‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 46 sur 171 · V. Amédée · texte numérisé non relu

V. Amédée

-3iv)ilrr<^- y

Dans cette lettre, M. de Noyers contiinie d'engager M. de Sourdis à tout tenter pour s’emparer des îles Sainte-Marguerite.

LETTRE DE M. DE ^OYERS

A ■. L’AaClIKVÊODB DE BOIDEADX.

D'Amiens, Je >o octobre i636>

Mohsibur,

Je réponds à deux des vôtres, et comme un homme bon ménager, en un seul paiement j’acquitte beaucoup de dettes. Celle du 4 octobre veut que je vous dise que le roi pressant le secours de Parme , a dépéché plusieurs courriers et même des personnes de qualité pour liiter et presser les régiments du Languedoc de se rendre à vous pour servir à l’attaque des lies , et delà continuer lem' route par la meilleure voie «pie M. de Parme et ceux de delà aviseront; en quoi je vous avoue qu’il y a beaucoup à considérer , car sans doute les ennemis étant avertis , il y aura bien à se tenir sur ses gardes dans ce passage. Mais, an nom de Dieu, monsieur, prenons les Iles et rentroits dans notre héritage, et que les ennemis n’aient pas le pied en France ; c’est une allairc si importante, et que son éminence désire si pamionnément, qne vous ne lui sauriez jamais rendre un service plus agréable; à cette 6n, son éminence a résolu de suivre votre avis et ne parlera point {Hésentemeiit de l'entreprise que M. de Vitry a faite sur ce qui est de la uluirgc de la marine, bien résolu, toutefois, de ne rien omcllrcde ce qui sera à faire pourfaire léparer cette faute. Son éminence ne doute pas que vous n’ayez apporté toutes les précautions requises pour que rien ne dépérisse au brigantin, et que si M. de Vitry s’est saisi de ipiclque chose , qu’au moins il y en ait bon inventaire, afin de répéter le tout en temps et lieu. Son éminence estime que pour ne voas commettre avec M. le marécJial de Vitry sur le sujet de la distribution des cent mille livres de remise , que le roi prétend faire entièrement employer à l’enlretenement de l’armée navale, il sera bien à propos de faire que M. de Lauson enti'e en connaissance de cette aflàire et s’en fasse rendre compte bien exactement ; je ferai pour ce les dépêches nécessaires.

Son éminence trouve fort à propos de réduire, durant cet hiver, votre armée à vingt-cinq voiles, choisissant les meilleures, tant du levant <|ue du ponant, et que l’on fasse hiverner six galères dans les ports des îles d'IIyères , afin d’y recevoir les ennemis , lorsqu'élant chassés par vos vaisseaux , ils y chercheront leur salut. A cet eOct, son éminence en fait écrire à M. le général des galères, et lui mande que c'est l’intention du roi et la sienne.

M. le comte d’Harcourt, comme j’estime , demeurera en mer, y fera son ortiinaire moyennant trois mille livres par mois , que son émineiux lui fera donner ; vous , monsieur , si votre santé ne le permet autrement, demeurerez à terre en tel lieu qu’il vous plaira. La subsistance de l’armée, estimée pour quatre mois à cinq cent mille livres, avec cent mille livres pour les radoubs, calfata et parties imprévues, qui fait en tout six cent mille livres, se pourra prendre trois eent mille livres sur le fonds de Provence, compris les six vingt cinq mille livres égarées, et le reste tant sur les foiuls des trois mois du licenciement des matelots et équi|Kigcs, que sur les assignations de l’aiinéc en 1637 , où l’on espère prendre cent cinquante ou deux eent mille livres comptant; voilà, monsieur, ce que peut porter la présente, où il ne me reste lieu ipie pour vous prier de mu croire inviolablement.

Monsieur , '

Votre très-humble et obéissant serviteur , Dr Novem.

A cette lettre de M. de Noyers était jointe la dépêche suivante ; LETTRE DU ROI

s H. L’ARCnEVèQVB DE BORDEAUX ECRIVANT AUX VILLES DE MARSEILLE

ET ARLES DE CONTRIBUER A L'ATTAQUR DES ILES BT ENTRETENENBNT

DE l'armée.

L« ae oclobro i636.

