LETTRE DE M. FHALUIN. — AVRIL 1637. 3A
depuis trois jonrs et ent hier une fièvre; il s'est levé lorsque je l'ai envoyé quérir , et m'est venu parler devant le garde de M. le oomte d'Harcourt; il est encore faible à cause de la fièvre qu'il a eue, mais il espère dans quelques jours être sur pied et partir pour vous aller trouver. J'espère aussi ^ après la féte^ donner un coup d'éperon jusque*là, et être avec vous trois ou quatre jours. Je vous envoie^ outre cela^ quatre compagnies de mon régiment; si je pouvais faire mieux, je le ferais, et croyez que s'il y avait d'autres forces dans cette Provence pour la garde que ce seul régiment, je vous l'enverrais tout ; mais, par le dernier ordre, j'eus ordre de le tenir prêt pour le faire passer en Giliënne, c'est pourquoi , sans ordre contraire, je ne l'ose envoyer en Provence, quoique je sois certain qu'il y joue bien son jeu et que vous en avez grande nécessité, selon que ledit garde m'a représenté. Je voudrais fort que vous tinssiez le fort de Ragon , car si les ennemis venaient dans peu de jours, selon le plan que j'ai vu des îles, ils peuvent descendre là à la faveur de ce fort , et jeter dans Sainte^Marguerite des gens suffisant pour vous réduire dans vos retranchements; mais par les nouvelles que j'ai d'ici , je n'apprends pas qu'ils ajent ni galères ni guère de vaisseaux en état de se mettre en mer. Enfin , monsieur, la chose a été si heureusement commencée , que j'espère que vous en viendrez à bout. M. d'Harcourt est le vrai homme qu'il faut pour cela; il les près* sera assurément tout autant que ses forces le pourront permettre. Je VOU3 demande pardon de vous faire une si longue lettre ; mais la joie de ce succès me touche si fort que je ne m'en puis taire ni quitter ce dessein que pour vous assurer que je suis,
Monsieur,
Votre très-humble et très-affectionné serviteur,