DANS L*ÎLE SAINTE-MARGUERITE
De Rnel, le 5 arril 163;.
Monsieur ,
Le bruit s'étant répandu de deçà que les troupes du roi sont heureusement descendues dans File Sainte-Mai^erite , et qu'elles y ont eu ï. 43
d abord des avantages assez considérables , je n'aî pu difTérer plus loc^-temps à vous témoigner la jote <jue je ressens d*ua si favorable com- BseDoemefit , espérant de la oontîiiuation de vos soins ^ de votre pru* dence et de votre conduite , que la fin n'en sera pas moins glorieuse aux armes de sa majesté. G*est k quoi je vous conjure de n'oublier rîen de ce qui se pourra bumaînemeut , et de surmonter pour cela toutes soirtes de difficultés ; vous assurant que je ferai valoir de telle sorte les services que vous rendrez au roi en cette occasion , que vous n'aïutt pas lieu de douter de mon affection envers vous , qui sera toujours telle que vqus la pouvez désirer.
J'ai appris confusément la résolution et le courage avec lequel plusieurs personnes se sont portées en cette occasion pour le service du roi^ dont on ne saurait assez les louer. Si j'en savais particulièrement les noms 9 je leur témoignerais le gré que sa majesté et ses plus confidents serviteurs leur en savent. Je remets cela après avoir vu la relation que vous nous enverrez de tout ce qui se fera en cette occasion. Cependant vous leur pourrez dire que le roi ne perdra pas la mémoire de leurs services.
J'écris à M. le maréchal de Vitry , premier président d'Aix et de Lançon , de contribuer en tout ce qui dépendra d'eux pour vous secourir de toutes les choses dont vous aurez besoin pour faire réussir votre entreprise : je ne crois pas qu'ils y manquent.
Le Picard a envoyé depuis trois semaines deux cent quatre-vingt mille livres en Provence, et promet d'y envoyer encore , entre ici et la fin du présent mois , trois cent vingt mille livres , ainsi que vous saurez plus particulièrement par la dépêche de M. de Noyers , à laquelle me remettant pour cela et pour le reste des affaires ^ je finirai cette lettre en vous priant de croire que je suis , %
Monsieur , Votre très-affectionné confrère à vous rendre service ,
Le Cardinal de Richelieu.
P. S. Ce gentilhanraM 8*en va de U part da roi pomr faire cxéoater lautM les choses que woms désirerez pomr son servioe en roeoasioo frësenfce.
A M. L'ARGHEVâQUE DB BORDEAUX.
De SaiDt-Germain-cD'Laye, le 5 aTril 1687.
Mons. l'archevêque de Bordeaux , la nouvelle que vous avez donnée du brùlement d'un grand vaisseau des ennemis chargé de munitions pour les îles y et du beau temps qui se préparait avec toutes choses pour les attaquer ^ avait commencé de ma donner beaucoup de bonne espérauce du succès , et depuis , quelques avis qui sont venus de là par des lettres particulières ayant assuré de votre descente faite heureusement, j'ai voulu vous dépécher ce courrier exprès pour vous témoigner par avance l'extrême joie que j'en ai, en attendant que l'on puisse savoir les particularités de votre part, paur lesquelles il est vrai que j'ai de l'impatience* Avec cela , j'ai cru à propos de mander, comme je fais très* expressément à mon cousin le maréchal de Vitry, qu'il vous assiste d'hommes , de vivres et de munitions de guerre , et particulièrement de ces derniers, pour ce que vous pouirez en avoir le plus bescMn. Je m'assure qu'il y satisfera suivant mes ordres et selon l'importance de l'affaire, et que chacun se comportera avec toute sorte de zèle et valeur en une occasion si honcM^able et glorieuse pour mes armées. Quant à vous f je ne désire pas m'arréter à vous exporter de presser vivement les ennemis et d'achever votre dessein avec tant de chaleur, qu'ils n'aient pas loisir de se reconnaître ni d'attendra un secours , parce que je erois très-certainement que vous y ferez tout ce que je puis souhaiter de votre générosité , prudence et affection a mon service ; mais je veux bien vous dire que le service que vous m'y rendrez me touchera plus au cœur, et demeurera plus avant dans mon souvenir, qu'aucun que vou^ me puissiez faire. Et sur oe, je prie Dieu vous avoir, monsieur l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte garde.
