ET AVIS DE CE QUE PEUT ESTREPEENDRE CELLE DC ROI
Il est assuié que tou» les esprits sont si aigris au royaume de Naples que la révolte y est presque formée, et le sieur de Matalloiuie en est le chef; et l'on cijpit ijue la seule coiupanuioii de notre armée produirait de grands elfets ; et pour ce, j'envoie par ce mémoire l'état de leur armée navale, de tout ce que j'ai découvert de toutes parts et, qui m'a été en partie vérifié par le capitaine Laramée, petardier, que j’ai envoyé cil Prov^lbc, par-devers vous, et qui s'oirre pour l'exécution.
I.a résolution avait été prise à Naples de mettre en mer trenteqiLitrc vaisseaux; savoir .: quinze holUiidnis, six de Massabiano et Bartolosso, huit du roi d'Espagne, trois de Gentilc, gentilliomme génois, et deux antres parlioullors ; quinze polacres, quatre mille trois caits iàntassiiLs et trois cents chevaux. 11 n'a encore paru que vingt- , deux vaisseaux et quel<(ues polaoi-cs, la pliu grande partie d' icelles s’étant perdue, et leurs chevaux aussi, par la tempête, eu la plage romaùie; mais l'iiifaiilerie peut bien être de qualro mille hommes, qui onj été long-temps en Vay : rtv ty tile , seize ou dix-huit galères; ctde toute ladite infanterie il n’y a ^(''trois compagnies espagnoles, le reste étant milice ou du bataillon de Naples; et on attend d'autres galères d'Espagne qui apportent de l'argent , et l'on craint fort pour elles.
A lWn>.Longonc il y a quantité d’hommes qui travaillent oitlinaireroeiit aux fortifications , cl ont f^ de très-grands fossés ; les murailles ■sont hors d'cscaladc , cl pour les empêcher de ne sortir de la forteresse il faut prendre Capo-Lihero, qui çll sur la montagne, où l'on peut faite une place imprenable; il y aÂtux pétards à faire jouer, et faut ilébartjucr du cété du mitli pour k saisir de ladite place. L’on croit que
ÉTAT DE L’ARMÉE NAVALE ESPAGNOLE. i-J7 les vaiMCaux qui (‘laieut «ii iVay tout allés là; je dépéclierai demain à Livourne, aucoiwul, uue penonnuaflidée pour faire reconnaltie le tout.
Pour Baya , qui est à huit milles de Naples , le dëbarqucmeut pour se saisir de la forteresse et de la dcmi-luue qu'il y a à la marine est un peu ëloigué. Le port est lion , mais il u’y peut pas demeurer une armée navale. Il y a trois pétards à faire jouer qui sont faciles, et les muraillcssont hors d'escalade. Possollo' est voisin. Là, l’on peut fortifier et faire uue bonne place : on peut débarquer d'abord sans eraindre la forteresse de Baya.
Assiégeant Naples , ou peut lui couper l'eau cpii vient du côté du levant, et se fortifiant, tenir leurs lierlics et la farine, qui y entient tous les jours du château à la mer, et les mettre à la faim.
Capoue est à quinze milles de Naples; on a fortifié de nouveaux bas-, lions , et bien qiril y passe uue rivière, si est-il facile de s'en saisir.
Sarragousse * se peut prendre facilement et s’isoler dans vingtquatre heures, bien ipi'ellc ait de bons bastions, mais^s ne sont pas munis d’artillerie, particidièrement du côté des Capucins, où il faudrait débarquer deux mille hommes ou quebpie peu moins. Il y a trois pétards à fiiie jouer en trois portes : une ipii s’ouvre et les deux autres qui n'ouvrent point étant terre-plane; le port est fort bon pôm- l’armée navale tant de galères que vais.veaux, et c’est un lieu bien pourvu de vivres; et l'on a toujours tenu cette place prenable comme chose moins prévue.
A dix-huit millesde là il y a un port appelé l'Agouste' , qui est iW'sbon pour vaisseaux et galères : il y a trois furleresses à l’entrée dudit port qui le défendent; il faudraitÿ^inr s’en rendre maître metiM en terre du côté de grec * , où il y a deux pétards à jouer. Ledit chtlteau est dégarni d’artillerie et de tôliUls ; du côté des Capucins , il des bastions et plates-formés qui sont commencés dès long-lempsr-mais • «
' Pou»»ot^ tout «iiprcs de imné- rentrée cet par lo' N. et iS* k/ à
dUlrment eo dedant de la po«a(e da N.-O. TE. de Paria.
de U baie. • Jgntia, rille et port de Sicile à l*E. dr
* Sj racuse , ville aar U c6te E. de Sieile , l*tle, a«i S. de Cataoe. ao IS. da cap Panaro. La pointe du N. de « Uu eétédu N.-£., appelé Grtcn dao* la
Méditerranée.
liH
UVRE I. — CIIAV. U.
non ruiiliiiuë»; et on y peut faire une bonne place, et de là battre la première forteresse en entrant dans le port de l’Agouste , qui eat la latilenie.
