‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 57 sur 171 · TOUCIIAST LE SECOURS DE PARME · texte numérisé non relu

TOUCIIAST LE SECOURS DE PARME

Messieurs,

Je vois que vous vous préparez à l'entrepiiac des lies, laquelle, à cause (pe les ennemis sont si pourvus, non seulement réussira ti-ès- Hifficile, mais pre.squ’impossible : sans doute dans celte entreprise mourront les meilleurs de vos soldats et oflîcicrs; c’est pourquoi l’obligation que j’ai envers .sa majesté et le service de M. le duc de Parme, mon maître, me contraint, messieurs, à vous supplier de considérer quel préjudice cela apportera aux armes de sa majesté, si, hasardant une telle entreprise, elle ne vous réussit bien, et que quand même elle vous réussirait, le secours de son altesse de Parme demeurera entièrement empêché à cause du dommage que vos tivmpes recevront nécessairement. L’empêchement de ce secours contraindra son altesse de céder à la force et violence des ennemis, et sa chute rendra odieux à toute l’Italie le nom français, pour avoir abandonné un prince si zélé à cette couronne , et qui , si généreusement méprisant les olfres des autres, s’est jeté entre les bras du roi. En ce trouble, rien ne me console, sinon la grande prévoyance de vous autres-, messieurs, la- (|uellc me fait espérer cjue vous embrasserez le parti le plus assuré , et me conduii-ez promptement pour débai-quer, afin de secoui ir M. le duc de Parme, lequel je vous déclare, messieurs, ne peut plus résister, sinon peu de jours, où l'entreprise des lies se peut remettre en uu meilleur temps avec notre plus grand avantage.

•' , ,, NOi'ÿHWBRE 1636. 185

Dans'I^s di'pé^es Crantés, le M. le cardinal de Richelieu et M..8^No^ers coittinucnt d'Âkgagcr M. de Sourdis à s’occuper efHcacedlent de l'attaque des îles. Le gouvernement français a^cliqit/'^ved raison à cette entreprise ui^ telle impotence qUft les .tT9is.^i(ttrcs ^vantes sont écrites pdUr'ainsi dire coup sur^SSip,, à vingt-qualre liqpres de distance. • . , ‘

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

A M. L'AJtCHEVBQL'^ J)E BOBDEAUX, TOUCHANT L’aTTAQUB DBé tU'^ 9A1NTB-NARGUERITE ET SAINT-HONORAT.

* De Corbic, ce tg poverebre i6j6.

.. . Monsieiw, , - •

A présent que DiSii a remis Corbie dans l’obéissance du roi , et que M. le cardinal de t'a Valette a mis en déroule unc'boilne partie de l’armée de Viallasse , le contraignant de repasser toutes les riTicres, avec glande perte d'hommes, de munitions et de canons, et de se sauvée dans la Fiànche-Comté, il n’y a plus rien tant à désirer pour le bien des tifTairesdu roi que la prise des iles Sainte-M.-irguerite et de Saint-Honorat , dont bien que je sache que vous connaissez la conséquence, l’importance de l’aUaire m’oblige néanmoins à vous dépècher exprès M. de Baumes , duquel vous i»yet l'estime que je fais , afin d’insister et presser tout de nouveau l’atbique destlites iles , et vous donner avb que, comme M. de Nantes ayant été rappelé, vous êtes seul chargé des soins de raimement naval , tant du levant que du ponant. Il vous importe extrêmement d'empêcher, par votre diligence accoutumée, que Ces messieurs qui commandent les forces du roi ne poissent ~prendre aucun prétexte de retardement sur le défaut des vaisseaux, galères, tartanes, et généralement sur tout ce qui dépend du fait de la marine. '

Je ne vous recommande point l'union et la bonne intelligence avec un chacun , puisque ' comme vous savez que la division est la ruine des meilleures résolutions, je suis assuré que vous u’épargneiez rien pour

186 LIVRE I.»i-»êlAP. U. , r.

l'empMier, oonsM<fi-ant que le

g<itie en ^itérai la rÿputati£^)ei armea <ft roi , commV^.eat une.^ treiyise qui ac doit exérutc'r par l'ajin^ uarale, il ||(*a plus partiPt^ liérepient de opile de vos amis; U‘muignez-moi donc^n .ce' reucontrd o6mt>icii elle yoi^ «t ch^, et, sans vous ^ri'âter Jhx fr.'MS ni'% la dépense, faites l’impossible pour la faire rdusÿ; ptiis4^e ib» Ut iH||péÿftl une pirtie de la satisfaction, ■■ ' •

Monsieur,

J De votre très-affectionné, comme frère , à vous rendre service,

, Le Cardinal (jK’RlcnSLiEu.

t*. S. Je vous conjttrc encore de faire en sorte qoe l'attaque des lies ne manque point faute de cc qui peut dépendre de ma charge et de vo« MiDS. On a fait pourvoir à tout cc que le Picard a pu d«»lrcr. Je vous prie, en attendant, et ^ur l’assurance que ]c vous donne, qu’il porte lc« fonds nécessaires pour toutes les dépenses requises \ je ferai esn sorte que rien ne manque. Vous ee me aauriet obliger en "hne occasion qui me soit M sensible que ceHe-ci ni qui m’oblige plus k vous sen ir. . ^ .

A M. L'ARCBEVfiQUB DE lOltDEAVX , POUX LE PRESSER DE FAUVE ATTAQUER LES ILES.

• De Cbantillj, le so novembre i636. •

Mons. l'archevêque de Bordeaux , ne recevant point de nouvelles que vousajexcommencé l’attaque de mes ennemis dans les Iles de Sainte- Marguerite et de Saint-iionoratfet ajiant cetta affaire grandement à ctEur, comme la plus considérable que je puisse entreprendre pour la réputation de mes armes et l'avantage de mon État , je vous dépêche le sieur de Baumes, premier capitaine au régiment de la Marine, pour presser cette attaque et y être présent, avec charge de vous témoigner de nouveau, comme j’ai déjà fait, pariesieurdeFrémioourt, quevous ne sauriez me rendre de service plus agivlable et plus important que de lever toutes les difficultés qui peuvent retarder l'exéculioii de cette entreprise, du succès de laquelle attendant des nouvelles avec impatience, je me remets sur le sieur de Baumes de cc que je pourrais ajouter ici

LETTRE DU ROI. — WOVEMBRE. t636. 187

iUr ce sujet, désirant que vous luidonuiee entière créance; et sur ce , je prie Dieu tous' avoir, mons^rarrhevéque'Si^u'ddaux, en sa sainte, garde. "*■

^ LOUIS

, J[ SuBieT.

LETIIIE

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