‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 137 sur 160 · LETTRE DE M. D'HA^UIN · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. D'HA^UIN

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

Monsieur ,

J'ai reçu les pièces qu'il vous a plu m'envoyer^ dont je vous rends grâces très-humbles ; elles ne pouvaient pas être venues plus à temps , puisque les ennemis sont entrés.

Le sieur Guérapin est passé ici , qui nous demandait des régiments qui ne peuvent pas maintenant sortir la province ; il m'a dit que comme il ne voyait pas grande apparence de les en tirer , qu'il jugeait le dessein pour lequel les vaisseaux étaient mandés tout-à-fait rompu. Si cela était, et que vous suivissiez le premier ordre que vous aurez eu de me venir secourir, il serait maintenant temps^ et, outre que vous donnerez un avantage incroyable et indicible au Languedoc, vous ferez les plus jolies actions du monde, soit dans leurs ports^ soit avec vos petits vaisseaux dans nos cotes. Encore hier, il parut quinze galères des leurs à Borsoleo, qui faillirent toutes à s'en retourner pour un coup de canon de Leucate. Je vous supplie très-humblement , monsieur , que si toute l'armée ne peut être prête , qu'au moins ce que vous m'avez proposé de partir desdits vaisseaux avec six galères se peut exécuter* J'en écris un mot à M. le général, mais je pense que cela sera fort inutile. Néanmoins, comme il y a grande affection au service du roi , et que je suis obligé de prouver par toutes voies les avantages d'un secours si puissant , je la hasarde, et vous conjure au nom de Dieu, monsieur, que j'aie une réponse décisive de ce que je dois attendre de l'armée navale et du temps qu'elle pourrait venir. La quantité d'af&ires que j'ai m'empêche de vous remercier des soins qu'il vous a plu prendre de m'en-voyer les dernières pièces. En récompense, si mon très-humble service vous pouvait être utile en quelque chose , je vous supplie de ihe commander comme à celui qui a fait particulier dessein d'être toute sa vie, monsieur, votre très-humble et très-affectionné serviteur,

SCHOHBERG, De Béners, ce 5 septembre 1637.

Page 1