On cm|X)rlcra d'aboni Trapano Il faut donner le pétard du côté de , rAnnonciade, où II y a une forteresse de quarante-six palmes de hau- ■’ leur; le fossé ircnipéclie point de donner l’escalade, et la forteresse et la ville se peuvent isoler en quinze jours. Du c<5té des Capucins, il y a une tour ipii est dans l’eau ipii a une coulevrine au-dessus, de trente livres de Isdles , la livre n’étant qtie de douze onces; il n’y a que dix on douze soldats dedans, et quelques autres pièces de canon , mais c'esl peu de chose. La ville a des Ivastions à l’cinbouchure du port qui comniandent siu- la mer, oit il ÿ a des canons de batterie d’où l’on peut .^battre ladite tour, et le port est Ires-bon pour une année navale.
La tour du cap de-Passaro ’ est à quarante milles tie Sarragousse; les vaisseaux peuvent donner fond dehors et dnians le port en un bon teinp. Il est découvert et ils peuvent scpcr • ipund ils voudront. ’
Il y a encore Catane*, en .Sicile, .à quarante- milles de Sarragousse, ville glande d’où il sortira toujours dix mille bommes. Le capitaine l.ai'aniée, que vous avez, s’oll’rira à l’exécution de ces entreprises.
A Finale, terre d’Espagne , au milieu de cette répiiblitpic, sur la marine , petite place de cinij ou six milles de juridiction , d’où le cbAteau est un peu éloigne vers la montagne. On a rois garnison; l’occupation de ce cliàlcaii serait un peu malaisée, mais non pas celle du bourg , qui se pourrait retrancher et avoir un poste en ce lieu, près de Vav, -saii.s raisonnable plainte de la république.
Ou peut savoir aussi l’état où eâ^lOan ’, ville fermée de murailles , du prince Doria, qui est fort beau lien, où il y a plus de cent Français de ceux que le prince Ooria débaucha poq^ÿlAMl^r le duc de Parme qui le ruine: Ceanpidats sont destinés aux Iles dt VaSpe-Marguerite; mais ils
• ' Trapaaot *ur I» cote et à U pointe plœS.-E- de U Sicile.
de rO. delà SicAe dju» U MiNlitcrranik» en * 5er^^fer, virer sur ami ancre pour In lever,
dedans de la petite île de l..ereiuo, li TO. de * Ctutafgru'a, ville Mlie au pied du inoo>
Palcrmr et au N. de Mazala. La baie de Tr»« Etu. .
pano e«t défendno par Ica ilei Leveoso» Fa- * ville à a briiesf daa»leS.-0 dr
vog^nagr et IdaivGno. Finale. .
ÉTAT DE L'ARMÉE NAVALE ESPAGNOLE. Pii) ü'eiifuieiit, craignant d’y être punis sans miséricorde : si on leur donnait parole de n’étre châtiés en Provence, ils s’y en iraient tous, et puisqu’ils sont là et peuvent nuire, peut-être serait-il à propos de leur faire dire qu’ib aillent en Provence servir, et ils seront reçus. Si les vaisseaux et galères ennemis s’arrêtent, comme ils ont coutume, en Vay, qui est un grand port ouvert fait par la nature, ou plutôt une plage assurée, notre armée pourrait bien donner dessus avec grand avantage, partant de nuit et ne soulTrant que personne passe par mer ni en teire de quelques jours de Provence ; et parce que ceux des îles pourraient avertir, il serait peut-être à propos d’envoyer dans le port de Villefraiiclie quelques galères qui puissent empêcher la communication, pendant le même temps, des Iles à Monaco. • »
Ce que l’on pourra prendre en attaquant les ennemis dans Vay sera la forteresse. Le remède peut-être serait de faire dire à la république que comme elle m’a donné des doutes que nos soldats eussent passé terreà-terre pour la crainte des galères d'Espagne , ainsi elle ne doit pas avoir désagréable que nous combattions nos ennemis où nous les trouverons, sans aucun dessein d’oITenaer ni tiéplaire à la réptiblique, moyennant que la forteresse demeure neutre et l’accès libre aux uns comme aux autres dans leurs ports : ce qui ne se devra éventer que lorsque l’armée sera en présence, envoyant ici en meme temps, plutôt par civilité que pour attendre les réponses; car les résolutions y sont longues.