LOUIS
SUBI«BT«
340 LIVRE U. — GHAP. IQ.
A M. l'archevêque DE BORDEAUX.
De Ruel, oe 6 arril 1637.
Que Dieu vous bénisse tous et mette le comble a la gloire que tous méritez , d'ayoir rétabli l'honneur et la réputation des armes du roi et de votre patrie! Gomme je ne puis vous représenter assez efficacement le récit qu'a fait au roi et à son éminence de votre conduite , valeur et vigilance^ le sieur deFrémicourt^ aussi ne saurais-je vous écrire l'estime f l'honneur et la réputation que cela a adjoint à celle qui vous était déjà acquise. Le roi et son éminence vous le témoignant par la même lettre , je n'y ajouterai rien par celle-ci , et vous remercierai seulement de la faveur qu'il vous a plu me faire du butin de Sardaigne, et de celle que son éminence ensuite m'a faite de la moitié de celui des lies que vous lui aviez envoyé. Le roi dépêche M. d'Ozinville, l'un de ses ordinaires, par^ela , afin d'être témoin du devoir et de l'assistance effective qu'un chacun vous donnera dans la perfection de cette glorieuse entreprise. L'on estime qu'il la faut achever chaudement , comme elle a été commencée , et nous faisons par-deçà ce qui se peut pour qu'il ne vous manque rien. Tous aurez présentement les deux cent quatre-vingt mille livres du sieur Le Picart, et dans tout le mois trois cent vingt-deux mille livres , tant restant des six cent mille livres qu'ils vous doivent avancer (les six cent mille livres des procureurs du pays) , tant des neuf mille livres d'une lettre de change qu'a M. Guérapin; le secours d'Aix^ les poudres de guerre qui vont selon vos ordres aux villes conmie vous les avez demandés ; mais il faut donner à M. le général de quoi mettre trois galères en mer, car sans cela celles des ennemis vous incommoderaient* Enfin , monsieur, vous devez être assuré que nous n'omettons rien pardeçà de ce qui est en la puissance humaine, pour ne vous pas manquer en une affaire que vous avez si heureusement et si généreusement commencée ; espérant que Dieu, qui a toujours favorisé les actions du roi p
donnera sa bënëdictîon à celle-ci , et vous couronnant tous de 'gloire comblera de joie le cœur de celui cpii sera toujours , Monsieur , Votre trè»-huinble et très*-afiectionné serviteur ,
De Noyers.
M. de Bordeaux fait part à M. le cardinal de Richelieu des entraves qui arrêtent le bon succès de la descente des troupes dans les îles.
A Itfr LE CARDINAL DE RICHEUEU.
Du 6 arril iSSy.
MoNSEIOlfEUR ,
Le déplaisir que j'ai de voir que nous n'avançons rien depuis le jour que nous sommes descendus a fait que j'ai dësirë qu'on vous envoyât un courrier pour vous avertir de l'état où nous sommes, afin que votre éminence sût qu'il ne tient pas à moi qu'on ne fesse quelque chose davantage. L'on a voulu vous entoyer le sieur Ycart, qui* était à feu monsieur de Montmorency , et qui est un des principaux de l'armée» et qui a iait tout' ce qu'il a pu pour empêcher la descente; mais comme j'ai en apprâiension qu'il ne déguisât les affaires pour justifier notre retardement » je vous ai dépéché le présent porteiur, qui a été à tout aveb grand cœur » et qui a eu son drapeau percé de mousquetades , afin que , par son rapport naïf, vous puissiez juger de la créance à donner aux diverses opinions.
