‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 66 sur 171 · RELATION VÉRITABLE. — DÉCEMBRE 163G · texte numérisé non relu

RELATION VÉRITABLE. — DÉCEMBRE 163G

leilit sieur marc^chal lui envoya le sien pour pareil temps. Là-dessus chacun se prëpai'e tout de bon ; les derniers ordi-es de l’attaque sont donn^, quelques vaisseaux qui devaient passer du Gourgean au 'Miéoule et au conti-aire font en diligence la navigation lu^ssaire à ce changement avec l’assistance des galèi-es , et les troupes sont mandées sur le bord de la mer pour s’embarquer; mais un orage de labesche s’étant levé dans la nuit du 6 an 7 avec de tn's-grandes pluies, il fallut difl’érer nécessairement, renvoyer lesdites timpes en leurs quartiers et remettre la partie jusqu’au premier beau temps.

La nuit du 7 au 8 le beau temps étant l'evenu, M. de Baïune vint trouver M. le maréchal de Vitry le matin ensuivant de la paî t de M. le comte d’Harcourt , aiin qu’ils se pussent voir le matin même sur le bord de la mer, entre Cannes et le port de Théoule, pour y convenir derechef du jour de l’attaque. Ils s’y trouvent tous deux sur les neuf heures, accompagnés de MM. de Lanson, de Baume, de Fi-émicourt et de tous les officiers de l’armée, où, après plusieurs témoignages d’amitié reçus et donnés de part et d’autre, il fut enfin résolu que dès le soir tous les vaisseaux qui étaient audit port de Théoule commenceraient de passer du côté du Gourgean, aCii qu’avant le jour tous les postes qu’ils devaient prendre pour favoriser l’action fus.scnt occupés ; cpi’il ne se ferait qu’une seule attaque , et que toutes les Iroujies, tant de l’un que de l’autre, feraient leur descente ensemble à la pointe de levant de l’ilc Saintê-Marguerite avec le couimandcmcut absolu de la part des généraux et des officiers publics, ainsi que ledit sieur maréclial l'avait toujours estimé fort à propos, tantpoui' ctiv: plus puissants en un seul endroit que divisés , ijuc pour avoir plus de moyens de s'opposer à l’efl'ort des ga^ 1ères ennemies, tous les vaisseaux se trouvant unis, etgaider plus facilement l’enti'ée du Gourgean.

La chasc ainsi résolue ,'M. le comte de Carces et M. de Lanson furent commis par M. le comte d’Ilarcourt rl’aller avec lui sur l’amiral pour savoir de M. de Bordeaux l’état de la subsistance des vaisseaux, des galères et des troupes qui avaient été premièrement destinées à l’attaque dudit sieur comte d'Harcourt, dont la plupart étaient venues de Languedoc un mois auparavant (car pour celles du maréchal de Vitry,

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ledit sieur mari^rlial y avait donnd bon ordre à l'avance, pour empêcher que le service du roi ne reçût aucun retardement de sa part ). Ils vont donc sur l'amiral, ou, apiès avoir assemblé les capitaines de l'armée navale, ül. le <;énéral des galères et M. le bailli de Fourbin , M. de Ilnrileaiix , font voir par extrait de ses provisions , qu'il avait de quoi faite subsister latlitc armée, |>artie jusqu'au mois de mars, partie jusqu'à la lin de l'année, et du pain pour huit ou dix jours aux troupes de M. le comte d'Harcourt; mais les galènes n’en ayant plus que pour le lendemain 9, et ledit sieur de Bordeaux protestant ne les en pouvoir assister que de cent cincpiante tpiintaux pour le plus (tpii n'était que pont' iltân jours auxdites galères, et qu'encore les faiidrait^il prendre sur celui qu'il avait destiné pour lesdites troupes), on prie MM. de Lan.son, de Baume, de Frémieourt, de voir le soir même M. le maréclial de \itry, pour savoir de lui, s'il ne pouvait point les en accommtHler , d'envoyer quatre eent cinquante quintaux pour faire aller lesdites galères justpi'au 16 ou 17 , pendant lequel temps l'on en faisait à Fréjus, a Saint-Tropez, de quoi les (aire vivre du jour à la journée , ainsi ipie les avis du sieur président Seguiraii le faisaient espéivr.

