JUSTIFICATION DU M.ARÊCUAL DE VITRY
M. Je mar^lial de Vitry, ne poufaul lui-injaie atuqq^^^. Ücs sai)!> roObreTenir à l'ordre qu'il avait r«fu de ne s'cn pa» niélw, contribua pnurtiuit b l'eiVet de ce d^seiii de aes soin», d* »e« conseil» et de tout le pouvoir de sa charge , avec tant de franchise qu il fut enfin ,\irtA^ par monseigneur l'archevêque de Bordeaux d être de la partie} ce qu lï accepta d'anlant pbis volontiers cpj'il l'avait toujours exli-imcinent ^ire, et qu'il fat assuré ipie ce serait avec le consentement et le bon plaisir du roi et de monseigneur le cardinal > pour cet ell'cl, il dcnmida les chose» absolument nêoaMire» à cette entreprise, et en fit dêlfraer un état audit sieur archevêque tout conforme à celui que ledit siour maréchal avait envoyé au roi de» le moi» de février 1636, et «piij^avail donné audit sieur archevêque de» son arrivée en Provence. LedkSsieur archevêque accepta , et pmmil de faire remettre promptement au pouvoir dmlit sieur maréchal tout ce tpi était contenu audit étal, et sur le compte des eiiupante mille livres que ledit sieur archevêque avait déjà tottciiées de M. l'évêque de liante» des denier» tpi avaient été destinés à «e dessein et levée sur la province; ensuite de quoi letlil sieur maréchal résolut, avec M. le comte d'Haicourl, de la forme de l'aüaquc, du commandement et de» logements, eu p-ésence et du consentemeiil dudit sWiir arcberÀju«. «
Ce» résolutioii» ayant été approuvées par sa majesté et pat son én^ , ledit sienr marédial tira an sort avec M. le comte d Harcourt pour l'altatpe de Tune des pointes, et celle du levant Ini étant échue, il prit jour pour l'exécution au 40 novembre, et, attendaul I eftèl de la promesse dudit sieur arclicvêque, il retira les régiments de la Totu-, Vaillac et Saint-André des piapes de leuraganiisgn», lesqqelles d renapbt de dix-bnit cenu hommes qui epaiettt ^ fournis par la povince ;
m LIVRE I. — CHAP, II.
outre cela jil assemlila tout aeaimû, r^pnToqua lu MoUe«*e, attira par la conai4^tion d'houiieur toiia oew^jpû iâUaient ou avaient jamaia fait prql^pii des armes, et agit en cet endroit avec tWit de Miu, de proiîÿlihide et'dc pifivoyance que, dès leG 'de novembre, délogea à trois lieues deÇannes (lieu destiné pour rembarquement) cent trentesept compagnies de gens de pied , six cents gentilslionHiiea et, plus de cinq cepts ^loul.aircs, tous lestes et bien armés, et prêts à bien faire.
Il était ab^liiment nécessaire d'avoir des bateaux pour passer aux lies, des huttes pour s’y loger, et du canon .pour Idrcer les enneims; tout cela était compris dtus l'état susdit^présenté au roi et audit sieur sÿoiievéque, dontjl avait acconlé tout le contenu, outre qu’il avait prpqiis dès le mois d’aoht à M. l’évêque de Nantes, lorsqu'il en reçq) les cinquante mille livres susdites, de tenir pièt tout ce qui serait né~ cessaire à l’exécution de ce dessein pour le 1 5 de septembre; mais rieu ne s'étant trouvé en état, non pas même à ce jour destiné pour l’attat|ue, c’est-à-dii-e au fO de novembre, ledit sieur maréclMl en conçut un regret qui ne se peut imaginer que par les gens de eoenr, qui savent combien soulDe un courage passionné, quaixl il te voit dans l'impossibilité de joigtlre l'ennemi, alors même qu’il est prêt de l'attaquer et qu'il sc voit^ipsez fort pour le défaire; et voyant le sensible déplaisir qu’en témoignaient aussi la noblesse et toutes les troupes assemblées, ap^ès avoir pressé jusrju'à l’importunité, et fait presser «utileinent par ses-umis ledit sieur arclievé<;ue de satis^ire à sa promesse, il s’avisti d’un nouveau moyen pour faire subsister ce dessein i: fl retrancha, pour plus de facilité, le tiers dn contenu dans l'état siisdit).;t)l fournit du sien propre les poudres et autres munitions de guerre, foqtttla ne put émoiivQir ledit sieur archevéïpic, ni l’obliger à faire qu’il^evait.