Pour l'avis de M. dHârcourt, je ne vous en parlerai point, non pins que de celui de M. de Carcès qui a été dem^e; mais pour celui du sieur de Castelan , il a toujours été que c'était une foKe d'attaquer fes iles , qu'elles étaient imprenables, que le caAon ne pouvait rien feire au fortin , que des gens derrière des retranchements ne pouvaient pas être délogés; en un mot, que Monterey était une place régulière, fortifiée de contrescarpes; psdissades et fraises : depuis 'que nous avons pris le
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tout» qa'il- se ûdlait draéter là ^ faire dts batteries sur le frioul y se retrancher et partager l'ile afrec las ennemis* Pourvoi j'ai ^të loti|mm d*avis qu'il fallait attaquer, que le fortin se minerait par les Taisseaux, comme il est arrivé; que les * retranchements étaot de pierre, notre canon les rendrait plus préjudiciables aux ennemis qu'utiles; que le fort de Monterey n'était que de boue et de crachat, que la palissade n'était que de xnéobants bouts de bois de trois pieds de haut^ qu'il n'y avait point de fraise ; qu'en un mot , avec un pétard ou un canon de six livres , on jetterait les murailles à terre, qui n'étaient point terrassées, si ce n'était un peu dans les bastions , qui n'ont pas quatre toises de face , le flanc une toise et la courtine six toises. Tout ce que j'ai dit s'est trouvé véritable , et les ennemis nous ont abandonné ce fort comme insoutenable , sans que nous les ayons envoyés sommer. Depuis ce temps-là nous n'avons pas avancé un pas , et nous sommes amusés a nous fortifier contre Sainte-Marguerite , comme si nous avions peur qu'ils nous vinssent attaquer, et à faire des batteries $ur le frioul , sans songer que ndus leur laissons 4eux portes ouvertes aux ennemis , qui est Ragon et le Balignères^ paroà ils entreront quand ils voudront en l'ile; et par oonaéq«»nt, qu!il est inutile de fenner avec beaucoup de soin trois portes qnaftd on en laisse deux ouvertes. On a pris excufe qu'on ne pouvraît aller sans que les batteries qu'ont avait fait^ fussent garnies de canons, et ^qi^'on en eût pour m^ner% J'ai fait met^ye cinq pièces* de vingt-qdatre en chaque batteirie , jet ^x sur des hauts afiûfts pour aller à Ragon. Depuis> on a dit qu'on voulait que les retranchements fussent assurés, et les batteries fortifiées ^ afin d'avoir une retraite assurée en cas d'im poissant seeours. Quand cela a été fait, on a dit qu'on voulait faire une redoute assurée ; elle est faite. On a alors dit qu'on n'avait pas asaes de monde; ils (Mit fait une retue dc^ j'envoie l'extrait signée à votre éninence , sans y . comprendre les malades ^ ceux qui s'en sont allés* depuis que noua sommes entrés dans l'ile, trois cents homm/^ des vaisseaux, qu'on y^a renvoyés, et force volontaires qui se sont setiréa^
» lîLes raison»' de M. derGa9telatt sonfc qu'il ^iautpiarcher 4 l'Espagnol^ de travail: en travail ^ et par aîn^i aller sèr^mept à son ^t.
* Les miennes sont que les eniMnis étaient effi-ayës, qor'ils avaient quitté le fort de Monterey sans qii'e nous leur disions rien y qa'ils avaient bpùlé tous les oorps*-de-gaide qn'ils «vaient dans l'ile^ même jusqu a leur fontaine qui est sous leurs bastions; que naos étions assiunés qu'ils étaient en f;rande discorde^ parmi les Italiens et Espagnols; qu'ils n'étaient point plus de six ou sept cents hommes , dont il y en avait cent de blessés , cent de malades et cent dans Ragon , et par conséquenty qu'ils ne.poai«iîent pas faire de corps pour venir à nous, d'autant que s'ils sortaient, des Italiens se venaient rendre à nous, comose avaient déjà feit plnsienrs ; que s'ils les laissaient les plus forts dans la place, qu'ils craignaient qu'ils ne s'en rendissent maîtres ; en un mot, qu'on ne devait rien appréhender d'eux. C'est pourquoi il fallait, sans toutes ces précautions , aller à Ragon pour fermer la porte du secours ; car, en la prenant, on prenait Balignères, et qu'on lem* ôtait la bat^ tue; et puisa loisir qu'on ferait, les batteries sur lefrioul^ et l'on ferait la circonvallatioB de Saiste-Marguerite, et lors, le secours ne pouvant entier, qu'on demanderait des fonces pour la forcer ; que si nous iaissions entrer du secours et que nous nous retranchassions aeukmeiit, que cela oUigerait les ennemis de la secourir quand même ils ne le voudraient pas, et obligerait le roi à tenir toujours une puissante armée par mer et par terre pour ce dessein. Toutes ces raisons n'ont pu iaire jusqu'à ce jour qu'on ait avuncé d'un pas.
