‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 148 sur 160 · DÉPÊCHE DE M. DE BORDEAUX. — OCT · texte numérisé non relu

DÉPÊCHE DE M. DE BORDEAUX. — OCT

seaux qui connaissent les mers et les passages. Assurez-yous de la continuation de mon affection , et <pie je suis,

Monsieur ,

Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service ,

Le Cardinal db Richblieu.

Dans cette lettre , le roi félicite M. de Bordeaux sur les services qu'il a rendus pendant le siège de Leucate.

À M. l'àrghevêqub db bordeaux.

De Saiot-Maur-des-Fossës y le ii octobre 1687.

Mons. rarchevéque de Bordeaux , j'avais appris avant l'arrivée du sieur de Mayolas près de moi, conune vou^ vous étiez porté diligemment en Languedoc sur le premier avis qui vous avait été donné que les ennemis s'avançaient vers Leucate, étant allé reconnaître les moyens de* secourir la place par mer, et j'avais eu une satisfaction particulière de l'affectidn et promptitude que vous aviez fait paraître en cela pour mon service; mais j'en ai reçu une beaucoup plus grande, apprenant par ledit sieur de Mayolas comme vous avez assisté mondit cousin le duc d'Haluin de vos bons avis , et de tout ce qui a dépendu de vous dans l'occasion de l'attaque de l'armée des Espagnols qui assiégait Leucate, et dans la bataille que mondit cousin leur a donnée, où ils ont été entièrement défaits après un sangkint combat, et ainsi ma place de Leucate glorieusement délivrée; ayant même su comme , dans la chaleur de l'attaque, vous avez rallié un corps considérable de troupes de cavalerie et d'infanterie , et l'avez mené à mondit cousin si à propos, qu'il lui a utilement servi pour assurer la victoire; de quoi j'ai bien voulu vous témoigner par cette lettre , que je vous sais tout le gré que méritent les services que vous m'avez rendus en cette importante et considérable occasion, et vous assurer qu'en toutes celles qui s'offriront de le reconnaître je vous donnerai de très-bon cœur tous les effets que vou&

pouvez attendre de ma bonne volonté. Et «or oe, je prie Dieu vous avoir, mons. l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte et dig^|^rc(e.

LOUIS

SUBLET

M. le comte d'Harcourt ayant été rappelé après le combat de Leucate, M. de Noyers annonce cette circonstance à M. de Bordeaux 9 et lui donne ordre, de la part du roi, de faire repasser douze vaisseaux en ponant , pour mettre les cotes du nord et de l'ouest de la France à labri de toute insulte.

A M. L'ARGHSVftQUE DE BORDEAUX.

De Ruel , 1« a4 octobre 1637.

Monsieur ,

J'envoie ordre à M. le comte d'Harcourt de s'en revenir par delà f le roi n'ayant pas estimé qu'il y fût plus/iécessaire après le désarmement des vaisseaux ; ce sera maintenant à vous seul à prendre le soin de la mer et de l'armée nayale^ et faire en sorte que l'on emploie si utilement le temps an radoub des navires et vaisseaux , que quand la saison de mettre en mer sera venue vous ne soyez i^etardé par le défaut des choses nécessaires.

L'intention de son éminence est que, suivant Ja volonté du roi, les douze vaisseaux qui doivent être allés en Alger repasseïit le Di^troit avec le plus de matelots ponantins que iaire se pourra, afin de pouvoir utilement servir en nos mers de deçà, les joignant à huit autres vaisseaux que son éminence fait état d'j armer au renouveau, jugeant bien que les ennemis s' imaginant que toutes les forces de nos mers sont engagées en levant , n'y manqueront pas d'armer puissamment en ponant, où ils nous croient entièrement désarmés et sans force de mer. Vous en verrez le même par les dépêches de son éminence et de M. de Loynes, secrétaire de la marine.