Mous, l’archevêque de Bordeaux, ayant su comme mes stqcts des villes de Marseille et d’Arles n’ont pas contribué, ainsi que les autres de mon piys de Provence, aux bais de l’armement naval, à la subsistance de mes troupes et autres choses nécessaires pour la conservation de la

LETTRE DU ROI. — OCTOBRï: IG3G. 1/.0

province et pour le rccouvrcmcul des iles de Sainte-Marguerite cl de Saint-Iionomt, je leur écris afin qu’ils aient, à l'exemple de leurs compatriotes , à faire cTTort dans des occasions si importantes et auxquelles ils sont autant ou plus intéressées que les autres, pom- contribuer selon leurs moyens à rentretenement de madite armée navale, ii celui de mesdites troupes et aux autres dépenses à faii*e pour la reprise de mes iles et la stircté et défense de ladite province, pour lH<|uelleje fais de ma part tout ce rpii m’est possible; et je leur mande que je remets la chase sur les instances que le sieur de Lanson leur en fera de ma part , lesrjuelles je lui donne charge de concerter avec vous et mon cousin le inaiéchal de Vitry , et de presser lesdites villes de faire cc que vous jugei«v. ensemble qu’elles pouiTont pour mon contentement et service; fie rpioi j’ai bien voulu vous donner avis par cette lettre, alin que vous avisiez avec ledit sieur de Lanson cc qui sera à faire pour porter lesdits habitants à fournir une bonne somme de dcnici'S poiu* subvenir aux dépenses susdites , vous y employant de votre part en tout ce qui dépendra de vous. A cpioi m’assurant que vous' satisferez, je prie Dieu vous avoir, mons. l’archevéquc de Bordeaux , en sa sainte garde.

LOUIS

SUBLET

M.f^Kqtery engage M. l’archevêque de Bordeaux à donner satisfaction à M. de Savoie, au sujet des vaisseaux que ce princ«> réclame.

LETTRE DE M. D’ÉMERY

A M. L ARCHEVEQUE DE BORDEAUX. f "

Monsieur, -

M. Duplessis-Besançon, que nous avons retenu jusqu’au retour de M.* de Saint-Thomas , afin de i-épondre plus ponctuellement , s’en retourne si informé de ce qui rcganle le secours de M. de Parme , et les volontés de M. de Savoie sur ce qui est des fortifications que vous avez à faire en ses États, qu’il serait inutile de vous en dire le menu. •

Afin qu’il n'y ail rien à dire aux aaaistancea que TOua„doit donner M. le marqui» de Bagnasque, M. Dupieatis a tu la lettre que aon alteaae a laite lui^méme. Autant que voua potirrez , monaicur , les ménager et Ic.i lieux on logeront vos troupes, je pente qu’il est du tervice du roi de le faire, afin de diminuer les plaintea que je suis obligé de touifrir tous lesjotirs.

Si vous avez besoin de tpielque chose de M. de Savoie où je poisse vous servir, il sera il propos que vous m’en donniez biontùt avis, parce que j’espèie dans quinze jours pouvoir laire un petit voyage à la cour ; je laisserai ici quelqu’un des miens dont je vont donnerai avis pour vous adresser à lui. Je pense que vous y trouverez tontes les fecilités que vous pouvez espérer. Cela est étrange ipe de cette alTaire ici sa majesté ne lui en ail rien écrit ni à moi aussi ; je n’ai pas laissé d'y faire toutes mes diligences , sans avoir pu obtenir la tour que vous désiriez. Je ne lui avais au commencement demandé que la ville, suivant vos lettres; et de nous résoudre à tiierses garnisons d’une de tes places, je ne l’estime pas, si le roi ne lui écrit et que ta m.ajesté ne le veuille fermement, et ce serait causer un dégoût à ce prince tpi pourrait produire de mauvais eii'eU ; et je continue à vous dire , monsieur, cp’il est malaisé de continuer ta guerre dans ses Étals sans se confier en lui. ^

Pour ce qui regarde le secours de M. de Parme , les couaidibat^ns qu’il est nécessaire d’apporter en cette exécution, M. dif Savoie les a mises par écrit, lesrpelles .M. Duplessis vous porte. Je viius assiu-e, monsieur, <pe si vous tenez en bonne humeur M. le comte Fabio Scotti et ipe vous le rendiez capable des choses et que vous le guérissiez de ses méfiances , ce ne sera pas un petit service. Je n’ai pas été assez heureux, c’est une mauvaise conséquence quand on l’est davantage et plus capable de faire un si bon eifet, et la nécessité des affaires de son maître lui donnera plusde confiance. A mon avis, je ne pense pas que Parme et Plaisance courent aucun risque quant à présent, mais vous pouvez lui faire doucement entendre que Sabionette n’est pas en cet état ; il y a long-temps que j’en présage quelque chose de mauvais , et c’est ce qui m’ai mal mis avec lui. M. de La Tour y a jeté quelques gens , mais ce secours n’étant pas capable de b garantir de perte , j’ai écrit à M . de lai

LETTRE DE M. D’ÉMERY. — OCTOBRE 1('.36

Toillerye d’y faire jeter par M. de Candalle deux cents soldats français. Je ne sais si cela aura lien, cependant il est nécessaire qu’il y pense de sa part comme nous faisons de la ndtre.

