V. Amédée
M. de Noyers, dans la lettre suivante, annonce à M. de Sourdis que M. de Castellane est chargé de la conduite du .secours de Panne. .
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LErrUE DE M. DE NOYERS
A M. I.'aRCHEVÈQL'K DR BORDEAUX.
.Mu.xsieub ,
D’Amirot, cv i ) octobre i634>
Le roi ayant choisi M. de Castellaiie pour rempli)' la charge de maréchal-de-camp (|u’avait feuM. le comte <rAnriac, son dmiiience, qui l'a pris en sa particulière protection, me commande de vous en donner avis et de vous priei- île lui aider en ce <{ue vous pourrez..
Il est destiné avec M. le comte Fabio Scotti pour mener le secours de Parme , de sorte que s’il peut arriver assez à temps pour l’attaque des Iles, il vous y servira fort utilement avec les régiments qui viennent de Languedoc, qui paieront par ce moyen leur pa.ssage, et de là pourront en peu de jours être [lortés sur les terres de Gènes, où l'on lient <|n'its peuvent passer mieux qu’en aucun lieu , sans même que la république les en puisse empêcher. if ' ' '
M. de Bullion a promis de donner fond pour la montre ' qui doit être faite en entrant dans les états de Parme. Pour la nourriture sur lesvai.v- j .seaux , la Provence , qu’ils vont servir à la reprise des îles , ne leur refusera pas du pain , quand ce ne serait ipe pour s’en défaire cl les éloigner de ses côtes. Je prie Dieu qu’il pixvspère le tout, et me donne un jour te moyen de vous faire connaître efi'ectivement combien je suis ,
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Votre très-humble et alTectionné serviteur.
De Notées.
On exigeait tant de conditions onéreuses , de la part de M. le* duc de Savoie, que M. d’Émery, commençant de craindre la
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142 LIVRE I. — GHAP. II. •
défection de ce prince, engageait instamment M. de Sourdis à
lui donner satisfaction et avoir confiance en lui.
' LETTRE DE M. D’ÉMERY
A M. L'ARCHKVKQUB DK BORDEAUX.
De Turin , le i i ortohrr i6)f)
Muasieur,
J’ai reçu la lettre que vous m’ave* Ciit la faveur de m’écrire de Nice , par laquelle vous me parlez de la Turbie, des galères de M. de Savoie , des vaisseaux <pii portaient le sel, et du blé, dont on défend le transport au comté de Nice.
Quant à la Turbie, M. de Savoie m'en a fait voir un plan que j’ai euvoyé à la cour; il se réseme et la tour et l’enceinte de la muraille qui estesenviruns: le surplus du boiu gil l’abaiHlonne aux lioupesdu roi. Je n’ai pas cru, .sans ordie exprès de sa majesté , le devoir presser de faiie .sortir aa garnison pour y mettre la vôtre , paixe que je vois de la résislanee et de la dillicullé, croyant qu’il n’est pas honorable de sortir sa garnison. La sôi'cté île vos troupes, si vous craignez la tour, se peut ixuiconti-er en rctranclianl le bourg , outre que je vous dirai , quant h présent , tpie je ii’y vols point lieu de défiance : nous donnons bien plus sur sa foi que les troupes que vous pom ixx mettre à la Turbie, cl il est im- |XMsible de faite la guerre en son pays sans se comniellrc à sa foi. Vo'is en userez néanmoins selon les onbes que vous avez de sa majesté , et moi j’attends ici celui (pi’elle me donnera sur les dillicuUés qu’il y a de donner la tour sans l’exprès commandement de sa majesté. Quant aux galères, il m’a dit que leeor|)sde l’iine des siennes est fort bon, que si vous en faites venir de Toulon deux , qu’il en fournira trois , Uint des tiircats qu’il a cjue de ceux qu’il a sur les lieux, lesquelles galèixis suivront toujours celles du roi, prendront l’oivlrcdc leur général, et feront tout ce tpte vous ordonnerez. Vous reraaripterez que ce sera à vous d’en payer la dépense. Il m’a fait une .iulr«> proiiosition , et m’a dit qu’il savait de Ixmiie part tpie les Espagnols fai.saient étal de se remettre sur mer à la En de décembre ou au mois de janvier avec vingt galères bien
LETTRE DE M. D’ÉMER\. — OCT. 1636. 146
armëes; qu’il estimait Mre du service du roi, dans ce tenips-Ià, d’en avoir le même nombie qu'eux , et qu'il offrait , si sa majesté lui en voulait soldoyerdeux , qu'il en aurait toujours quatre en dessus, en lui fournissant les corps , qui apres la guerre demeureront toujours au roi.