LETTRE DE M. DE NOYERS. — OCT. 1637. 519

Le roi a fort approuvé l'état que tous m'avez envoyé pour le nombr6ret la subsistance des gens de guerre^ en Provence; mais comme je mande à M. de Champigny de le faire si ponctuellanent exécuter que M. le maréchal de Vitry n'ait pas sujet de dire que l'on fait force belles propositions et qu'on n'en exécute aucune , car le roi m'a bien su dire qu'il fonderait ses résolutiolis pour la Provence là-déssus, et qu'il ferait état, pour la difficulté de» cotes des mers de levant^, des trois mille hommes qu'on promet pour la campagne, si l'occasion le requiert ; je vous prie derechef, monsieur, de vouloir apporter vos soins à ee que le nombre d'hommes porlé par l'état soit effectif, et que M. le comte de Castres, auquel j'en écris en l'absence de M. de Vitry, ait la connaissance de cette affaire que le service du roi et sa charge requièrent. Je ne vous réponds pas par cet ordinaire sur le sujet de la lettre 'que j'ai envoyée à M. de Champigny touchant le chiffre ; ce sera par le prochain , Dieu ^idant. Je vous prie d'avoir toujours pour recommandé le cher M. Lequeux , et de croire que je suis ,

Monsieur ,

Votre très-humble et très-obéissant «erviteur,

Db Noybrs.

M. le maréchal de Schomberg annonce à M. de Bordeaux qu'il a reçu l'ordre du roi de rejoindre M. le prince de Condë.

LETTRE DE M. D'HALUIN

A M. L'ARCHBVÈQUE DB BORDEAUX.

Monsieur ,

Si je trouvais autant d'occasions de vous servir comme de vous écrire, j'aurais avec raison de quoi me satisfaire pleinement sans vous être impatient ; mais puisque tous les désirs que j'en ai ne servent qu'à me rendre plus malheureux dé ne les pouvoir exécuter, recevez, s'il vous plaît, rimportnnité de mes lettres comme une marque de la passion que j'en ai. Cependant vous trouverez bon que je vous fasse connaître

pour prophète ou du moins pour une personne capable de faire bien promptement dû grandes impressions dans l'esprit de son èmmemee, puisqu'il m'a déjà fait l'honneur de me mander qu'en cas que M. de LaTalette ne tente *pas de forcer les ennemis dans le frais de Labour y où ils se sont retranchés , et qu'il refuse ce second commandement qu'il lui en fait, qu'il m'ordonne dé me tenir prêt avec trois mille hommes de pied et cinq cents cheyaux, poiâ* aller* joindre M. le prince et essayer d'ôter de la ses ennemis. Je crois en effet que cela n'arrivera pas» et que mondit sieur le duc de Lavalette obéira, puisqu'il y va de son honneur ; mais ce m'en est toujours beaucoup que le roi me propose i>our cela , et que vous me iSassiez celui de me croire , Monsieur,

Votre très-humble et très-affectionné serviteur ,

SCHOMBBRG.

De MontpeUier, le a^ octobre 1637.

Dans cette lettre, M. de Noyers apprend à M, de Bordeaux que M. le maréchal de Vitry est mis à la Bastille, et que M. le duc d'Haluin est nommé maréchal de France.

A M. l'archevêque DE BORDEAUX.

De Ruel , le 29 octobre Z6S7.

Monsieur ,

Le roi a fait arrêter M. le maréchal de Vitry, et il est à présent dans la Bastille, et en même temps sa majesté a fait M. le duc d'Haluin maréchal de France. Dans la différente fin de ces messieurs^ l'on peut juger la différence de leurs procédés. Il feùt maintenant bien vivre avec M. le comte d'Aletz , auquel le roi a donné le gouvernement de la Pro* vence et de la place de Saint-Tropez, car, en vérité, monsieur, il y va du vôtre que l'on ne vous voie pas maPavec un seigneur de cette condition, dont la vertu, la douceur et la bonté sont connues à tout le monde.