Itatçadx l^rtlesqgels commandement, et qui devaient
vep^rpar la mer, n’arrivcrenl^s, et ledit sienr maaéehal n’obtiIf^|| lanadesoh», de dépensesetd; |irr iiiiiiilipprijilirailrii ijni li ili'|il linii i|;i M.vdii: piét à combattre l'epnemi sanepouvtlIÉftnjiBDcber^ et le regret extrêmedApepire, honjmitin i»taMeintérlêii^to$iv»<i4^»M^ la,Fiauo^(4(int ravantipei^beaa,iempf et. dejSrMMOnjUfe plus fiivombietooeasion qu’on pAt espérer pciu- l’exécq^n-dr pgll^tlrilreprise.
JUSTffICATION*!® M. DE MTRY. DÉC. I63fi. 197
Cependant ce wta^uiont tit du Érait cl produisit dés murniures et «lés plaintes y cfiii obligeraut ledit sTeur. archev<k{ue d’avoir j^côui-s aux artifices dans leâlpiels faisant t'empressé, comme s’il rt-’eût^été coupable d*àiKunc.fÉute, il s’emporta contre ledit sieur maréchal avefe'des violences et des paroles si peu supportables, qu 'encore que ledit sieur maréchal naît pas été Uiul-h-fait insensible à cette ii^uré, il s’en est poui'tant déicndu'avec tant de modéi-ation qu’il a bien m^tré «pte la paWence fai^it une partie de sa générosité, cl que lorsqiÿiÿSmt sei-vir leun, iDue voit uié l'cssent que fort peu le mal qu’on fait à sa personne.^Il dii»imula donc cettt injurti ët continuant toujours dans lu pa^ion qu’il avait de rcndie servifce au roi en l’attaque de ses îles, iljflfc allie de p.artagcr’ ses troupes et son logement*, pourforlilier l’.itlaqié de M. le comte d’Hai-rôurt, pour assurée par ce moyen l’entreprise au p«ril desu pi'oprç personne, et pour suppléer, encore un coup, au défaut dudit sieur arclicvéque; et de ses propres deniers, il se poiirvjil de Iwleaux, de tartanes’, de planches et de Umtes les choses qui lui ixmvaient être nécessaiies; en quoi il a employé justpi’àf trente mille livres du sien, Ictlit sieur archevêque n’en ayant pas fouriTi sept mille des ciiupianle mille qu’il avait touchées de M. l’évéque dë Nant«.
Enfin, la prévoyance dudit sieur maréchal et so’ii xèlé'aû^l^vi’ce ihi roi ayant mis toutes choses en état , l’attaque fut ^soliie jiour le 0 de décembre; des bateaux et tartanes furent donnés aux majors des régiments dès* le 6, les liateaux et tartanes que devait fournir* ledit sieôi archev^iuc n’aiTivèrent que ce joiii*-lk, encôi-e n'y en ay^-il *pas pour faire passer la moitié des troupes dudit sieur mâréchnl, ipii fussent restées à terre Si ledit sieur maréchal ne s’oii fût poury à à ^ dépens. Les vivres et munitions leur fui-cnt délivrés et enibai i|né^ , et les ordres et commandements fuient arrètés eritre les généieux par îles JiilI^ i^ipro<|ncs; mais l’injure du tem^M'ct la tenipiUe eu ayau|~retardé leitécutiôu, ils se rassemblèrent le 9 du même mois, oi’rétèreut entré eux de faire^ l’attaque le lèiideiiiaiii 10,__de métlre drè Ja ^nufi les-' vaisseaux en place , de ëommciicer la battci-ie dès lé point du jour, et d’agir eu sm^ que la descente pût être faUe avifut trois lieues api-ès midi; et apïi’s ces résolutions Icilit sieur maiVchala’étaülrêtné en i*on
IW LIVIÆ 1. — CHAP. 11.
