‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 102 sur 160 · LETTRE DE M. LE DUC DE PARME · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LE DUC DE PARME

A M. DB SABRAN (TRANSBnSE PAR M. DE SABRAN A LA COUR).

Dti 9 mars 1G37.

Monsieur ,

J'ai reçu votre dernière lettre ^ sur laquelle je vous dirai qu'il est très-véritable quje le comte Fabio Scotti a été arrêté et détenu dans Toulon , ce qui a bien surpris mon espérance, comme une chosç qui est tout-a-fait au-delà de ce que j'en devais attendre. Je m'as-

sure néftoinoins que oet ordre n'esi poiot v^eott de la cour^ pukque tant de ^rvice que j'ai rendu à la France , tant d'honneur qu'il a piu à la bonté du roi de xxie faire^ et les faveurs mêmes que j'ai tou*jours reçues de M. le cardinal , ne me saurasetkt jamais penaïader que cette détention vienne du roi , à qui j'ai néme voulu donner de noor veaux téotoignages de ma très-humble aflectkm envers sa majesté , danjs mou accommodement avec k roi d'Espagpie ^ y ayant prooédé de la façon qui est notoire à tout le monde. C'est ce qui me fait croire comme une chose indubitable que le roi et M. le cardinal n'au* ront pas plus tôt appris la nouvelle de cette détention qu'ils ordonneronty même avecquelque ressentiment, cpi'on me lâche mon ministre^ pour témoigner au monde non seulement la justice et l'équité de sa majesté , mais encore la bonne affection que la France doit conserver envers moi , qui ne saohe l'avoir jamais désobligée. J'ai donné ordre il M. Morandi de vous rendre cette lettre^ et de vous dire encore quelque autre particularité. Je vous prie de lui croire, et de voiis assurer que pour ce qui vous regarde je conserverai toujours entière l'amitié que je dois à votre mérite et Taffection que vous m'avez toujours grandement témoignée. Sur quoi je demeure de fort bon cœur, etc.

( Et puis de la propre maÎA dufiit prince) :

Je me réjouis des prospérités de la France, desquelles vous me faites part , et puisque ceux qi^i ont trahi le roi et ses bons serviteurs m'ont empêché de servir dans les affaires présentes , je l'accompagnerai avec mes souhaits , et je demeure , etc.

M. de Sabran envoie à la cour une copie de la nota qu'il a adressée au conseil de Gènes au sujet des pontons qui avaient été confiés à un Génois ; celui-ci devant les pcnter à Cannes et à Antiibes les avait au contraire déposés à Monaco , puis sachant tes poursuites qu'on se disposait à faire, il ayait jeté les pontons à la mer.

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