Ils vont donc trouver ledit sieur mai-éelial, auipiel ayant fait la proposition et demandes susdites , il leur répondit que tout ce qu'il avait de paitv'poiir scs troupes, tant pour faire un peu de provision dans les Iles que pour leurdistribueràrcinbarquement, ne montait pasà ce nombre; il leur olfrc ensuite de leur faire ouvrir les magasins yjour en voir la vérité, leur témoignant au surplus «pie la passion «pi'il a pour cette affaire ^ûiit cause «pi'il avait déjà fait donner à Fréjus deux cents charges de blé pour lesdites galères, et une promesse pure et sim[£ de deux mille écus à M. leur général pour trouver de l'argent dessus ; que, pour son regard, ses moyens pi-ésents ni scs provisions ne pouvaient s'étendre à «{avantage, mais «pi'il lui semblait «pie le meilleur' expédient «pi'il y eût à prendre en cette néccssité‘, étaitquepuis«pie l'armée navale avait encore Ixiaucoup de vivres , il ne fallait «pie retirer quinze ou vingt des plus grands vaisseaux, et laissant aiixditsde «pioi s'en retoiuncràToulon. prendre le reste de leurs vi«;tnailles pour les galères; et «pie par ce moyen

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elles en seraient pourvues pour plus île temps qu'on n'aurait besoin de leur pr^cncc.

Aveo oette réponse , MM. de Baume et île Froniiroiut s'en mouruiQntaussitdtà l'amiial, et reviennent le leiMleniaiii matin avec une offre par écrit de M. de Bordeaux , qui portait que si M. le m.aréchai,dé A’itrj lui voulait sincèrement remettre toutes ses provisions^ les fours et les moulins qui étaient en sa puissance , il s'eni^ngenit de faire subsister les vaisseaux, les galères et génératement toutes les tniupes dudit sieur maréchal et de M. le comte d’Harcourt, jusqu '.à la fin de l’année. Mais comme cette proposition n’était qu'une chimère incapable de produire aucun bon effet , tant pour le temps qu’il y fallait iierdie que pour l’impossibilité de la chose, et que d'ailleurs ce rjiii s'élait pa^sé ctitre ledit sieur’maréchal et M. de Bordeaux ne permettant pas .au premier de prendre aucune conbance à l'autre, ledit sieur maréchal ne jugea pas aussi la devoir accepter et commettre son honneur et la sûreté des troupes qui étaient sous sa .charge entre les mains de son ennemi , puisque c'était à lui de répondre de tout ce qui en pouvait arriver au préjudice du service du roi et repos de son gouvernement , et que le blAme ou plutôt le crim^ qu'en pourrait encourir M. de Bordeaux i>e l'en pourrait pas garantir; enfin, après avoir proposé de ne garder tantôt que huit galères, tantôt que six, lesdits sieurs de Baume et de Frémiconrt s'en retournèrent à l’amiral sans résolution, et les gaIcKs furent contraintes le 1 1 ensuivant de s’en aller du côté de Toulon , où elles arrivèrent le jour même, et par leur absence rompirent enlii*remeut le dessein d’attaque des lies.

Voilà comment une entreprise si expressément commandée du côté de la cour., si ardemment souhaitée de la part de ceux qui eu devaient être , si in^tiemment attendue de toutes parts, et pour laquelleon s'était «i^puRliquenaent et si ouvertement déclaré durant près de quatre moit, manqua tout d’un coup, en apparence faute de quatre cent cinquante quintaux de biscuit, mais en effet l'extrême nécessité des vaisseaux , ceux des escadres de Provence et de Normandie étant à bout ■le leurs victuailles et ne vivant que du pain frais qu’ils faisaient faire en terre il y avait plus de quinze jours , et des autres la plupart ne pou- I. . a8