Je crains fort que le beau-frère du capitaine Laramée, s’il est allé en Provence, n’ait pas trouvé les vaisseaux en Vay qui en partirent environ le même temps, et ensuite n’ait pu parler aux pilotes et patrons français qui t’y trouvent, lesquels je reçus hier particulier ordre (lu roi d’employer tous moyens de retenir, avec pouvoir d’olfrir les mêmes emplois et payes^
Les galères qui étai^ten Vay sont allées en Provenue; le porteur pourra découvrir si elles sa sont point arrêtées à Monaco; elles sont ilix-huit: deux vinrent ü y h quatre jours charger des grenades en cette ^ ville. Il semble qu’elles se hasardent fort d’aller aux Iles , et que comme leur défaite serait plus inqpertante que la prise des Iles, l'entreprise y serait plus faisable, lesdift^ga^pes y étant que si elles n’y étaient pas.
XIVRE I. — CHAP. II.
On croit que les vaisseaux ont tiré vers Porto-Lonf^ne , oit iU craignent et se fortifient ; noos en serons avertis par les ordres cpie j’y ai donnés.
Je n'attends point de résolution sur l'assurance des ports et passages qui soit certaine qu’à la vue d'une puissance, lacpiclle on recevra toujours plus volontiers amie qu’autrement, encore ipie j’aie fait entendre aux trois sénateurs <pii furent députés pour délibérer avec moi de la forme du passage de huit cents hommes <pie j'ai fait passer par cet Ëtat, que le roi m'avait commandé de leur dire clairement, quoique je l'eusse insinué plus doucement à mon arrivée ici , <jue sa majesté étant plus amie, plus voisine, plus alTectionnée envers cette république, entendait d'avoir la même liberté et pratitpie des ports et passages d’yccUc que les Espagnols. 11 est à considérer que les conseils cheminent exüémcraent bien pour le bien et repos de cette république, conservant la bahnicc la plus droite qu'ils peuvent j mais les places ducales et des collèges sont remplies de personnes si intéi-essées et passionnées pour ri'ispvgne, qui vont gaueliissant les bonnes intentions pour ne lui déplaire, mais enlin ne pourront conclure sans eux , et l'on verra, par la relation de ce que je Iis pénétrer dans les conseils il y a dix jours par écrit (après avoir demandé audience , laquelle on me dill'érait pour y laire prendre résolution avant que je fusse entendu), que j'ai rapporli- (ximme les derniers remèdes pour les faire penser à eux et appuyer les intentions de ceux qni aiment la liberté et neutralité , la chose fut levée dans les conseils, et le passage des gens de guerre incontinent résolu.
J’ai oublié de dire que les trois sénateurs qui ont été députés pour convenir avec moi de ce passage me dirent que l'on me priait à l'avenir de n'explicpicr point, pour un consentement, leur silence; je leur dis qu'en cei-tains cas les longueurs et, irrésolutions ne pouvant être supportées sans ruine , et ne pouvant dmiter de leur bonne intention envers le roi en des choses justes, je ne pouvais plus favorablement expliquer leur silence que pour un consentement et une tolérance de ce que je désirais; que, s'ils voulaient, je l'cxpliqnerais en un refus, ce «pi'ilsmr prièrent de ne pas faite. Je conclus tpie,' selon la coutume et pour
ÉTAT DK L’AUMÉE iVAVALE ESPAGNOLE. liO npliquer loujuiirs le* choses plus favorablenicnl, je pi emlrais le silence pour eonsenlcmciit , alin «jiie <]uaii(l ils ne le soudi-aient pa.s ainsi, ils s'en fissent entendre comme il leur plairait.
Depuis l'arrivée de l'armée navale l'on a tenu force ronscils, hfitc le* alVdts de canon , qu’on va porter par Ions les lieux éminents de la vdlc , fait y désigtier trente ou quarante capitaines, soit pour la rivière, soit pour la ville.