LETTRE DE M. D£ NOYERS. — OOTOBRE 1637. 524

Je mande à M. de Champigny d'informer secrètement et plrademTment sur le sujet des plaintes que le pays a faîtes tant de fois duâitma-^ réchal de Vitry, et encore du fait des lies et autres chefs dont tou& me parlez par votre dernière ; et comme il n'est à propos que tous TOUS mêliez en public de oetle information, aussi faut-il que youè asn sistiez prudemment et acoortement ledit sieur de Champigny dans l'exécution de ce dessein , et que par vos bons avis je puisse être informé de la vérité et parvenir à la connaissance de ce qui s'est passé dans la province au préjudice du service du roi.

Bientôt vous aurez M. le comte d'Aletz et les avis de ce qui esta faire dans la côte et dans toutes vos places maritimes, afin que les enne* mis ne se puissent de rien prévaloir dans ce changement.

Faites-moi l'honneur de me croire ,

Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

De Noyers.

Le roi annonce à M. de Bordeaux que , voulant châtier M. ,de Vitry, il Ta fait mettre à la Bastille; qu'il lui retire s^. charge de gouverneur de Provence, et qu'il' confie ces fonctions à M; le comte d'Aletz. Le roi engage M. de Bordeaux- à assister de ses conseils M. le comte de Carc^, lieutetiant-général de Provence,

A M. L'ARCHE^'ÊQUE de BORDEAUX.

De Saint-Germatn-en-Laje , le 119 octobre 1637.

Monsieur l'archevêque 4e Bordeaux, ayapt eu connaissance de la mauvaise conduite du maréchal de Vitry au gouvernement de Provence, que je lui avais donne avec la bonté que chacun sait, je n'ai pu la souffrir, et l'ayant fait arrêter à son arrivée par-deçà, j'ai en même temps résolu de lui àttr la charge de gouverneur de Provence, et de la rennu 66

522 LIVRE U. ^ CHAf . V.

plir de la personne de mou oûiwn le comte d'Alete, que J9 m& ayoir toûtes les bonnes qualités pour s'en acquitter digneiiieiU, lequel ne pouTant s'acheminer siUk par-delà, j'ai bien yquIu cependant tous iaire sa^r ipes résolutions sur ce sujet , afin qu^ jws ^yez loiftir à empêcher que les ennemis ne puissent rien entreprendre «up les places maritimes de cette prafinee , et au surplus imis assistiez par yos bons avis et vos soins, en toutes occasions, le sieur conte de Caroes , mon lieutenani^^nëral en la province, de sorte qu'il n'y puisse arrWer aucun mouvement préjudiciable à mon service* C^ sur ce je prie Dieu vous avoir, monsieur l'archevêque' de Bordeaux;, en sa sainte et digne ^

garde.

LOUIS

LETTRE DE M. D'HALUIN

▲ M. L'ARCHBVftQUB DE BORDEAUX.

MONSIBUB ,

Je reçois dans votre absence les mêmes témoignages de vos bonnes volontés que quand vous êtes présent en ce pays ; aussi pouvez- vous croire qu'en quelque lieu où je puisse être, et en quelqu'état qu'il plaise au roi me mettre, je serai toujours pour vous tel que vooa m'avez engagé , c'eatrà-dire votre trèl-humble serviteur. J'avoue que j'ai tort de faire cette explication, puisque vous pouvez bien juger, par les infinies obligations que je vous ai , que je ne pourrais pas vouloir dire autre chose, sinon que je vous serai éternellement.

Monsieur, Votre très-humble et très-afiectionné serviteur,

ScHOBfB^G.

De Baiera ^ ce 16 noTembre 1637.

Dans catte dépêche, M* de Bordeaux 4Qnn^ à/^ no^lbre^x détails à M. de Noyers sur leaabua aui rèsaonl; d«ns h ffonver-

hement et l'organisation des troupes en Provence , et il propose d^assez nombreuses améliorations.

LETTRE DE M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

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