vaiit aller jusqu’au 20 décembre seulement ; de sorte que M. de Bordeaux, qui avait la direction de tout, jugeant bien que l’atta<jue de» îles n’était ps une airuire de huit joui-s , que la présence de l’armée navaje y était nécessaire pour se c'onserver la communication de 1^ teri'e feç^ae, qu’iln'avait psdc quoi faire subsister les troupes de M. Idi comte d'Harcourt, et qu’il serait Justement chai'gé envers le roi de l’événement de tous ces dcHîiuts , les gàlèi't^ étaq^ arrivées contt'e son attente, il lit artificieusement couler le temp des vivres qu’elles avaient apportés, tantôt pour le maïupie de bateaux et tantôtfaisant jouer aux barres àUtuititc de vaisseaux (ju’il faisait passer et repsser du Gourgean âuTbi^ulc, etdu Théoule au Gourgean, pour arriver à cette lin de i-ejeter siir leur général le manquement de l’attaque, vuique la vigilance et l’ailcction du mai'échal de Vilry lui ôtaient le moyen de lui pouvoir endosser cette pièce. C’est ainsi que la malice , imprudence et mouvements déréglés d’une personne qui devait agir avec franchise , bonne conduite et sanspssion, comme la charge qu’il en avait, sa profession, et l’importance de la cliose le voulaient pat;- toutes sortes de raisons , ont ôté^à tant de gens d'hoiineup le moyen dë se signaler et bien souvent; mais celui qui ne lit jamais bi^n.ne pouvait ps mieux faire en ce rencontre, puistjue les vieille&JÉMiauvaises habitudes ne se puvenOc^nger sans une métamorplioejejâit» exemple de celui tpii les a o|pj|ractées. '■ »

Maintenant, pour déti-ompr les esprits prévenus des artifices de la calomnie des méchants contre les gens de bien , il sera bon d’éclaircir un pu les choses en faveur de la vérité, afin (jue pr leurs diverses façons d’agir on puisse mieux juger de ceux qui sont capbles de louange QU de blâme, et qui méritent le châtiment ou la bienveillance du maître.

En cette alfaire, il n’y a que M. le maréchal de Vitry et M. de Bordeaux à considérer, à cause des divei'ses fonctions de leurs puvoii*» et de leurs charges : voyons succinctement ce qu’ils ont fait , car ]xhu' les auti-es, ils ne puveiit avoir contribué tpie leur consentement à ce qui était bien conduit, ou une lépugnance inutile à ce qu’ils voyaient aller autrement. ' -

REL,vnO> VÉRITABLE. — DKCEMBUK 16M6.

Quant au martfehal .le 1^, h sibsisUnce a« geiM. de guerre , le> taire approclier <|uai«l il ^ temp* , l’entreraise de mn autorité «Hoii le besoin et le courage dans l exécution, sont propremeill les clioses ...i dépendaient de lui ; tout Iç its^e pour arriver à cette fiéii «wme les ■bateaux , les préparntifo et Û pMviiyance ^ur faire sufeister rarmée navale, ou n’engager pas si avant les allaircs s’il y avait de l’impuissanoc , était absolument du fait et de la disposition de M. de Bordeaux.

Il faut voir si le premier ir’h*jnqiié à quelqu’une des obligations qui le legardaient, et si l’autre a feil dans le temps et avec jugent ce

(lu’il avait à faire. ./ * i • ui

Potu* le premier et second point «le l’artirle pn^«M^enl , il a M visible à toute la province que le maréchal de ^ ilry a pleinemenV satisfait a ce qui le pouvait oonceriier pour ce l'egard , ayant fait subsister les troupes aux lermesqu’il fallait, et simplcqient selon leur nombre, pour ' ne désespérer pas un petit canton de pays accablé de la multitude de plus de cent trente codSpagnies de pied , de cent maîtres eUectife et de la plupart de la noblesse de Provence dtuanl'un mois ou cinq semaines, ' et qui avait d’ailleurs été continuellement foulé depuis que les ennemis sont dans les Iles. Quant k la situation des <|iiartiera, elle était telle qu’en quatre heures touWÎfcs troupes pouvaient être sur Içs lict^ de leur embarquement. Or, comme les logemenU voisins «Itsdits rieiix devaient être soigneusement gardes et conservés pour servir seulement dans le véritable temps de l’attaque , leilil sieur maréchal avait toujours été d’avis de tenir les gens de guerre dans un juste éloignement pour cet effet , et ne les faire avancer que deux ou trois jours, auparavant ; mais il fut contraint de se rendre aux pressantes instances de M. de Bordeaux, qui assurait que tout était, prêt , ne voulant pas lui donn» ■ prétexte de dire qu’il manquât rien de sa part.

