‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 36 sur 171 · A M. I/ARCHKVÊQUE , TOUCHANT L’ARMÉE -NAVALE · texte numérisé non relu

A M. I/ARCHKVÊQUE , TOUCHANT L’ARMÉE -NAVALE

Sur l’avis que M. le comte d’Harcourt et M. l’archevêque de Bordeaux désirent avoir de son altesse de ce que l’armée navale peut faire en la mer Méditerranée,

Ap rès le rapport fait par M. Lequeux qu’elle n’est composée que de cinquante vaisseaux ronds et douze galères', que quant à présent elle ne peut mettre en terre que deux mille hommes de guerre, et qu’elle peut nourrir Icsdits deux mille hommes duiNtiit deux mois ou environ,

Son altesse croit qu’il eût été à propos de résoudra le dessein avant que s’avancer des lieux où l’on pouvait plus apparemment descendre que Mourgues et Finale, l’approche de cette armée donnant jalousie à ces places et pensée aux ennemis de les munir, comme ils ont fait depuis sept ou huit jours.

Son ahessedit, en outre, qu’il faut considérer la force des ennemis, dont l’on dit l’armée être composée de quarante-cinq galères, savoir : six de l’escadre d’Elspagnc, quatorze de Gènes, tant rafles du roi d’Espague qtic des ports de la républicpie, six de Sicile, quatoi-ze de Naples et cinq du duc de Florençe. Pour des vaisseaux ronds, qu’il ne croit pas qu’ils en puissent^oir plus de vingt-cinq ou trente assez mauvais , et qu'en toute cettë année il y ait plus de quatre on cinq mille hommes , Vf savoir : deux mille Espagnols naturels et deux mille Napolitains; qu’il y a deux desseins à faire :

Le premier, aller en mer chercher les ennemis, l’aulra faire quehpje descente en terre.

Quant au premier, il est à considérer que si une bonara ’ attrape l’ai'méc de sa majesté, si le<| galères des ennemis ne donneront point de peine à nos vaisseaux. ’s-

Catnir plat.

Il e»l encore uëccssali'e de voir que notre armée n'ayant point de retraite plus proche que Villefraiiche, savoir , si les galères sont chai-gèes de mauvais temps , si elles se pourront retirer en sûreté sans courre fortune de se peixlre, M. de Sabran ayant écrit que ceux de Gènes ont refusé leur port.

La deuxième considération, s'il ne serait point à propos, allant en mer chercher les ennemis , de laisser les galères en Provence ou bien à Villefranche, pour empêcher le rafraichissemeut des lies et le passage d'Espagne en Italie.

Si on veut (lesceiKlra en terre que pour Mourgues, son altesse croit qu’il faut six oii sept mille hommes; l'assiéger, des munitions de guerre et de l'argent à pl^poi'tioii, et quelques troupes dans quehpe temps ponr rafraîchir l’arntée, si le siège durait long-temps. Letpiel siège, néanmoins, son altesse croit ne pouvoir durer plus de vingt-cinq à trente jotii-s, s'il <èil bien attaqué et s’il a été bien l'econnu.

Qu'il y a à considérer que les Espagnols peuvent venir au secours de Mourgues par mer ou par terre : par mer, qu’on sait les forces des ennemis ; par teiTe, cela dépend si ceux de Gènes donneront passage aux Espagnols, ce dont on ne doute pas. Néanmoins, le secours par terre est extrêmement difficile; car après avoir bondé la place de Mourgues par terre, il faudra se saisir de Menton ; ce qui se pourra facilement faire, par le moyen duquel poste et de la difficulté des chemins, ce secours ve- ‘nant par terre peut être facilement rompu, en sorte qu’il y a peu à craindre de ce côté-là.

11 est à remarquer qu’il faut observer si les ennemis ne travaillent pointa Montgent, qui est un poste avantageux pour le siège de Mourgues, et qui rendrait le siège de cette place très-difficile.

Pour le dessein de Finale, il est aassi grande entreprise pour être la place aussi bonne et de pins facile secours par le Milanais. On a à considérer en ce dernier que Finale n'cstqn'unc plage où l'armée ne peut subsister si elle ne se saisit du port de Vaie, qui est à ceux de Gènes, avec lesquels il faut par ce moyen entrer en guerre. Son altesse croit qu’ils donneront assez de mécontentement à sa majesté, parce qu’assurément dans peu de jours ils ouvriront leurs ports aux Espagnols, quoiqu’ils

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