i'ai envoyé le sieur de Quesnel à M. de Yitry pour le f rier de nous donner des plates , lesquelles , sous prétexte de garder les oôtes^ il nous a dtées, M. le comte de Garces nous les faisant venir; il m'a feit une réponse de galimatias à laquelle- j'ai répondu ce que votre éminence verra s'il lui plait.
J'ai envoyé à M. le général des galères pour le prier de yiexùr^ et ai conjuré ceux de Msurseille de ^assister , ce qu'ils ont fiait, de dix mille éous , poar lesquels il ne vient amener que trois galères, otnaime votre éminence verra par sa lettre. J'ai envoyé trois mille écus pour iaire venir les denx vôtnes et celle de Fourbin* La dépense d'un mois ne monte qu'à cela, comme votre ^inence verra par le mémoire que je lui emroie.
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J'ai eBToyë aussi un ooHrrier pour prier ArgenooorI de venir tcK A tous ces désordres .trois nots'de lettre remédieront ;
Le premier, un commiMKlement à Argencourt de venir , et k M. d'Harcourt de le croire ;
A M. deVitry, de laisser MM. de Garces et de Lançon , avec autorité de faire fournir, par la Provence, ce qui nous est nécessaire sans qu'il s'en mêle;
A M. le général, qu^il amène dix galères a Kméea^ sdon l'état que j'envoie à votre éminence ,
Et à M. de Gastelan , pour le convier d'avancer , parce que votre émi-* iience a affaire de lui ailleurs.
Et quand elle témoignera au sieur Ycart, qui est intime du sieur de Gastelan , qu'elle s'étonne un peu de nio^ flegme, j'estime que ce sera un petit coup d'espoir.
J'ai offert trois choses : si on me voulait laisser dans les retranchements avec huit cents honmies, de les garder sur ma tête,, et qu'ils iront avec le reste à Ragon. Sinon, s'ils me veulent donner quinze cents hommes, que j'offrais sur ma tête de le prendre en deiîx fois vingtsquatre heures, ou bien, s'ils aimaient mieux se loger devant Sainte- Marguerite, que j'offrais sur ma tête, en trois fois vingt-quatre heures, d'en faire la circonvallation , et par conséquent, qu'on prenait Ragon étant détaché de la place et de l'eau , et qu'on empêchait le secours et l'eau aux ennemis , la porte étant séparée du corps de la place de trois cents pas.
Il reste a vous parler de vos vaisseaux : j'en ai &it raccommoder une partie; il en i^este quelques uns dont les mâts ont été coupés à coups de canon. J'avais envie de les envoyer radouber à Toulon, où j'ai laissé M. Lequeux, mais je n'en dispose pas comme je veux. S'il vous plaît, témoignez à M. d'Harcourt que, pourvu que je laisse ici vingt-cinq vaisseaux , qu'il me laisse envoyer les uns après les autres raccommoder ; ' autrement, il arrivera qu'au sortir d'ici il nous faudra tout rentrer dans le port, nos équipages se déferont, et nous ne remettrons à la mer ni l'escadre de Provence ni celle de Levant.