‘ «yuMierf fit puUier ses ofdmjitS4||ie^ à l’«ÜikMX|ue-
nuint d^fiiiwiniera, TMta l»i-tÉ<Wie it» 1)âljfiil4^‘<^‘'TO»w<l^^ .» pourvut i tout avec une diligemo* ineroÿtltte, tu i iiil^
tienoe le jfiir auquel il espéiait «igntler mNi «oôlsg&sniu.unitt^Si^ si importante. «i. '»
Mais lorsqu’il croyait l’alTaire la ptos assurée, il vit son contentémenl travcaaé et son espérance morte par la mauvaise nouvelle qti’il apprit de Hf^ le comte de Garces, maréehal-<le-éamp, et da M. de Lanson , intendant de la justice en Provence, leacpiels. revenant vert lés sept hein-es du soir du Ixird de l’amiral, lui lapportèrenl (pie les ga- IM» ■l’avaient plus de pain; ipi’elies ne pouvaient demeurer plus Imtgtamps dans leurs postes, et ipie l’attacpie ne pouvant être fehe-sam elles, l’entreprise en est par conséquent i-ompiie. Sur quoi ils le priéitnit de donner aux j^alères susdites dix mille rations de pain de celui dont il avait fait provision pour la nourriture des troupes (p^il commandait pour le dessein de l’attaque des Iles.
A cette proposition , ledit sieur maréchal se représenta qu’il ne pouvait, sans préjudice du service du roi, donner’ aux uns ce <pii était absolument' it^'essairc aux autres ; ipie ledit sieur archeréipie avait )P'and tofid’aivoir laissé tomber le» {pitères dans cette nécessité; qu’il n’uvait tenu cpi'à lui- d’y pourvoir, puisqu’il avait averti par M. le l'énéral que les galères susdites n’avaient du pain que poiii' jusqu’il ce juai ; que kii sieur maréchal avait lait olFrir andit sieur andfevAqtie de ldi en faire fournir encore deux mille charges, s’il voulait senlemeot dmmei- sa rescription sur les deux cent mille livres ducs par la province à la fin de novembre, ce ipK ledit sieur archevéïpie avait premièrement accepté, et depuis négligé, suivant ses inégalités ordinaires; que n'axant ipie vingt-quatre lilille rations de pain, <pn. n’étaient (]ue pour Mvfli ou quatre jours ; il n'eti pouvait dotiner b moitié sans bire dn ^nd tort à set troupes, et sans les aoettre an hasard de ne pouvoir servir coiifonnément k cetp’on pouvait espérer d'dles; qu’après tout, si on lui e6t éNanné avis pins tét de (iette nécessité, il y eût ponrvu an péril de tout son bien, et ^’il e<ftt bien empéidié ipie l’entreprise fût rompue. Bl pour relever ce troisième défaut, et ne plus rmanfer de là
JUSmiCATlOH DE M. DE VITRt. — DÉC. 1630. 191»
en roi , expÜdient, qn’il lahSrait le-
l’année navale, fe^nels !>nifulk^ rétrrojraiit le* autlw daiu leur* pôr^', tlrprlir
lejMni^ aox gaiière*; q»)ê pàr iftoyen ellcs'(9)sisteniiciit bèouoohp'plü* long-témp*, et l’Atâque en serait beaucoup plus assurée , ef*qu'%i>fin ,''Ü oô' hé' l«ir donnait du pin fpie pour‘«i& jours, cv ser^t iban^êîinér à la*diAréÉion des eiiiieiais les t^p^ljnf avaient fiiW')6*dè»cei»«e. 4
' 'IVate* ce* propoMon* et raisontientttits méritaieîfl alfnioins une cdnl^nce pour le jour adivaiit; %iais lcdjt sieur maréchal fut bien éMhné quand on lui vint dire ^e ledit sieur archev4l|iie , sans voO^i enlrer^én considération de ce qui se ptsûvait ftire, avait fuit puBlIér la rupture du ct^iii de l’attaque, et qîi 'ensuite il avait fait pirtir vinfjtchM( vaiiaeautr, qu'il suivit dans nne cha|m||ie sans avertir les galères, lestpiellet se voyant àlrandbniu^cs prtiHIp'dcs le matin du 10, apiih> la première garde.* Airisi fut rompu le dÏM^n de l^ttaqne pr t'inlprévoyaiice dudit sieur aréhcvéque, Ibrsii^'ledit sieur ^réobal pnsaif encore le remettre, comme Heftt lait,' si dialit s^^^j^liévé^iir
