votre passage en Levant , j’estime que s’il les faut mettre sur les galères , il n’est pas à propos que ce soit en deux galères seulement , parce qu’ils les pourraient enlever } mais qu’il faut les disposer en plusieurs , selon qu’il sera avis|l avec ledit sieur général des galères.

11 ne me reste rien à ajouter à cette dépêche si ce n’est pour vous recommander , comme je fais bien expressément , d'apporter tout ce que je puis attendre de vos soins et de votre prutlencc , pour empêcher que par jalousie et mauvais oixire une si belle armée que celle où vous êtes , et qui a été étpiipée avec tant de soins et de dépenses , ne demeure * pas inutile et infructueuse, sachant bien que si les choses s'y passent avec union et ordre de la part des chefs, j’en recevrai les elfcts avantageux à la réputation et au bien de mes aflaires ; et m’assurant que vous y contribuerez de bon cœur tout ce qui dépendra de vous , je prie Dieu vous avoir , monseignéur l’archevêque de Bordeaux , en sa sainte garde. b LOUIS.

" SttlLET.

Toujours afin d’éviter les contestations qu’il redoutait et qui eurent de si funestes résultats, M. le cardinal de Richelieu avait encore envoyé un pouvoir signé du roi à M. l'archevêque de Bordeaux pour lui donner le pas sur M. le comte d'Harcourt, et mettre fin aux difficultés, recommandant toutefois à ce prélat de ne montrer ce pouvoir qu’à la dernière extrémité.

rt!

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHEUEL

A M. L'AHCHEv£v>'’B de BORDEAL'.X, TOtCllAXT LE PASiAGE DE L’ AIMÉE ^AVALE DU LEVANT AU PONANT.

De CbirODiH) , le 97 eaftt i636.

Monsieur, je vous envoie le pouvoir qui vous Cêi nécessaire au cas qu’il arrivât incunvcnicul de la personne de M. le comte d’Harcourt, ce qui ne sera pas, avec Tnide de Dieu. Je vous conjure de ne le montrer à personne <ju’au cas que vous en ayez besoin. Je sais que vous aurez bien de la peine a en user ainsi , mais il le faut faire cependant, suflisant d’avoir les choses qu’on dt^irc s;nis en faire ostentation. Je vous envoie aussi rcxpétlilion pour raide-<le-camp. Je vous remercie des papiers (pic vous m’avez envoyés. Espérant tout bien de voUiî voyage , je prie Dieu qu’il vous comble de bcncdictioua et vous de croire que je suis, Monsiciu',

Votre Irès-alléctionué comme frère à vous rendre service.

Le Cardinal OB Ricrzliev.

P. S. Je TOU* prie d’envoyer un Je* vôtre» ve« MM. De Biron cl De Miossens pour leur dire de ma part que cVst une honte de quoi iU battent la campagne, el qu’ils se hôlenl , iinon tous leur ponvea mander que ai le roi n’esl pea aatis&it d’eux , qu'fls ne s’cQ prennent pas i ceux qui leur ont procuré lèa emplois qn’il a plu i S. M. leur donner.

Dan-s cette autre lettre, le cardinal de Richelieu recommande de nouveau à M. de Sourdis de s’occuper le plus activement possible du .secours destiné à M. le duc de Parme.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

A M. L’aECHSS'ÊQUE de EOEDBAOX, TÎMiaiAIlT LE SECOUES DE PARME.

if* V ÏTOrlàini, le apaoôt iGSff.

Monsieur, je vous envoie une lettre qaed^ reçue du sieur de Caen, sur le st^etde iaqnelle je serais bien aise de voir vos sentiment*, parti-

Digiteod>s. (' ^

Page 1