L’on est ici averti ponctuellement de ce qui se fait en Provence ; deux piétons sont arrivés .à cette seigneurie en deux jours; outre, les marchands de Marseille, Toulon et Cannes écrivent à Nice, .à Monaco ; la praticpie de ce dernier lien et de Alenton étant bien suspecte, l’on peut ès extrémités des passages vei-s Cannes et Anlilte* arrêter les passagers et ouvrir le* lettre* et puis les envoyer selon qu'on le jugera à propos, ou défendre que nul écrive de l’étal de la guerre et des choses de Provence.
Il plaira à messieurs <pii ont charge des allàircs de .sa majesté en Provence et la conduite de ses amn'-es jxtr mer et terre de faire réllcxion sur ce discours, et voir c* cpi’ils désiieroiit île mon .service, pouvant en discerner de l’intention de ces gens ici, tant par ce ipie je leur ai envoyé depuis trois jours c|uc par le pré.seut éci-il, «jiii leur .sera communicpié.
LETTRE DU DLC DE PARME
'M. L'aBOUvAqUE M bordeaux touchant le aSCOl'RS QU'O.V LUI Don ENVOYEE.
MoNSIEDE,
Je viens de recevoir votre lettre du 15 de ce mois, et bien que je n'aie point vu celle que vous m’avez, écrite pur la voie du sieur de Sabran, je ne laisse pas d’«n recetMj>' l’obligation, vous assurant que les soins que vous me témoigne* d’avoir pour moi trouveront toujours dans mon fime de vérileblef «l^liK avec lesquel* je vous ferai voir le sentiment cpte j’en ai, et l'estime qtiè je fais en outrede votre mérite. Je m’assure que bientôt nos enttfemis perdront celte vanité qu’une apparence de ipielque bonne ^fciWHie leur peut avoir laiseée ; au moins, c’est
<32 LTV'RE I. — CHAP. U.
là où bitttent toutes nos plus fortes passions , comme aussi de me rendre utile au sérvice du roi et de la France ; je comprends dans ce souhait le TÔtre, et après vous avoir dit que faute de chiffres, je ne vous parle point d’affaire, et que dans celle que j’écris au 'comte Fabio Scotti je ^ Ijri ordonne de vous en participer la teneur , je demeure de tout mon rieur.
Monsieur,
Aîrflire très-affectionné, pour votre senriteur. . ■
A PUisancf.V^ septembre i6î6.
Dans ces dj^êÇhes, M. d’Émery, envoyé' de France à Turin, engage M. de Sourdis à accorder toute satisfac-
tion à M. le .dttc de Panne, qui peut être d’un grand secours aux armes du roi.
LETTRE DE M. D’ÉMERY
i s ; • . ii. ’'-
' - A N. l'archevf.qub de iordbadx.
A Torifl , le »4 Mptembre 1686
Moksieur, Ç7
Son altesse écrit à M. le marquis de Bagnasque de loger dans la Turbie les troupes que vous jugerez nécessaires pour l’exécution des desseins que vous am-ez; vom trouverez en M. de Savoie les mêmes facilité.s pour tout ce dont vous aurez besoin quand vous prendrez la peine de m'en écrire; mais je vous supplie, monsieur, de vivre, s’il vous plaît, avec M. le marquis de Bagnasque avec la meilleure intelligence que vous pourrez , et en sorte qu’il soit obligé d’en rendre témoignage à M. de Savoie, qtu est un prince qu’il faut ménager, et l’alliance duquel est nécessaire au bien des affaires du roi et de son service, principalement à présent.
J’ai vu le procès-verbal de la prise des vaisseaux qui chargent le sel pour M. de Savoie, que m’a envoyé M. Lequeux ; sur quoi je vous dirai, monsieur, que M. de Savoie étant obligé de prendre du sel sur les terres d'Espagne , et n’ayant pas encore obtenu la permission d’en avoir
LETTRE DE M. D’ÉMERY. — SEPT. 1636. 133
de France, comme il la poursuit, il iàul qu’il se serre des vaisseaux nMrcbands comme sont ceux-là, et qui puissent librement négocier^
Il m*a donné d’autres raisons; mais la principale est qii’il làut l’entretenir; c’est pourquoi je vous supjdie, monsieur,' de lui donner ce cTontentement , et de ne le pas dégoAter pour peu de chose. Il y a un des miens, nommé Guérapin, lequel vous aura depuis peu apporté des nouvelles de la cour. Vous m’obligerez, .s’il y a occasion d’envoyer quelqu’un ici pour résoudre quelque chose sur les affaires de l'armée ^ navale, de le charger de cette commission. Je vous le renverrai aveè ses expéditions incontinent après.