Quant au troisième point du susdit article, M. de Lanson et quantité de gens d’honneor sont témoins que le maréchal de \ itry non seulement n’a jamais refusé ses ordres , ses gardes ni autre chose qui pflt dépemlrc dé lui pour gagner temps ou autoriser ceux qui devaient agir, mais qu’il a toujours été au-devant par ses otlres , jusques a pro^ ser à M. de Bonleaux, en présence du sieur de liMMon, que s’il voolail

envoyer €{ucl(|u’iiii tle sa- part aux lielùt-j^rcouvoisins dans la montagne, pour y prendre jusques à trois mille cliai-ges de bltS q[«’d le ferait accomixigner pr deux ou trois de ses gardes, et qu’il ëtait pr^t ■ <le s’obliger avec lui de dix mille écys, Iç^itcs les fois qu’il en serait. besoin pur le service du roi , bien loiito dWoir fait fermer les greniei-s pur einpelier que ledit sieur de Bordeaux n’y trouvât de quoi faii-e subsister l'armi-Wî navale; et faut mettre que cette dernière offre lui fut faite pr ledit sieur inai-éclial^'i Antffeer, pins d’un mois avant la 'rupture de l’attaque des îles.

On ne dU rien ici du «piatrième pint, vu <pie le raarècbal de Vitry n’a pas été en pint d’en venir là, et que .son affection pssionnée au service du roi, t'cux qu’il a rendus en tant de renoxmli-cs imprtantes, la cJialeur avec laquelle il se prie à tout ce qu’all’ecüonnc M.le caixiinal, et une dêpnsc de Ircntc-tixjis mille livres qu’il a faite- «le son argent cti moins d’un mois pur se fournir de pudres, mèches, ]>Iou)l)s , tartanes , bateaux , officiers d’artillèrie , feux d’artiflee , planches à se hutüèttdans Ifcs îles, 1k>îs de platesr-foi-mes et autres choses al^luinent nécessaires que les chicaneries et la mauvaise volonté de ,\1. (le BordcautjîtJiu'- refdfsaicnt, ont été des marques visibles a tout le moitde si le violent désir (|u’il avait d'obéir aux commandements de sa majest^isui-lout en cettcatlaque, n’a ps toujours été jiiscpies au piiit de Éexcès en lui. J’ajoute à ceci la pi-évoyancc dudit sieur maréchal à faii*e «-onstruii-e aux dépns du pays les quatre grandes plates qui devaient s<;rvir pur ladite atta(|uc, contre lesquelles ledit sie'iu- de Borilcaux ii’a rien oublié pur les d«‘crier, afîii^quc les gens de guerre i-efusassent de s’embaïquer dessus, et pur les faire ph-ir, comme ih est arrivé dhine, en refusant les anci'cs et les câbles, proprtionnés qui leur faisaient besoin, voyant que pr l’épitaive qui avait été ibite au Gourgean elles tournaient aussi prestement et faisaient autant de diligence qu’un bateau bien ai-mé de voyagciu-s , et que les prsonues de bon sens et cntendue%àn métier non seulement li» approuvaient ,

ci CI|ICIlUUC<^ylUI hvm» m.w }

fumais les tenaient puu- les plus util^pi('x>es de la descente' <|u’on avait

. ’ à faiix:; mais ledit sjeur de Boi'deaux , dans la haine qu’il prtail au maréchal de Vit^/ pree qii’ilie pressait continuelleracnt de faire ce

vi: .

RELATION VÉRITABLE. — DÉCEMBRE 163G. Wt . ipi.’tl làllait pour y panenir, M au sieui* Duplessis-Besançon , (|ui en ëtail l'iiiTenteur, pour aroir reconnu qu'il avait les yeux trop ouverts il ses arlilices, contre sa propre connaissance et pour suivre l'Rijuslicc de ses aniniosiuts, aimait inie^ U^t hasarder que de laisser airiver aucuii genre de malice; il est AlltT dÉi i bien justifié jusqu'ici <|us ledit sieur maréchal n'a rien omis dot choses qui pouvaient dépendre de lui pom- mettre a iin^'cnlrspritc d‘.<Utaqiier les Iles. Voyons si M. <ie Bonleaux a fait de mÀic, elm^les pîépanitHs, les Irateaux et tartanes pour rembarquement des troupes et la subsistance de l’armée navale ont été prêts à temps et en la ipiantité nécessaire. *1