J'ai aussi avis que quinze galions de Naples sont dans un port nommé
Manfredonia , à trois lieues de Na{des> qui attendent que don Antonio d'Oqueido se tienne joindre à eux. Si TOQs-aTÎte agréable , durant que Ton nous croit ici fort occupés , que j'allasse à Arazzo avec les treize vaisseaux que tous m'ayez commandé de tous mener et les six brûlots, ayant mis ordre qui ne manque rien ici , je me promets que tous en auriez du contentement , ayant deux hommes de delà qui y de temps en temps, nous viennent dire des nouyelles; mais si cela paisse par plusieurs mains, ^ ne réponds de rien. Que, si tous agréez cette proposition , il faut un mot à M. d'Harcourt pour qu'il agrée que je fasse un tour de huit jours avec les vaisseaux destinés pour le ponant et les brûlots.
Il faut aussi , s'il voua plait, songer à de la poudre et des boulets , car nous en sommes bien dépourvus.
Le parlement a fait des efforts extraordinaires; il a ordonné que toutes les communautés nous aideront de leur bourse ( ils nous font espérer vingtrqua%re mille livres) , la chambre des comptes de douze ; tout ce qui sera reçu, le trésorier de la marine en faisant dépense comme venant de l'épargne. Le9 sçuls procureurs du pays ne font rien , et ne veulent ^ payer les six mille francs qu'ils doivent pour l'entretien de nos vaisseaux des mois passés.
Le roi félicite M. de Bordeaux sur la descente des îles, et rengage à en activer le siège.
A M. L*ARCHEVÊQU£ DE BORDEAUX.
De Saint-Germain-«n-Lajre , le S aTril iSS?.
Mons. l'archevêque de Bordeaux , depuis mon autre lettre écrite , M. de Frémicout est arrivé, et j'ai appris par lui les particularités que j'attendais de votre descente dans l'Ile de Sainte-Mai^erite , et de la prise de deux des principaux forts des ennemis, lesquelles m'ont fait voir comme elle a été judicieusement ordonnée, conduite vaillamment, I. 44
346 UYRE n. — GHAF. IH.
heureogement exécutée et chaudement poursuivie , dont TéritaUemenf j'ai une tràs-parfaîte aaliafactîon , et je ressens une joie indicible de l'heureux commencement de cette difficile et glorieuse entreprise. Je sais comme tous tous êtes trouvé à la descente en personne^ et avear iait paraître en toute la suite de cette action toute la conduite et la passion possible, et je ne doute point que vous n'acheviez de la même sorte, et, Dieu aidant , avec un heureux succès. Je donne ordre de tout côté à vous envoyer de l'argent et dm poudres, et Vous faire assister d'hommes et de vivres , et j'apprends que chacun est si bien disposé en Provence à vous aider à chasser les ennemis, que je m'assure que vous ne manquerez de rien. Le principal est de les presser chaudement et incessamment par de fortes batteries, et par tous les moyens que vous jugerez propres à cet effet. Cependant je vous envoie le sieur d'Oynville^ Fun de mes ordinaires, pour vous témoigner combien je suis content de vous et de ceux qui m'ont servi en cette occasion , et pour me rapporter de vos nouvelles , lesquelles je me promets bonnes avec l'aide de Dieu, et je le prie de bon cœur qu'il vous tienne, môns. l'arche^
véque de Bordeaux , en sa sainte garde. *
LOUIS
M. le duc d'Haluin envoie à M. de Bordeaux les troupes dont il peut disposer , pour aider à l'attaque des îles.
LETTRE DE M. D'HALUIN
A M. L'A.RCH£VÊQUR DE BORDEAUX r
De MontptUier, le 7 «rril 1637.
Monsieur ,
Dès llieure présente, j'envoie à Frontignan et Agde pour vous faire trouver du vin. Vous aurez dans deux jours, si le vent est bon, deux mille setiers de blé , de sorte que c'est la plus grande part de ce cjue vous me demandez. Pour M. d'Argencourt , M. de Termes vous dira qu'il a cette fois mal de la gravelle , la colique l'a encore repris