eiH éotraté ses propositions, on qu’il‘'éîSt eu une volij lonsentir an moins k l’ettéciition de celle en)reprise. De* refi dAiit ledit sieur archevêque a été Ta ieule éaiisé^Taissent à croire qu’il n’ent jamais •ihtentiou de feire mal aux ennemis; en ellét, les bamnn ne furent assemblés ^’ue le 28 de novembre, cncorrf étaicnM'l* dégami* de rames, èl si ledit sieur raariMnl- ne leur ea êbtliit fbox-mr k l’instant';’ ils «’enasent ps été'en état dasuT]^ aicrCSréni
un état tpie le décembre, et au même jlluj'Teffés lïinrt 'Consignées au* nit^rs dek régiments. L'ordré pur avIwT des ounlevriM* n<f Wl délivré par létiiÿ sieur archevêque «pie le 29 novimbre ,*et l’edéCntlSi n'en fut faite cpie le 3 décembre. L’amirtd n’aTriva ira prt de t'Ill'ctte, beu de son attaque, qée le ^ de décembre, et éotoi-e.qn’ii y ejftdii côté dé M. le marfthal plus dé sde hiiHe hommes^ d n'v arnit de 'Bateaux <pie pour dAxt'mille six éenû; de sorte que/ sans les tartailé|'Anil M. le maréchal s’était purvu de^cs proféls dcrtitfrs f lès t^oopm qéesent été cotitramie^e''deraBltrer k teireTic ♦ ■,» t*
Quaii k cette denilète n^Oa!Ml|ÿ.<iM'galèfle8)'ll ktqueHe'Mit sieur archeT^qfl^'a pas voulu potfhr<9i% ni 'jjtar Ut:d»sKMt^ou<^ lèsvice dn roi, ni pârVaellede M. l^géiWral, nevetfd# ■^Haigneui'l^fbl*’diiial, sd?/Qenfaiteui', Il f a grande apparence que atl'ecléc, d'autant que ledit sieur g<‘nAml lit signifier,.eudtt i#a)r}rebevéqiic, di's qu’il fut arrivé dans le pOK de l%éoiJe, quHl fa'evaq*du |)ain pdtu-^lea galères que pour un mois ,'ef l’a tobjp&a pi-easé d’y pourvoir; "mais tant s'en faut que ledit sieur archevêque eiit j£[ténu compte, qu’au 'Contraire il laissé tout dé&illh",, ledit, sieur général n’ayant pu obtenir de lui que des ODlépris efdes paroles outragenaea Et dk.'{ait quantité d’honnétes gens sâRnf bien qOe ledit sieur arcbeVéque dlt'Mtit haut que les gklères devinssent ce qu’elles poortiaientlKveair ; quea’il ne leur fallait qh’un testdn ou un biscuit ^ H itewur donnerait pas , et qu’elles lui étaiediqpdifféiyntos j'piocédé bien c^ti-aire à oaiul de -M. le maiv’-chal, qui a*dM||ÿlapromesseii M.-hë général que, povsix mille livres en argent, il hd|Hâitdouuer deux centAihargèsdelSé, afin qn’en oette occasion leaiipdjfel^toMabdt* dauiatidre service, oompie elfes éusseï# fait si dadit nènr anBMjiiMKaM fait de son cété' ce qu’il était obwrdé'fàire. Certes, on |>einU)|ç*ser .ledit sieur archevêque ou de^ieu ’â|^£ti«n ses (varoles, de âdélité en ses services,
puisque Idi-méme ay.viii fait saVoir'dès le premier de décembre qu'il avait soixtnte-dix mille rations dc peina Nice ou il Antibes, mille charges de blé à Cannes , Saint-Troplb»^l^itis et Toulon, aaiis'celui qu’il attendait de Marseille et du Languedoc , et qu’ayant enfin déchue dans lë conseil de gnerie du jour précédent ipi’il avait des vivre* pour toute l'arméeiftvale, dont les galères font partie, pour l’espace de tingt jours après bxleacente 'pu il n’a pas dit vrai quand ii'a''‘Mt’t!pUe dédia nation , ou'if a vÂnla'raMpre le dessein de I 'atUqn^kfipAïH>^r » refusé d’dfciéler les galères.' -’H V- , j .j;»
'^ttiiin, trois raisons peuvent avoir porté iMt sieuii archevêque -à nl^Mr le deaèéin'de^’aUaque des ttes: lee’deux préAièm sont des ellets qaef^ baiti&^livxlBit^pertlint , et la lro■lièAl0^e■M^liï de son intérêt parâcUert ■ r ...
’’ La preiàière est qu’ayant' maltraité M: le géniftui eu toutes ren-