Premièrement, quant aux piépaiatifs ronsistant en fort peu de choses, suiveur le contrôle qui en a été envoyé à In cour avec le prix de chai'une et la eertIGcation du sieur de Boniiefous, iiigéiiienr du roi, qui en faisait la reception pom- M. le maréchal de Vitry, il est certain cpi'ils ne montent pas à huit mille livres et <|u’ils ne sont arrivés au Gourgean sur neuf petites tartanes qu'environ le ‘2A de novembre , quelques soUicilalions et-Unstaiioes réitérées quecMiiit sieur maré- * * chai en ail faites et fait faire à M. de BonleauV ,< qu’il se fût mluir pres(|uc à rien au regaivl de l'importance et illTlii-iiM!^ l'afTaire, que ledit sieur <le Boi-deaux eût elléctivemeiit louché cinquante mille livres pour cetelFet dès le quinrième de septembre , et qu’il efff^romis qu’il y aurait aliondance de tout dans leilit temps, même an-delà'dii mémoire qu'en avait dressé^ ledit sieur Duplessia-Besançon remis entre les mains du sieur Leruj, commissaire de la marine, dès le 23 août auparavant , et dont ledit sieur Duplessis a retenu copie sig)^ dmiît * Leroi. .■«. ,

Il «stOUssi uès-certain ipie fei quatre coulevrines oijrJriltardvs avec leur Kqiiipage que- ledit sieué de Bordeaux devait fournir au maréchal de Mtry pour aon attai|ue ne furent livrées au sieur de RetleviHç,' commissaire-rde l’artillerie, qui Icsillevait commander, que le 4 décentre, bien^qu'il eût fait plusieurs voyagi's et diligences pour cela ; mais outtaè«[ue les ordres qu'dlrlui dounairélaient toujoiii-a conditionnels ou ambigus, on le renvoyait, oomttie'pn dit, de Caïphe à Pilate, sans qu’il eût jamais pu sortir de. ce hibyritAiie , si M. de

Lanson iî€ s'eii fût mèlë , comme il est vérifié par le rapport que ledit sieur de Rclleviile a fait par écrit et par l'original de quelqu’un des* dits ordi'es signés du sieur de Bordeaux. Que s’il faut considérer la conduite du sieur de Bordeaux pour, l’exécution du mémoire des susdits préparatifs, on la trouvera' dëfecitueu.se de tous points : premièrement dans l’insuflisancc et au peu-^e personnel cpi’il commit poiu* cela; secondement, à l’irrésolutioii et changement de ses ordi'es, au manque cl’argent et au peu de jugement qu'il fît paraitix; de les faire eml>ai'qper imparfaits, pour les débaix{uer à Antibes, sans néanmoins faire piestpie rien achever depuis (pi’à toute force; en quoi il se perdit beaucoup de temps , au lieu qu’il ne fallait rien charger qui ne fCtt en état de servir, pour être bon ménager d’une chose si précieuse, et ne rien décharger que dans les lies; mais comme ce personnage fait son idole de la vanité, qu'il n’e.st capable (jue de la superficie des choses, et qu’il donne plus à l’apparence qu’à l’efTet, son principal but est le faste et de faire une vainc montre de cc qui peoÉtreprésenter l’étendue de ses emplois , ])our tranclier du grand dittaottfar et du |Mcmier mobile des aflaiics ; dam ce d<*faut, le secret e^gprtfypatible avec sa langue , et qucltpie fins qu'il penst être , poum u qu’on l’écoute avec applaudissement et déférence, il ne saurait rien taire, non pas même ce qui peut toumei^^ntfe lui; témoin ce qu’i] dit à certaines personnes, il y a quelque temps, qu'il voudrait que totu ks desseins de l’armée navale aboutissent à rien , moyennant qu'il en pftt attribuer la faute à ceux que son ambition et son humeur malfaisante lui fout tenir pour enne- • mis. Voilà comme ses passions et sa haine prévalent par-dessus son devoir, et oeqime dans la suite , en ruine des afTaiics , il a,fait réussir ses , souhaits , 'Inais.'jttnoitié seulement , puisque le blâmsiui in demeure , et qu’à r imitation de ceux crachent contre le«kr> tout Inhume sur le visage. f a ^

Maintenant, pour ce qui est des bateaux et tartanes néofsssiijita à il’embarquement des trqif^gjesijiliaqt ooiûtant, par qajBitité de pâ|fti%ni léjuslifient, qu’il n’ât^w^ q|Àitfonante-sept des premiers en todl, et cinq des second^ «|qp|des de porter seize à dix-sept cents hommes ^çar pour oeUmqt» devaient remplacer la plate qui se perdit an Gour-

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