J’ai fait Toir à M. de Saroie les raisons pour ce qui regarde les vaisseaux et le sel ; il m’a dit qu’après que vous lui avez remis l’affaire , et qu’il en a donné parole à oes marehands, il espérait de vous cette faveur. M. Duplessis vous en informera particulièrement. Je vous supplie , monsieur , par l’intérét du service du roi , que toutes les choses que TOUS pourrez faire pour donner contentement à M . de Savoie, de les Élire, et je vous assure que ce ne sera point un petit service. Je ne vous saurais mander des nouvelles de la cour; j’attends M. de Castellane cette semaine. Il n’y en a point en ce pays (de nouvelles) dont M. de Besançon ne vous rende raison. Madame est dans le lit, m^ade, qui m’a chargé de vous écrire que vous l’excusiez si elle n’a point fait réponse anx lettres que vous lui avez écrites. Je suis ,

Monsieur,

'Votre très-humble et très-aifectionné serviteur,

D’Euery.

Dan.s cette lettre, M. le cardinal de Richelieu approuve les projets de M. l’archevêtpie de Iktrdeaux, et lui donne ses instriKtioas au sujet de l'hivernage de la flotte.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHEUEU

A H. L'ARCnEVÊQllB DE BORDEAUX, TOUClUNT L'ABMÉE RAVALE DU LEVANT.

iyAmi«BSy 06 «t octoltn 1036.

Monsieur , j'ai tu par le retour de de Loynes tout ce que vous lui avez donné charge de me dire , et le soin extraordinaire que vous prenez de tout ce qui concerne le service du roi et la réputation de ses affaires. Sa majesté en est très-satisfaite, et, en mon particulier , j’en ai plus de contentement que je ne vous puis dire. Je ne réponds point particulièrement à tous les points de vos dépêches ; tant parce que l’accablement d’affaires où je suis ne me le permet pas, que parce aussi que M. de

Nojers eu prend le soin. Il a envoyé tous lea ordres nécessaire» pour l’attaque des iles ainsi que vous l’aver. désiré; maintenant il vous envoie loulcs les autres cxpéililions rptc vous avez demandées à de Loynes.

•le li-ouve fort Ijoti «pic vous choisissiez dans l’armée navale vingt-cinq vaisseaux pour tenir la mer durant le mois de décembre, et l’année piv>cltaine le temps «pie nous I estimerons à propos et inhx^ssaire; mais je ne juge pas «pic vous deviez partager lesdits vaisseaux cet hiver et en faire dill'érents corps, pour les raisons contenues au mémoiic ci-joint.

.l'appniuvc aussi la proposition «{ue vous faites de laisser |)cndanl l'hiver six galères à Porte-Cios pour y attendre celles des ennemis et le» eonilvallre en leurs passages ; j’en écris à mon neveu le général des jjah'u’c», afin «pi’il ait le soin d’y envoyer lesdites gali’ircs lorsqu’il .sera temps, et de les y faite sulxsister. J’ai donné charge à de Loynes de poursuivre auprès de M. de Iluilion le paiement du reste «le n«>s assignations |K)ur la marine pour la présente atin(« , et des Ibnds pour l’aniita.- prochaine. J'en ai écrit atulil sieur «le Bitllion cl à M. Cornuel. De L«>vnes in'ayaitl fait coniiaitrc «pte le commandeur Desgouttes serait -bien aise de se retirer et prctulre «lu repos, je lui mande que je trouve fort lam «pi’apr«’-s le temps de rarmeincnl fini , qui sera au dentier n«>- «embre , il s’en revienne à Pari» ou qu’il aille chez lui, ainsi que l>on lui stnnblera. '

Pour ce «pti est de M. le commandeur de Poinsy , je setj|j;liien aise «pt’il soit continué dans l’aimeraent, et que vous lui fassiez «ionhaitre l'est ime que je fais de sa personne.

