‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 29 sur 171 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

K.WOYE PAR I.E SIKl'R DE SAIRAN AUX DUC, COLLÈGE ET CONSEIL DE LA RÉPUBLIQUE DE GÊNES, LE 20 JUILLET 1636.

SÉRÉNissiNES Seigneurs,

Il semble, depuis vingt-cinq jours en çà i|ue j’ai paru devant vous .avec onlres et lettres du roi, et des assurances toujours égales de son .iH'ection envers votre république et de «persévérance à vouloir arrêter le cours du trouble du repos publie , en portant scs armes chez les agresseurs, pour, les tenant assez occupés , divertir les leurs des persécutions qu’ont éprouvées vos voisins, <pe les violentes instancesde ceux que leur passion fait passer pardessus le respect -et la considérai ion de l’intérêt public, de cette seigneurie, n’ayant pu rencontrer, dans les collèges et * fiajiiuioe de brûloU.

DISCOmS DE M. DE SABRAN. — AOUT 1030. o'i

dans les conseils, une dernière l'èsolulion pour les porter à une action qui iloive iieccssaircracnl déplaire au roi cl à toute la Fr.tma:, si voisine, VV . SS. S.S. ayant voulu couvrir le refusdu passage de (Quelques recrues que le roi envoie '^ux régiments que S. M. entretient dans Plaisance pour le service de duc de Parme, et de cinq ou six éents Fraudais qui sont à et attendent depuis tant de jours à la Iroiitière

du Montièrrat vos ordres par expt'dieiit moins déclaré en apparence, mais>pihs sedÿiUe^cn elFet, et moins usité, comme je vous ai déjà fait entendre par mon secrétaire et par écrit.

Je erus avec raison ipie ceux qui avaient, par trois moyens, essayé de vous portera une manifeste opposition, sans considération dcspitril- Icuses l’onséipicnces qui en peuvent suivre, n'ayant pu parvenir à leur fin, VV. SS. SS. ne voulant prescrire l’ordre du passage par leur Etal, elles le souH'riraient, avec toute la discrétion et lespcct dont peut user la soldate.s<(ue en {ussant chez scs amis, et après en avoir été demandé la liceme au nom du roi; et |x>ur ce, jeflscntendie au cliancelicr de votre républH|ue, par mon seciétaire, tjue le passage des gens de guerre étant une cliose qui ne souffre jamais des irrésolutions, je prenais le silenro pour le coiisontcment en une chose qui ne se pouvait refuser à des amis, et que je lui donnais avis, pour le faire savoir à VV. SS. SS., que je les ferais passer à cinquafite ou soixante à la fuis , et les armes accommialées en la meilleure forme possible, pour ne s’en servir point dans votre Etat. Il sc voulut donner loisii- de vous le communiquer, et ré]M)udit enfin que vous me saviez gré des expédients et de ce que je rapportais de ma part pour les faire pa.sser sans bruit et .sans incommodité, ayant fait pourvoir îles leudes par mer et |jar terie des provisions dans les lidlellcrics.

Mais depuis les lieîles^et entie auttes celui de Outry, m.ritie de la poste, qui s’étàit détonner toutes choses néce.ssaires en

|xtyant, comme il fit Tannée pat^^l, a déclaré que vous lui avez fait iléfense de donnt^hpcunc provision sans votre ordre , que je vous ai dematidé il y » ^|ong-tMips ; (pte quand mon secrétaire vous en a fait ma plainte, et de.^nUe. t^il. jy^vait sur votre Etat de mallraiter les soldats , et à f>mj^lpicr rii*i)m^‘tat ils partiraient du (jiiarlier.

(xnumc s’ils veiialeutà votre insu , vous lui avez bien t^moi^çrx^ (pie s’ils ‘ recevaient ({uclqiie mal sui’ vos États, vous U\cheriez d’y- pro<î<kler par jtistice, mais non pas <pie vous vouliez erajiécher (pi’ils se portent à quekpie désordre, ni les assurer dans vos États même.

Je viens donc vous dire encoi-e une fois, ce que je vous ai dit et fait représenter par trois , que je vous demande leur j^issagc en la manière qu’il- vous plaira , pourvu (pie ce soit avec sûreté ; et si voas continuez à vouloir que nous nous persuadions (pie près de Campe (pâ&^licu au milieu de l’État de votre république, d’où la meilleure partie est -à elle, et l’autre à des particuliers, vos sujets, (pioiipi’ils relèvent d’ailleurs en ce fief) lesdites troupes trouveront de l’opposition contre toute apparence (pi’un petit lieu démembré, enclavé dans vos États, doive s’émouvoir au pi*éjudice de voti'e autorité , vous aurez agiéable (pie où sera le péril, les soldats reprennent leui-s arm(», que pour votre respect ils portent sur les mulets , pour s’en servir, afin (pe le roi ne croie point (jue la dcHense (pic vous auriez faite au contraire , et l'ordre de {lasser à petites troupes, eussent été industrieux pour faciliter la défaite de ces troupes sans rc^istance, vous assurant (pi’elles passeront en telle manière et si faibles cpie vous voudrez, moyennant la sûreté (pi’uii prince doit maintenir d’une frontière de son État à l'aiitie. Et parce (pi’au-delà de la frontière nous lie doutons point de rencontrer (quelques embûches des ennemis, vous auits agréable que si nous passons à troupes faibles pour maixpie de toute complaisance, pendant (pie nos ennemis passent non seulement à millier, mais en corps d’armée, il soit permis aux premières troupes d’y attendre les dernières, si mieux vous ne permettiez qu’elles jiassent en gros, ou en tel nombre <pie‘]xissanl consécutivement le meme nombre de dix en dix heui-es, ou comme il vous plaira, dans un même joi^ ou deux, ils se puissent ralliei' pour passer en état de défeu^. Outre ce (pii a été défendu à rhûlc d’Outry, le capitaine de Ibïpidlo a d^eiulu le débarcpiement , s’il ii’cst accompagné de votre Ikxnioe, comme si on rié l’avait pas reclierehé, et si votre chancelier n’avait pas fait connaître (pie l’on devait passer, sans en presser le consentement que l*On ne demanda point

l’année passée.

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