Quant aux vaisseaux qui portaient son sel et le sel qui était dessus , je vous en ai écrit amplement et lui aussi; je vous dirai seulement, monsiciu', qu'il est important pour le service du roi de lui donner ces petits contentements, et puisque vous l'aver. remis en lui et qu’il l’a jugé raisonnable, je vous prie, monsieur, de ne point faire de difficulté à les lui faire rendre. Si vous croyez, monsieur, que c’est le servicedu roi, comme je le crois, de rompre ce commerce qu'il a avec les Espagnols, faites-lui, je vous prie, permettre de lui faire acheter du «d .à Hycres : ce sera de l’argent qui demeurera en France, et comme je sais que vous aime/, le service <lu roi et celui de son éminence , je vous dirai librement cpie tous ces petits services sont nécessaires. Que ai voua vouliez lui prêter tpielqucs unes de vos flûtes pour aller «piérir ce sel , ai cela ne vous incommode, je pense qu’il serait fort à propos, et je sais bieu qu’il sera fort approuvé à la cour.
Quant aux blés qu’il demande pour le comté de Nice et ceux d’(L neille, il m’a dit qu’il fera que tous ceux qui ileiront être portés ponr Oneille ae déchargeront à Nice, et que vou.s voyiez tous les moyens capables d’empêcher les abus, qu’il les fera exécuter sur ce sujet. Je vous dirai qu'il ne faut point que voua croyiez qu’il veuille donner du blé à ceux de Gênes; il est en trop mauvais ménage avec pour leur désirer du bien , et si je suis témoin que s’il eût voulu soixante mille écus d’or pour leur en laisser tirer soixante mille sacs du Piémont, rpi’il les eût eus. Je vous prie, monsieur, de donner ordre et tenir la main aux choses ci-dessus. Nous attendons votre réponse sur le sujet tlu secourt de M. le duc de Parme et tlu voyage de M. le comte Fabio. Nous n’a,vons point de nouvelles de France, sinon <pie de très-bonnes; nous attendons la prise de Corbie, dont les dehors sont pris il y a fort longtemps , et la retraite de Galas de la Franche-Comté. Je vous baise très-^ humblement les mains et suis ,
Monsieur , votre très-humble et très-ofiéctionné serviteur ,
D’Êmest.
M. de Manty donne les détails suivants sur sa navigation :
LETTRE DE M. DE MAMni
A 1». L’ARCHF-VKQl'E DE BORDEAUX.
De Tonloa, le orlohre i636
Moxseioeur ,
Aprc& avoir clierrhé avec soin et ailection de nous acquitter de l’oivlro qu’il vous avait plu nous donner, nous fûmes, avec le vent d'est, <|ui nous prit au sortir de Villefranche, tirant au sud .sud-est; mais voyant la grande dérive, et que les courants nous alTalaient, par les conseils de nos pilotes, tious gagnâmes les côtes de Corse, où les courants vont à l'est, et de là, altendanl les vents propres pour nous jeter dans les ci'itcs de Gènes, nous rencontrâmes les vents d’est nord-est et d’est si forts et viulciils et la mer si mal , qu'après avoir été quelque temps à la cape le sieur Giron y rompit son mât de Itourset et ctdiii de beaupré, tpii nous obligea de rclâclicr pour ne 1e point abandonner, croyant, à vue d'oeil et à tous moments, qu’il devait périr. M. le chevalier de Montigny y pcivlit .son éperon et le devant tlu vaisseau si fort cntr’ouverletcu plusieurs autres endroits qu’à peine poiitail-on foiu-nlr à [Xtiupcr, comme il fait encore de présent, <|ui sont des maivpics de grandes réparations. Le reste des autres vaisseaux se trouvèrent en de telles [teines que les mieux accommodés et les plus forts n’étaient pas sans .soulFrir de grandes incommoilités et sans avoir beaucoup desoins pour résister au mauvais temps, mais parliculicrcmcnt celui dudit sieur Giron , tpii s’ouvre partout , de telle sorte qu’à l’heure même que je vous étrris toutes ses pompes n’ont aucune relâche , et non pas sans appréhension ; si bien , monseigneur , que la Licorne cl le Snint-Louù de Saint-Jean-de-Luz sont fort mal, cl surtout le Saint- Imuü, et de plus nous avons perilu nos chaloupes sans avoir perdu aucun soin d’y remédier; mais le mauvais temps a sunuonlé tous nos soins. Six de.s navires de l’escadre se stmt déroutés, dont nous n’avons appris aucunes nouvelles, lestpiels ne pouvaient avoir que Villefranche, Saint-Tropez et les Iles sous le vent, ti’ayant point touché en aucmi de ces