Son altesse envoie M. de Saint-Thomas, son secrétaire d’état, à Nice, pour conférer avec M. le comte Fabio Scotti sur les assistances qui sont nécessaires à M. le duc de Fapne. L’on nous avait écrit de la cour que ledit comte Fabio passerait par ici, et que nous prendrions ensonble les résolutions qui sont nécessaires pour cet effet; mais l’on nous a donné avis de Lyon qu’il s’allait embarquer en Provence pour aller à Gènes. Ledit sieur de Saint-Thomas, qui vous rendra cette lettre, vous en entretiendra particulièrement et des moyens que nous pouvons pour cela; vous en conférerez, s’il vous plaît, ensemble, et m’eq ferez savoir vos sentimens. Mais je pense qu’il est plus important pour la réputation et l’honneur des armes dn roi de secourir M. le duc de Parme que de donner contentement à la république de Gênes. Je ne vous mande point des nouvelles de la cour; vous en êtes plus instruit que nous. Je vous supplierai de me croire, s’il vous plaît. Monsieur, ti . •
Votre très-humble serviteur, ■1'^
.-D’Émmï.
LETTRE DE M. D’ÉMERY
A M. L’AXCBEvAqUE DE BOEDEAUX-
Turin, le s4 eeptembre l636.
Moxsieob ,
Vous recevrez une antre dépêche que je vous envoie par cette voie, depuis laquelle j’ai reçu votre dépêche du2 de ce mois, sur le sujet de
UVRE l. — CH AP. II.
laquelle j’ai parli^ à son altesse, et lui ai remontré qu'elle ferait chose ajjréablc au roi de permet Ire le logement des troupes que vous voulez mettre dans la tour meme de la Turbie; il m’a dit cpi’ellc uc peut pas tenir quarante hommes de garnison, et tpie si vous j logiez des troupes, qu’il làllait rpi’il en fit sortir les siennes; qil’il ne croyait pas que ce fût l'inlentinn du roi; qu’il ne lui avait pua écrit ni à moi snr ce sujet; ipie vous pouvez loger <ians le bourg tont autant de troupes ipie vous jugerez nécessaire, et qu’il donnait ordre au marquis de Ragnasque qu’en cas que lcsilite.s troupes fussent pressées par les ennemis, de les faire recevoir dans la tour, où M. le comte d’Harcourt et vous pouviez loger, et lorsque vous y serez y commander et donner le mot; mais qu’il ne croyait cpie ce fût l'intention du roi <|ne l’on mit hors de la tour sa garnison potir y en lof^r une autre. Je n’ai pas cru le devoir presser davantage, n’ayant point d’onlre de sa m.ajesié de rompre avec lui snr cette ..ccasioii , et ne voyant point <pic la lettre que le roi vous a écrite porte de loger dans la tour; je lui ai dit néanmoins ce que j’ai pu pour lui faire pcrdic la ei-éanec que l’on demande ce logement pour ancmi sujet dedéliance. C'est un prince qui est beaucoup nécessaire pomles all'aires du roi , et principalement en la conjoncture présente , et sur la foi dnqnd uons conservons les places que tient sa majesté en Italie. J'envoie copie de cette lettre à la cour, afin que j’aie les ordres du roi sur ee sujet, et je vous supplie cependant, monsieur, de vivre en Ixnine iiitelligcnee avec le marquis de Bagnasqne; et en sorte qu’il soit obligé d’en rciulrc témoignage à M. de Savoie : cela est exli-cmemenl nécessaire au service du roi, et au bien de scs all'aires. Je vous envoie une copie de l’instruction que j’ai donnée à un des miens tpii est allé à Gènes, .alin que vous en confériez, s’il vous plaît, avec M. le comte Fabio Scotti, duquel il est bien nécessali'e tpie vous preniez, s’il vous plail, la peine de nous faire savoir les résolutions et les moyens que vous jugerCB les pim propres pour secourir M. de Parme, sur cpioi vous considérerez, monsieur, que nous sommes ext l'émement faibles de troiupea, et que nous avons une armée sur pied depuis le mois de mai uns avoir été ntfralchie d’aucun régnnent, en sorte que nous auriom^ne de mettie trois mille hommaa de pied et
LETTRE DE M. D ÉMERY. — SEPT. 1636
riiH| rciiu clieTiiux en aimpigite , après avnir laissé dans les places ce qui est néccssaii'C pour la garde d'icelles. Il est, munsictir, bien im- |>orUut que j'aie promptement de vos nouvelles, s'il vocs plaît.
