DE NOYERS
■rr-v'
A M. L'ARCBBVâqeE DE BORDEAUX. *'
, PeCorbif.^at oaTembre, aAs.
Mo.vsieur ,
Je lie vous puis dire combien son éminence porte impatiemmeul le délai de rcxéculioii du dessein des iles. Le dçrnicr courrier avait rapporté que c’était pom- le 10 «le ce mois , et à présent l’on nous dit que tout est prêt , excepté ce «|ui est des galères et de partie du reste des vaisseaux ou plate.*. De grâce , monsieur, pourvoje/.-y «le s«>rte que l’on ne se pui-s.se excuser sur nous , et faites <|ue rien n’y mam/ué, quand vo«is devriez cinpninter de toutes part.*; faite* «|uc rien ne retanic cette si importante entreprise, cl ne doutez que de «;à son éminence ne fasse valoir vos services comme d'une personne «jui lui est extrêmement chère.
J’envoie la «lépFcbe qu'avez «lésiréeà M. d’Allimi, et lui fais sentir «jue l’on ne peut pas approuver sa procédure; et eii'’vérité, monsieur, 'il est insupportable de voir un gouverneur mettre par surprise toute l’armée Y'ii hasard dépérir. ' *' '' •
' J’ai ) vous diie «pie deux cents charges de blé saisies par le sieur Foucault ayant été réclamées par le commis de M. d’Argencourt, son émincn«x n’a [>as voulu lui tenir la rigueur, comipe* vous le v eiBrz par l’arrél du (xiiiseil de la marine. Je vops prie atissi , monsieur, de v«>us y rendre facile en faveur du profit. •
Au reste, si vous ne nous mandez de bonnes nonvelleaqje* fies, 'tout est perdu , et il restera quelque chose à désirer à notre joie : Dieu vous ^ en donne les moyens, et me faites l'honneur de me croire.
Monsieur, votre très-humble et trcs-aircctionné serviteur,
' . De Norsas.
(88' ^ UVRE l‘— aiAP. U.-
I)a|^cettç dcpècbe, M. le cardinal de Richelieu exprime de <o6uvhiu tout son éâiiuiemcnt et ^on im^ntentement à M. de Sourdis sur les MMards a|>]K>rtés à l'attaque des îles. 11 lui enjoint expressément, dans le cas où cette attaque serait impossible, de .s'occuper ^tM^elai de faire embarquer les troupes destinées à M. le duc de ftiwne. -- i , w «
LETTRE DE Me LE C.MIDINAL DE RICHELIEU
'a m. L'ARCIieVKQVE DE BORDEAUX, TOUCSANT l’ ATTAQUE DES ILES.
D« Ruel, et 3 d(^ccaibTf iS36
' . Monsieur ,
l.e capitaine du régiment des Iles s'en retournant avec le fonds de U montre dudit régiment <pi'il était venu poursuivie , je ne l’ai pas vouju laisser paiTii' sans vobs faire cette lettre pour vous dire que je suis ex-, trèmoment étonné du retardement que l’on apporte à exécuter les oidrcs du roi touchant l'attaque des (les de Saint-Honorat et Sainte- MargiiiTilc , vu qii’il'y a plus d’un iQois que vous avez mandé de deçà ipie tout ce qui'étai^iiécessairc pour cela était prêt, e^qiie l’oii n’attendait rien pour «yamencer que les galères qui n’avaient pas encore jiilnr1cAnrps.de l’armée navale. J'ai su depuis ipie lesdites galites sont, arnyéçs", mais que tous ceux qui doivent conduire et servir pa cette.
sioii s'excu-seiit les uns sur les autres, et consument ainsi le temps inutilement sans rien faire, ée qui apporte un tiès-grand pn^udice au servile de sa majesté et à la réputation de ses affaires. Vous ui’aviex écrit ^ue voits aviez pourvu de (elle sorte à ^ittes les choses que l'on pouvait désirer du côté de la mer pour (hire ladite attaque, que rien ne manquerait, et que si on ne l'entreprenail pas, le défaut ne viendrait 1»^ dc^ous , mais des autres, vous conjure encore de 'vous y employer soigneusement, afin (pic si cetle affaire vient à maiiqiier| que tout le monde coiina'isse ceux qui en seront cause, et que l’on 'ne rejette pas le blâme sur vous , comme je pr^()js ijue l’on fera, si toutes choses ne sont bien prêtas.
LET* DU CAAü. DE RICB- — DECEMBRE 1636. 189
Vous Mvtic bi|^ que pcrsoi|pe de quelle iqnportance çst |a i-cpH,e des lle^^fa q^ilattoii qu'q^ telle actioii ÿtiiiçi'ail aux tntiucs^ .«du {Oi , combien sa ^je$té la d^ire , el^avec t^ciTc gp^ou je l'ai t6ujours ioubaitt^e. Si c'est cEoiC qui se [fliissc cncucc, comme je le vwk croire ,';ous me ferez tous lea|diüsirs imagiii^l<^j|l’y por^ cés messieurs arec chalêiir et d’y travailler de votre fl#t<i avec voCKjoiié ordinaire-, n’^nt pas ;^intcq«nt ^uesdoii de c^rchcr dés éx&^. <le n'avoir<pas ciitrcpi4l'ladite attaque, mdis bien de trouver lesdKyens non sçu||ip(loU de ta faire, mais aussi de la laije réussir ^ddnîcntement >le n raajesfe. Cependant, si vous jugez tous ensemble ne pouvoir pas venir à bout de cette entieprise (ce epte vous devez examiner bien pirticuliènkDcnt), le roidésivc en ce ca^ que, sui^ perdrodavantaf^fle temps , vous entrepreniez le secours de M. de Kirme, qui presse ex.- Irémemcnl , abii «me si dn manque k reprendre lestes , un puisse au moins caqperver Ira États de ce prince, ipie sa majesté désire assister en tout ce qui lui sera possible et lui feire oonnaltie que ses intérêts ne lui sont pis moins chers que les siens propres. / - .
Ces deux mots sont pour vous dire que vous m’obligerez autant de faire réussin l’aflairc des Iles que si vous me donniez la vie. Je v^é> conjure de Iç croire, et que je serai toujours , *
Monsieur, votre afTectionné comme frère à vous rendre service , '
, Le Cardinal oe Ricuzuiui.