LETTRE DE M. DE iMANTY. — OCT. 1636. 145
lieux, ilx sont pour avoir couru fortune. Il ne reste maintenant, monseigneur, qu’à savoir ce qu'il vous plaira que nous fassions du Saint- Louis, ne croyant pa^ ipi’il puisse servir, et du radoub nécessaire à /« Licorne; si nous eussions eu ici un commissaire , nous eus.sions fait visiter lesdits vaisseaux; mais nous n’avops pas osé .l'entreprendre sans au préalable avoir votre ordre ; seulement nous avons cru qu'en vous en donnant avis, vous nous en tiendrez pour déchargés; et sans le calfat qu’il iMos faut faire pour rendre nos vaisseaux étanchés et le manquement de chaloupes, nous serions près de partir pour nous rendre où il vous plaira nous commander, œ que ne pouvons faire sans avoir cet honneur ejuede recevoir vos commandements, à M. de Montigny près, autptcl il faut plus de temps qu’aux autres, rt^ervé le Saint-lMuis ; si tpt’cn attendant l’honneur de vos oidrcs nous vous assurons que nous sommes,
Monseigneur, '
Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs .
MxftTv.
MoKSEIGSXes,
Depuii la présente écrite, nous avons résolu de (aire visiter lesdits deux vaisseaux par les maîtres charpentiers de ce lieu et autres, pour en dresser un état afin de vous eu informer avec certitude.
De Toulon , ce i4 octobre t636 , jour d'après noue arrivée.
rÿj4<J âv,^«««w»déra«éa.i, dt-- ; j. n
’ t? , ’ b’1 "tjo ; ^ de.s
IRv- '•
M. U Commindenr de MimmcHit , M. d'Arpenti^nVr^
M. de Porlenoire,
M. de Poiocy le jeune,
M. Dutnai ,
M. le chevalier de Goursan.
fe
Daiw cette lettre , M. le duc de Savoie contiaue ses rédamations auprès de M. l'archevêque de Bordeaux , au sujet des vaisseaux qu’on lui retient.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
A N. L’ARCHEVÊQDB DE BORDEAUX.
De Tarta , ce i8 octobre i636.
Monsieur l’archcvéque de Bordeaux, les agents de ma gabelle du sel ont donné avis ici du peu de disposition qu'ils ont reocontré eu vous , touchant le relâchement des deux vaisseaux chargé de sel pour madite gabelle , nonobstant les instances que je vous en ai faites par mes lettres , et les raisons qu’on a envoyées par le mémoire; et quand il n'y en aurait point d'autre que celle de mon intérêt et de la nécessité des sels en oes Etats-ci , il me semble qu’elle devrait Aire assez forte pour vous persuader à ladite restitution sans y rapporter tant de difficultés, puisque les capitaines desdits vaisseaux sont venus sur la parole que leur a donnée le marquis de Bagnasque mon gouverneur, sans quoi ils ne se fussent pas hasardés et n’auraient couru le risque de leur détention. Je vous prie donc derechef de faire promptement relâcher le tout, moyennant caution que lesdits capitaines prêteront de parachever les deux autres voyages, qu'ils seront obligés de faire, et de n’aller en après servir à aucuns antres que de sa majesté ; et au cas qu’il y eût là trois ou quatre vaisseaux qui voulussent aller charger des sels blancs d’Hycres pour madite gabelle, on l’acceptera , et leur fera-t-on donner l’argent. Et attendant avis de ce relâchement et de cette proposition, je continuerai à me dire ,
Monsieur l’archevêque de Bordeaux ,
Votre affectionné à vous servir ,