Votre tris-lmmble senileiir. D'Emery.
,M. de Sabrai! expose ainsi à M. l'archevi'que de Rordcaux Ka disjKisitions sinon hostiles, du nioins peu bienv.'il.'antes de la république de Gènes, dont, selon lui, on n’obtienJra rien que par force.
M. de Sabrai! donne en outre d'assez grands détails sur les projets ultérieurs des ennemis.
A M. L'ARCUBVÊQIE DE lOnDRAeX
Mu.vsüuir ,
Une lièvre continue qui me travaille depuis douze jours ne me permet pas , ni les oixires des médecins , de dicter cette lettre à mon secrétaire. Quand il l'aura faite , j’emploierai ce <|ui me reste de force.s pour la signer. Il m'a fait voii' celles qu'il vous a plu m'écrire des 26 du passé et 2 de ce mois, dcstpielles je vous rends trè.s-liundilcs gi-Aces , et du Mémoire joint sur le sujet de la négociation du sicm- Jehan Lncca Justinian. Vous avez si jiulicieusemeut et si avantageusement procédé', qu’il ne s'y peut rien .ajouter pour le bien du service du roi.
Je suis bien aise, monsieur, que vous ayez l'Ccomiu entièrement le peu d'aireclion <pie cette république a île complaire au roi , ni sur les demandes générales, ni sur les déOnics que je lui ai faites à diverses. fois de la pai-l tic sa majesté. Vous pourrez coiiürmer à la cour que j’y ai écrit, il y a long-temps , qu’en cette conjoncture il ne faut rien espérer de cette république ipic par la force. M. de Bouthillicr, à qui je l’avais ainsi écrit, et le refus où elle s’était poi tée du passage des recrues de Saint-Paul cl Moniclar qu’elle m’avait auparavant accordé, me mande (|u’il vous enven-a, et à M. le comte d’IIanajurt, les oivlrcsdu
roi nécessaires au cas que la république tous refuse ses ports et passages, et ce que j’aurai à faire sur ce sujet, par un extraordinaire que l’on devait dépêcher à Rome.
Il y a long-temps que les ennemis préparent quelques vaisseaux à ÎN'aples, la plupart hollandais, d’où mon secrétaire, pendant mon absence , a envoyé les noms et des capitaines qui les commandent à la cour, mais sans désarmer les galères; ils n’ont pas de la soldatesque pour mettre dessus : je m’en informerai plus pwtioiiüèrement pour vous en avertir. ,
Les galères qui étaient allées secourir les lies ddviv^ et changer les soldats malades à des sains , sont de retour , lots deux, qui sont allcës en Espagne , et deux autres qui seront demeurées à Finale : dn dit ^fue ■'liaque escadre se retirera dans son port , hors la capilane et la patronne d’Espagne, rpii hiverneront à Livourne , et le duc de Fcrrandina aussi.
Mon secrétaire a écrit au consul Rabut, suivant vos ordres, le cUltiment dont l’on allait user envers ceux qui servent l’Espagne et le graml-diic, afin qu’il leur- en donne avis, et l’a prié de reconnaître si tvn iie pourrait pas débaucher quelques comités ' des gàlères de ce 'prince, qui sont les plus experts qui soiait en mer pour diesser une chioiu'me ;>,et st cela se pouvait , il faudra leur tenir ce qu’on lem- promettra ,*et peut-être avancer quelque argent, mai* quand ils seront efTeàlfHment hors dudit service. ^
- ' averti que Ih duc de Ferrapdina , dans le combat, lait porter «téndard royal’surune galère des 'dëriiiérés, et arlwre celui de Christo eide la Madonna sur la sienne.-' "■ ’w ' ^
Le sieiir' Naidoin vous Va rendre compte de son voyage. Je lui ai •éiipndé de prendre .garde qu’il. ne soit surpris en quelque lieu des ilemV galères qui ;séliÜ^êncore per-la odie.
; U, 'étais si mal le jS^'ÿie passa J«.gniÉ9UMMnine de M. Fabio Scotti que je ne le vis poTht; j’estime IpiStQalai'^^tpii lui est dépêché par S. A. de Parme , auquel je donnai dcad^téehes pour vous, sera arrivé heureusement à l’armée} Je ||j|hiei fut counkKles galères d'Espagne, et fut contraint de gagM^ih^leare.
