‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 38 sur 160 · LETTRE DE M. D'ÉMERY. — SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. D'ÉMERY. — SEPTEMBRE

Fabandonnement ne font oubliisr à la cour les affaires d'Italie, y ayant à présent d'autres plus importantes qui ne permettent pas que l'on puisse vaquer à celle&*ci avec tant de soin comme il serait à désirer» Les en*nemis n'oublient rien pour la défense du Milanais comme le plua important à leur subsistance, et jusques ici ils ont eu plus de forces, plus d'argent que nous, et ont été sur la défensive et dans leur pays. Quoique ils aient mal pourvu à leur armement naval , si vous leur donnez du temps, vous verrez, monsieur, qu'ils sont longs à s'émouvoir, thais qu'ils soutiennent plus soigneusement que nous leurs entreprises. Je souhaite avec une extrême passion que les vôtres soient plus heureuses et que vous soyez mieux assisté que nous. Tout ce qui dépendra de son éminence, rien ne vous manquera; je ne sais si vous aurez plus d'argent que nous^ qui avons beaucoup souffert par ce manquement. Toute l'Italie attend le succès de votre armée pour prendre bonne ou mauvaise opinion de nos affaires. Vous avez assez de bonheur et de conduite pour faire réussir quelques offres avantageuses, et plus nécessaires en ce temps qu'en mille autres, où il semble que notre bônheui* nous quitte. La résolution qu'a prise son éminence d'aller lui-même à l'armée nie donne des espérances d'un prompt rétablissement.

Je ne crois pas que les Espagnols soient si forts en galères qu'on nous dit. M. de Sabran peut avoir des avis plus véritables que les nôtres; et s'il est encore en votre armée , je penserais , monsieur, qu'il le faudrait presser pour faire des protestations à messieurs de la république de Gênes sur la retraite que le roi demande en leurs ports, afin, en telle sorte de résolution que sa majesté pourrait prendre, d'avoir un sujet prêt.

L'affaire de Mourgues est agréée, ainsi que vous le désiriez, par son altesse; je vous en écris ici le particulier, dont son altesse et moi nous vous instruirons d'un gentilhomme des siens qui a vu le pays , la plage et la place. Je voudrais pouvoir satisfaire, monsieur, à votre contentement, en vous écrivant des nouvelles et des avis plus utiles; il n'y a personne qui ait plus de passion pour cela et pour être toute ma vie cru ^

Monsieur,

Votre trè^humble et obéissant serviteur, >.

d'Êhert.

na LIVRE 1. -r caj*. L

Suit lavis du duc de Savoie.

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