AVIS DU DUC DE SAVOIE. — AOUT
aient assuré qu'ils les fermaront aux uns et aux autres; mais c'est une protestation en effet pour nous en exclure.
Si on se résout ir" aller en mer, son altesse ofire tout ce qui est de ses ports- et tout ce qu'il peut contribuer à ce dessein ;
Si on se résout à l'attaque de Mourgues, il offre tout ce qui se pourra trouver dans ses ports et dans ses États nécessaire pour cette exécution, ayant ordonné à M. le marquis de Bagnascpie ce qui est nécessaire pour cet ^et; lequel* M.' le comte d'Harcourt verra s'il lui plait par un gentilhomme de sa part.
Son altesse penserait , pour ôter la jalousie qu'ont prise ceux de Mourgues, tant par l'approche de l'armée que par ceux qui ont été nouvellement reconnaître, dont ils ont eu avis, qu'il serait à propos que l'armée s'en allât en mer, afin que les ennemis fussent obligés à retirer les troupes qu'ils ont nouvellement jetées en cette place.
Qu'on peut convenir avec M. le marquis de Bagnasque que P-armée se retirant, ledit sieur marquis de Bagnasque peut avec les troupes qu'il a de son altesse, comme d'autres qui potirront être levées sous prétexte de la défense du comté de Nice, peut, un jour qui sera pris, bloquer la. place par terre, afin d'empêcher le secours; auqu^. jour pris l'arihée navale peut descendre ainsi qu'il sera concerté entre eux.
Pour cette exécution, il faut premièrement attendre qu'on ait six^k sept mille hommes à mettre en terre, pour lequel effet on se peut servir des troupes de Moncalieri qui étaient destinées pour cette armée , que son altesse trouve bon que l'on envoie quérir avec quelques autres que sa majesté peut ordonner •*
Le deuxième point , M. le marquis de Bagnasque n'a pas assez de troupes pour bloquer ladite place; il peut feindre de lever un régiment nouveau pour la défense du comté de Nice , ces messieurs lui faisant filer des soldats pour composer ledit régiment.
Son altesse a outre cela donné charge au marquis de Bagnasque, en cas de cettfe exécution , de lever quelque milice du comté pour servir en cette occasion.
Si ces messieurs jugent pouvoir mettre en terre six ou sept mille hommes dès k présent, et que le temps soit propre pour assiéger ladite
place, son altesse donne ordre au sieur lyiarquis de Bagnasque d'exëc»-'
ter les choses ci-dessus.
Quant à Finale, son altesse n'en étant pas si particulièrement instruite comme de Mourgues, elle s'en informera par un de ses gentilshommes, et dans deux ou troisf jours on enverra ce qui est nécessaire pour exécution en cas que l'on la veuille entrepren4re.
L'on a eu avis qu'il n'y a dans les iles de Sainte-Mai^erite et Saint- Honorât que pour cinquante jours de vivres, et que le duc Doria se prépare à Gènes pour y en jeter ; c'est à quoi il faut soigneusement prendre garde.
Dans la dépêche suivante, M. d'Émery, envoyé de France à Turin, rend compte à M. l'archevêque de Bordeaux des dispositions de M. le duc de Savoie relativement à la France. Il fait observer que ces dispositions , bien qu'amicales , devront , ainsi que celles des autres princes intéressés à ménager l'Espagne, se modifier selon 4e bon ou le mauvais succès des armes françaises.
LETTRE DE M. D'ÉMERY
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
De Tarin, le i*'' septembre t63(>.
Monsieur^
Je vous ai écrit ci-devant , dès que je sus que Tarmëe du roi était en Provence, pour apprendre de vos nouvelles et pour vous offrir tout ce que je pouvais, non seulement pour le service de sa majesté, mais pour le vôtre particulier. Depuis cette heure-là, j'ai reçu les lettres que vous m'avez fait la faveur de m'écrire par M. Lequeux. Tout ce qu'il a désiré savoir pour son instruction et pour votre satisfaction, monsieur, je le lui ai dit. Il vous a porté un mémoire qu'il a fait des sentiments de son altesse, comme vous le désira. Jusques ici je n'ai point vu en lui de volonté contraire à celle du roi , et ne sais si le mauvais succès est capable de le faire changer; il y a lieu d'en bien espérer> s'il ne craint pas trop la force des Espagnols et notre faiblesse, et si la nécessité ou