■ Maîtrn d'équipage dn
Vous coimaitrci, monsieur, pu- le mémoire ci-joinl que rn eut nie VI. d'Émery qu’il n'y a pas |;raiKle espérance de pouvoir tirer des troupes de MontfciTat pour le secours de M. le duc de Parme; on emploiera celles <[ui y sont à faire une petite diversion pour occuper de ce côté-là le marquis de Legaiicz, pendant tpte ledit secours passera d’un autre; et si l’armée navale a à le donner, il faut pour réussir plus facilement (|uc ce suit pour tout ce mois, à cause des neiges; et de quel côté rpi’il passe , solide Borgo-Val-iH-Taro , soit de la Spezzia ' ou de Sarrazano, il faudra que les soldats soient pourvus de pain pour quatre ou cinq jours en SC di'barquant, n’estiraant pas ipic ces gens ici, ni les princes sur les Etats dcsrjuels on passera , pernictlent qu’on en prenne de leurs sujets, si ce n’est par force. Vous pourrez, monsieur, s’il vous plaît, coramunicpier ledit mémoire audit sieiu' comte Scotti, au<|ucl je n’écris
point- ,
TVlute la dilTiculté sera de la cavalerie, qui est nécessaire en-ce secours ; si vous ne l’embarquez en Provence , elle ne peut être embarquée qu'en Vay, et en ce cas il faudrait que JL, d’Emery Bt venir -à TAItare, terre de Montferrat , à cinq ou six i^es de Vay, l’escadron (|ui est destiné-pour cela ; et lorsque l'armée serait audit Vây, l’y faire ilescendre à }*impourvu pour rembaïqucr. Voil.à , monsieur, tout l’éclaircissement vous puis donner sur le sujet dudit secours.
■liC roi, toujo^s impatient de reprendre les îles Sainte-Marguerite, engage Ms de Sourdis à hâter leur attaque.
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LETTRE DU RCA ‘ " .--iyiKéfcs
A M. L’ABCHEVÊQIE DE SORDEAUX, POCR I.'ATTAQÜE DBS ILES SAlIVTE-MAaGUBBITE ET SAItCT-HOXORAT.
, , S ■ ^ L« t« octobre iS)6.
Mütu. rarclievêque de Bordeaux , le. sieur de Loynes, qui arrÎTa hier près de mot , m*a fait aaToir cômme ensuite du voyage que tous avez
‘ Speuia oa EtpedR, golfe rilué lur la cat sa 91» çt b i’K. de Hle du Ttet et de U côte d'Italie , à TE- de Gêor* dao* le golfe roche4^^a^«
de C;ine«, au N.-O. de Livoame. Le golfe
fait vers la c6te de Gènes avec mon armée navale , vous avis reconnu qu’il ne se pouvait rien entréprendi'e de plus avantageux à mon service <pie l’attaque de mes iles de Sainte-Marguerite et de Saint-llonorat , et jugeant avec vous que c’est le meillem' dessein que mes forces qui sont de ce côté-là puissent entreprendre, Je vous dépêche ce courrier en diligence pour vous dire que j’entends que toutes celles de mon armée navale et tous les gens de guerre qui se pourront tirer de mon pays de Provence, même ceux qui y doivent être venus de Languedoc, y soient employés , laissant néanmoins dans les places ce que mon cousin le maréchal de Vitry verra être nécessaire pour leur défense. Et afin de lui donner tout sujet de contribuer , pour la reprise de mesdites lies , tout ce qui dépendra de son gouvernement, j’entends qu’il commande de son côté l’attaque qu’il sera avisé qu’il devra entreprendre, comme mon cousin le comte d’Harconrt fera du sien celle dont il se chargera; et quant aux moyens de conduire et faire réussir cette entreprise, je me remets à vous et à mesilits cousins de les résoudre ensemble dans te conseil dA guerre , et m’assure que chacun se portera en uiie occasion si importante et ai considérable pour le bien de mes affaires et la réputation de mes armes, avec tout le cèle et i’nnion que je saurais désirer^ qui est tout ce que je vous manderai pour cette fois , vous assurant que j’ai une satisfaction partieuKère de tonte votre conduite dans ledit voyage de mon armée navale, et que vous ne sauriez me rendre vos services en une occasion qui me soit plus à coeur, et où je les estime davantage qu’en celle qui s’offre du recouvrement de mes îles. Et sur ce , je prie Dieu vous avoir, mons. l’archevêque de Bordeaux , en sa sainte et digne garde.
