CHAPITRE V
M. le cardinal de Richelieu prévient officiellement M. le duc d'Haluin des projets des Espagnols sur Leucate. — M. dllaluin demande à M. de Bordeaux le concours de l'armée navale. — Le mauvais vouloir dû général des galères et de M. d'Harcourt empêche M. de Bordeaux de se rendre aux désirs de M. le duc d'Haluin. — M. de Bordeaux part néanmoins pour Leucate. — Sertice qu'il j rend, r— Bataille de Leucate. — Victoire remportée par les Francis sur les Espagnols. — Relation du combat. — Lettré du roi et de M. le cardinal de Richelieu à Ml dllaluin pour le féliciter. — Le roi lui envoie le bâton de maréchal de France. — Le parlement de Toulouse félicite M. d'Haluin. — M. de Guitaut, gouverneur des îles Sainte- Marguerite et Saint-Honorat , se plaint des vexations de M. le maréchal de Yitrj. — Ce dernier est mandé à la coor^ mis à la Bastille et dépossédé de sa charge de gouverneur de Provence. — Mémoire de M. de Bordeaux sur les affaires de Provence. — M. de La voie, chevalier de Malte, est (ait prisonnier par le man^uis de Lermes, gouverneur de Sassari (Sardaigne) ; il conclut un tr^îté avec lui pour obtenir la livraison des places fortes de son gouvernement aux armées du roi. — Instruction de M. de Bordeaux à M. de LavcMC sur cette affaire. — Offres du roi au marquis de Lermes, pour livrer la ville. — Journal de la navigation de l'armée navale de France jusqu'à la fin de décembre.
Septembre — Décembre 163^.
L'événement le plus remarquable de cette période (septembre à décembre) ftit la bataille de Leucalje^. Le Roussillon, plus tard réuni à la France par Louis XIII, était encore une possession de l'Espagne. La ville de Leucate , dont les Espagnols tentèrent le siège , était située sur une langue de terre qui borne letang de Leucate du côté du golfe de Lyon. Cet étang est limité au midi par le Roussillon, et au noi*d par le Languedoc.
Leucate, baie sur la cote de France, terranée ; le cap Leucate est la pointe la plus seize milles au S. de Narbonne, dans la Médi- E. de la baie de Leucate.
On verra quelle était Timportance de cette position militaire et des ouvrages que l'ennemi exécuta pour en presser l'attaque.
Cette lettre de M, de Savoie est relative au projet de la surprise de Final.
LETTRE DU DUC DE SAVOIE
A M. L* ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
Monsieur l'archevêque de Bordeaux^ j'ai appris avec un extrême contentement^ par votre lettre du 27 du mois passée que l'armée navale est déjà en mer^ et que vous avez reçu les ordres du roi. J'espère que M. Guérapin ne tardera pas beaucoup d'arriver auprès de vous y et qu'il vous informera de tout ce que j'estime nécessaire pom^ le service de sa majesté, étant parti très-biep instruit. J'attendrai avec impatience des nouvelles sur ce qu'il aura conféré avec vous y et je vous puis assurer que j'aurai une satisfaction singulière de voir que nous puissions faire quelque chose conjointement qui apporte de la gloire aux armes de sa majesté, comme je désire avec passion, et de rencontrer quelques occasions de vous témoigner que je suis ,
Monsieur l'archevêque de Bordeaux , Votre affectionné à vous servir ,