De laayncs ni’a dit «ju’il avait quelcpic mé«x)ntentemetil de ce qu'on lui avait «lté la charge de contre-amiral; je crois «pt’il est raisomiable di> la lui rendre ou qitehpie autre aussi honorable, c* «jue je remets à votre prudence. Desgouttes s’en revenant , vous lui pouvez donner sa charge.

Je vous recommande toutes choses dignes de leœmmandation aux lieux oit vous êtes , et d'y faire comme v«nis avez toujours fait partout ailleurs^ Jp suis et serai toujours sans changement, ,

Monsieur, lOi , ta -al ‘tnsc

Vo»^ Irès-allectionné romme frère à vous rendre service , ' '''

' T/fsq tu I Cardinal de Richelieu.

Dans cette dépêche, M. de Guérapin instruit M. l'archevêque de Bordeaux de l’état de l’armée espagnole et de ses desseins.

LETTRE DE^M. GIIÉR.VPIN

A M. L'AKCUKVâQUE DE BOBDBAUX.

A Aolibw, c« v«Qdr«<Ü lutia at ocU^re

MoXSEIGNEI'R ,

Aussitôt que je fus arriTÔ en cette ville , je vis M. le martpiis de Bagnaupie, tpi médit que les galères des ennemis étaient arrivées à Morgues avant-hier au soir. Il envoya à hi Turbic pour en apprendre des nouvelles, et moi j’cuvopi à Mourgties un espion assez entendu, qui m’a rapporté qu’il était hier au soir à cinq heures sur la galère de Ferrandina, où il apprit que eetle nuit devaient partir six on huit galères avec quelques lafralehisseraents et des moutons pour porter aux Iles; que la galère de Ferrandina n’était armée que de quatre à cinq (forçaU) pour lune et une trentaine de soldats ; que toutes les autres sont plus faibles de chiourme et de soldatestpie <|ue celle-là , excepté les cinq galèj^ de Florence, la capitanede Naples et relie de Doria; cpe les sold;^s;)l la l'hiourme.ont été réduits à tpialorze onces de biscuit par jour , qit? f;fit voir lajt^ssité qu’ils ont de vivres; que l’on parlait d’envoyer à Gène., une escadre de galères, et cpic toutes les autres demeureraient à Mourgues pom* voir la contenance de l’armée , et qn’il courait un bruit cjue f|uatorze barepes , polacres et tartanes de Languedoc avaient descendu à Grues il y a six jours quantité de blé et de rias, et que l’on y attendait dans peu de jours une flotte de Hollande epi porte deux cent mille émincs de blé; que l’on ne dit point ce cpe cette escadre vp faire à Genes, mais qu’il cuxiit que c’est pour prendre des vivres , dont assurément les îles ont licsnin. Que l’on ne dit point que tes galères doivent prendre de la soldatesque , n’y ayant que cinq cents hommes de jppipiisou, à Mourgtics. J'y ai envoyé encore un autre espion ce matin , qui m apportera d’autres nouvelles ce soir. , ,

Four des bateaux , il ne s’en est trouvé cpe trente à Villéfraiin

i(H en t»nt; abtolument le« mariniers n’y "veulent point aller et s’en wnt fais aux montagnes, sur ce que M. le marquis de Bagnasque les voulait contraindre d’aller à l’armée , de sorte qu’il a été d’avis que vous envoyiez ici ciiupiante ou soixante de vos matelots pour prendre et envoyer ces trente batélux sur la caution que j’ai dit, que vous leur feriez donner de les rendre après l’occasion. J’ai mandé à M. Lctjueux de m’envoyer trois ou quatre cents livres pour leur donner quelque contentement et les porter à cette raison. J’attendrai sur le tout l’honneur de vos commandements avec impatience. Si vous vous en pouvez pas^r , ce serait bien de la peiniijépargnée, sinon , envoyant des mariniers, vous êtes assuré que nt^ aurôm des bateaux de gré ou de force. Je suis ,

Monsieur , votre très-humble et très-obéissant serviteur , ■

^ Gubrapin.

Observez , s’il vous plait , les feux des ennemis , parce que ce sont (les avertissements qu’il doit entrer tôt après quelque chose aux lies, et faites tenir de bonnes gardes avancées.

P. S. J’ai prié M. de Corboo d’envoyer k Morgues; U me promet de le faire qu’il aurai^rlé à M. le maréchal, qui l’avait mandé et qu’il élaiten chemin uver.

M. Duplessis-Besançon répondit de la sorte au nom du duc de Parme relativement à la note envoyée par M. le cardinal de Richelieu.

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