LOUIS
SuBLST.
tle
.t M. rsrchcvSfjue de Rordesux, coiueiUercn laoa coiuen d'élsl, chef des couseils iwHi irmée osvale. t -d 4^
IjC cardinal de Richelieu, au nom de M. de Noyers, engage pareillement M. de Sourdis à hiter l’attaque des lies.
LETTRE DE M. DE NOYERS
A M. L’aBCHEVÊQI'E de boboeaux.
‘ D'Amicni, cc i3 ocEobrc i63B.
MoSSlElIR ,
Celles dont il vous a plu m’honorer requérant une plus ample l'é — poiise, cl la résolulioii des lies ^laiit trop pressée pour perdre un momeiil, son t^miiiciu'c a élti d’avis de vous envoyer par ce courrier les expéditions portées par le mémoire de M. de Loyncs. Cette entreprise importe de l>eaucoup à la Krancc et à la réputation des armes du roi ; mais comme elle se doit exécuter par une armée navale, vous savez quelle part y doit prendre son éminence : il faut donc, s’il vous plait , monsicuj", faire l’impossible pour la feire réussir , et que l’on sache partout <pie cette flotte aura obtenu la fin de son voyage, qui était de midre k la France cc t|ue les ennemis lui avaient hontcuse&ent ravi. SÏ les régiments destin«h> pour Parme peuvent arriver k temps, ils feront un aussi bon service en leur passage tjii’cn leur demeure. Je prieDieu qu’il conduise le tout k s.a gloire, au contentement du roi et de monseigneur le canlinal, et qu’il vous y tonserve comme l’en supplie.
Monsieur,
Votre liès-huiuble et très-obéissant serviteur,
" De Noyers.
Malgré Ic-savis de M.d’Émery, qui engageait le gouvernement français à ne pas incommoder M. le duc de Savoie, M. de Sourdis ayant retenu deux de ses vaisseaux , le prince lui écrivit la lettre suivante :
LETTRE Di: DUC DE SAT'OIE A M. l’abciievëqub de bordeaux. i
De Turin, c« i4 octobre i635.
Monsieur l'archevêque de Bordeaux, lorsque j'cspcmîs les efTcts de l’intention que vou^ aviez donnée de la restitution des deux navires char-
UO UVUE I. — CIIAP. II. •
gés de ael pour la fourniture de mes ËtaU et vous en remercier , on me fait savoir que vous monti-ez n'étre plus de celte bonne volonté, prétendant d’avoir le [>aienient desdits sels, si on les voudra avoir,de quoi je suis bien ébalii ; car vous ayant fait assurer par le marcpiis de Itagnasque que les sels sont luiiir l’usage de mes États et que le fermier de celte ga- Itclle les a jeiyés , quoi (ju'ait dit celui qui fait la poursuite à son nom , qui u’cii est pas informé, je n'cusse jws cru que vous l’eussiez mis en doute; je vous en ai encore voulu assurer par celle-ci , et que les deux vaisseaux ne se seraient point avancés dans mes mers ayant appris l'arrivée de l’artuéc de sa majesté, si ledit marquis de Bagnasque n’cüt engagé sa parole aux patrons d'iceux qu’ils ne seraient point arrivés. Considérez , je vous prie, (jue cette rétention me j)ortc dommage en mes droits cl autres dépenses en conséquence , car les mulets de la conduite sont sur la litière sans travailler, et ne plus ne moins il les faut payer, outre que sur cela je serais de pire cuii<Hlion cjiie tous ceux qui sont scrv item s du roi comme moi , si on m’cmjiécJiait dans mes États d’y faire venir ce qui est nécessaire pour la subsistance d’iceux ; mais si on fait eeq pour nécessiter mes fei-miers à prendre des selsd’llycres, il tiQfaut sinon me pi éler des v aisseaux pour en faire charger et les conduire à Villefranche , et mes fermiers en paieront le prix. Mais que l’on ne retienne pas davantage ceux que l'on a arretés , et qui sont payés ; ce qtic j’esjièrc d’autant plus de votre «ourtoisie que vous m’avez assiii é que l’armée de sa majesté est pour favoriser mes intérêts de ce côtc-là, et je vous en aurai parliculirre obligation, comme vous dira de ma part ledit marquis de Bagnastjue , avec désir de vous témoigner, en toutes occasions qui s’en présenteront, que je suis.
Monsieur l’archcvéquc de Bordeaux , '*
Votre très-airectioiiné à vous servir,